« Le condamné à mort » de Jean Genet

De Jean Genet, je connaissais les célèbres pièces de théâtre que sont Les Bonnes et Le Balcon. J’ai également eu l’occasion de découvrir Notre-Dame-des-Fleurs à travers une adaptation théâtrale de ce roman. Ayant appris qu’il avait aussi écrit de la poésie, j’ai voulu découvrir les vers du poète. Je me suis donc procuré Le condamné à mort et autres poèmes, suivi de Le Funambule, paru en 1999 en Poésie/Gallimard.

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Le plaidoyer anti-esclavagiste de Sénèque

J’ai récemment lu dans la presse que certaines universités américaines ont introduit un gros changement dans leurs cursus de lettres classiques : il n’est plus obligatoire d’y suivre des cours de grec ou de latin.

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Enseigner la lecture et la littérature à l’école

Je vois apparaître en ce moment beaucoup de messages angoissés qui concernent l’enseignement de la lecture et de la littérature à l’école. Il y aurait, bien évidemment, de quoi écrire des bibliothèques entières sur le sujet. Plus modestement, j’ai tenté de répondre aux questions les plus récurrentes.

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Les quatrains de François Cheng

De François Cheng, je ne sais à vrai dire pas grand-chose, du moins pas grand-chose de plus que ce que l’on peut trouver sur Wikipédia : ce poète français d’origine chinoise est né à Nanchang en 1929, il est arrivé en France en 1948, sans encore parler un mot de français.

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Un sketch de mon cru

Aujourd’hui, je vous propose un « texte personnel ». Contrairement à l’habitude, il ne s’agit pas d’un poème mais d’une petite pièce de théâtre. J’espère que ce sketch sans prétention vous fera rire ! La pièce se joue avec trois personnages : un agent immobilier (dont le sexe est indifférent) et deux visiteurs, simplement nommés « Monsieur » et « Madame ». Cette visite de maison ne va pas se passer tout à fait comme ils l’imaginaient…

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Le « rêve familier » de Paul Verlaine

On ne présente plus Paul Verlaine, l’une des plus grandes voix poétiques du XIXe siècle (1844-1896). Victor Hugo lui-même le félicita pour ses vers : cela vaut tous les prix. Le poème que je m’apprête à vous présenter est l’un de ses plus célèbres, ce qui est tout à fait légitime puisqu’il est parmi les plus beaux. Il est extrait des Poèmes saturniens, et il s’agit d’un sonnet d’alexandrins de rimes embrassées.

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« Ouvre les mains, ouvre les mains,
toi qui es patience, toi qui es
lumière, toi qui es pauvreté, ouvre
tes mains d’où roule la lumière.

Archange bien-aimé, cette nuit
où le chant d’un oiseau se brise sur la mer,
tiens-toi debout sur le navire,
à la proue, au-dessus des vagues.

Protège le navire Amour, la barque d’aube
qui se faufile entre deux ciels,
et pauvrement, dans le silence manifeste,
laisse la vie s’écouler de tes mains. »

Jean-Yves Masson, « Poèmes du festin céleste »,
Bordeaux, L’Escampette, 2002,
poème LXXXIII, p. 113.

Le premier poème des Regrets de Du Bellay

Joachim du Bellay

On ne présente plus le poète angevin, l’une des plus grandes voix de la poésie française du XVIe siècle, membre fondateur de la Pléiade, qui renouvela le genre du sonnet en se détournant de la lyrique amoureuse au profit de l’évocation des lieux, le Petit Liré tant regretté, et la grande Rome tant admirée. Je voudrais aujourd’hui vous présenter le premier poème des Regrets de Du Bellay, qui n’est pas un sonnet, contrairement aux nombreux suivants, mais une épître dédicatoire, dans laquelle le poète donne le ton général du volume, et précise quelque peu son intention.

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Humour : l’actu « people » des poètes

Profitons de l’été pour considérer la poésie et la littérature avec un peu moins de sérieux. Pour rire un peu, je vous propose aujourd’hui la couverture de « Poët People », un (faux) mag sur la vie secrète des grands poètes. La couverture est de ma conception, à partir d’images libres trouvées sur Wikipédia.

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Enseigner la Préhistoire et l’Antiquité au CM1

J’ai enseigné en CM1 pendant plusieurs années (CE1-CM1, CM1, CE2-CM1). Je souhaite donc partager aujourd’hui ce que je fais en Histoire, pendant les deux premières périodes, couvrant la Préhistoire et l’Antiquité. J’ai déjà partagé la suite dans mon article relatif à la continuité pédagogique (en effet, pendant le confinement, j’ai partagé l’ensemble de mon travail). J’ai bien conscience qu’il n’y a rien là d’extraordinaire, mais l’ensemble est pensé pour faire réfléchir les élèves et les intéresser le plus possible à ce domaine qui me passionne. N’hésitez pas à laisser un petit commentaire au bas de l’article !

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À la montagne, le soir

Douceur d’une soirée à la montagne, en été. On promène entre les champs. On profite du calme revenu, du vent retombé, de la fraîcheur arrivée. On regarde paître les moutons, sous l’œil placide du chien de berger à moitié endormi. On s’émerveille de la jeunesse des agneaux, au pas encore incertain, qui cherchent à s’accrocher au téton de leur mère. On écoute le chant des grillons : plus tard viendra celui des grenouilles, entrecoupé du sifflement intermittent du moyen duc. Progressivement, entre les nuages encore roses, paraissent les premières étoiles.

