J’ai découvert le poète triestin, né en 1883 et mort en 1957, grâce à mon professeur d’italien en khâgne. Je voudrais citer aujourd’hui un poème qui m’a séduit, extrait du recueil Comme on cherche un trésor (titre original : Il Canzoniere), paru aux éditions La Dogana à Genève en 2005, dans une version bilingue traduite par Franc Ducros. Le poème parle de l’aube.

È l'alba. La giornata che si annuncia
sarà per me come uno strazio. Pure
io la vivrò, ritroverò la fresca
sera, la pace coi nemici vinti
anche in me stesso. La mia vita è tutta
così ; così me la dipingo, e lieto
per l'aperta finestra guardo l'ora
-- come dentro una bolla di sapone --
ricreare gli alberi le case.
C'est l'aube : la journée qui s'annonce
me sera déchirure. Je la vivrai pourtant.
Je retrouverai la fraîcheur du soir, la paix
avec mes ennemis vaincus jusqu'en moi-même.
Telle est ma vie tout entière, et c'est ainsi
que je me la figure, maintenant que joyeux
par la fenêtre ouverte je regarde l'heure
comme dans une bulle
de savon recréer les arbres, les maisons.

Umberto Saba, « Aube » (« Alba »),
Comme on cherche un trésor, Genève, La Dogana, 2005, p. 40-41.
(