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« La femme sauvage et la petite maîtresse » de Baudelaire

Quel nom, plus que celui de Baudelaire, est étroitement associé à l’idée même de poésie ? Presque tous les poètes contemporains vous le confirmeront : Baudelaire reste le père de la modernité poétique, une référence incontournable, un visionnaire doublé d’un génie des mots. Il n’a pas eu besoin de publier des dizaines de recueils pour se forger cette réputation. Un livre tel que Les Fleurs du Mal se suffit à lui-même. Moins connu est cet autre chef-d’œuvre que sont les Petits Poèmes en Prose, également appelé Le Spleen de Paris. Et c’est de ce dernier ouvrage qu’est extrait le poème dont je vais vous entretenir aujourd’hui.

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« Je m’allongerai sous tes paupières. Lorsque tu les baisseras pour t’endormir, je lancerai de l’or dans ton sommeil. De l’or et des songes pareils à des nuages. »

Christian Bobin, « Le baiser de marbre noir », La Présence pure et autres textes,
Paris, Gallimard, coll. « Poésie », 2008-2020, p. 68.

Connaissez-vous Pernette du Guillet ?

Cela faisait longtemps que je n’avais pas consacré d’article au seizième siècle. C’est pourquoi je vous propose de découvrir aujourd’hui une poétesse méconnue. De la vie de Pernette du Guillet, on ne sait pas grand-chose, sinon qu’elle mourut fort jeune, et qu’elle fut le grand amour, sans doute platonique, de Maurice Scève, malgré son mariage avec le sieur du Guillet.

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Desbordes-Valmore : « La jeune fille et le ramier »

Née en 1786 et morte en 1859 à l’âge de 73 ans, Marceline Desbordes-Valmore est l’une des figures féminines de la poésie les plus connues. Son poème le plus célèbre s’intitule Les roses de Saadi : le dessinateur de bande dessinée Gotlib a d’ailleurs proposé, dans une de ses planches, une parodie d’analyse critique de ce poème, dans laquelle il se moque non pas de la poète, mais de ceux qui se laissent aller trop facilement à une lecture misogyne. Dans la logique de la rubrique « Le poème d’à côté », je vous propose aujourd’hui la lecture du poème qui suit immédiatement celui-ci dans le recueil des Poésies de Marceline Desbordes-Valmore, paru en 1860, un an après la mort de la poète.

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Napoléon à travers ses monuments

On m’a récemment offert un beau livre d’Histoire, qui retrace la vie de Napoléon à travers les différents lieux et monuments qui ont marqué son parcours, et qui demeurent des traces de son règne. Ce livre, co-écrit par Stéphane Bern et Lorànt Deutsch, est tiré d’une émission télévisée diffusée sur France 2. Intitulé Laissez-vous guider sur les pas de Napoléon, il se situe à mi-chemin du livre d’Histoire et du guide touristique. Il est paru en avril 2021 aux éditions Michel Lafon.

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Les signes euphoniques

On m’a récemment demandé d’expliquer ces formes curieuses que l’on rencontre parfois dans les textes : « affirmé-je ». Contrairement à ce que l’on pourrait penser, il ne s’agit pas là d’une erreur ou d’une transcription incorrecte de l’imparfait. Il s’agit d’un signe euphonique. Quelques explications.

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Paix des montagnes

Paix des montagnes, dans l’immobilité massive des roches, les lignes tracées par des siècles d’orogénèse et d’érosion. Paix des crêtes, aux architectures alambiquées, qui se découpent sur le ciel d’été. Paix des arbres, dans la stabilité des troncs et des lignes, dans la croissance de jeunes et douces aiguilles. Paix des fleurs, dans la volubilité de leurs formes et de leurs couleurs, qui puisent dans l’aridité des pierres de quoi faire naître un peu de grâce. Paix des lacs, miroirs des montagnes, où l’infini vient se refléter dans un peu d’eau claire. Paix des aigles, dans la lenteur de leurs mouvements, cercles de silence dominant les sommets. Paix des vaches, qui ruminent sur les pentes, presque sans mouvement. Paix des nuages, qui se déplacent sans menace, estompent les ombres, et jettent parfois sur tout cela un air froid. Et cette paix est joie, joie sans excitation, joie de la nature qui s’exprime dans le paysage de la montagne, dans un silence que ne perturbe que le cri farouche d’une marmotte.

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« Je te méprise enfin, souffrance passagère !
J’ai relevé le front. J’ai fini de pleurer.
Mon âme est affranchie, et ta forme légère
Dans les nuits sans repos ne vient plus l’effleurer.

Aujourd’hui je souris à l’Amour qui me blesse.
Ô vent des vastes mers, qui, sans parfum de fleurs,
D’une âcre odeur de sel ranimes ma faiblesse,
Ô vent du large ! emporte à jamais les douleurs !

Emporte les douleurs au loin, d’un grand coup d’aile,
Afin que le bonheur éclate, triomphal,
Dans nos cœurs où l’orgueil divin se renouvelle,
Tournés vers le soleil, les chants et l’idéal ! »

Renée Vivien, « Aurore sur la mer », Études et préludes, 1901.

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La place des femmes en poésie aux XIXe et XXe siècles

C’est avec beaucoup d’intérêt que j’ai lu l’article d’Évelyne Lloze sur la place et le rôle des femmes en poésie aux XIXe et XXe siècles. Cet article est publié dans le dernier numéro de la revue Nu(e), qui mettait à l’honneur sept femmes poètes d’aujourd’hui.

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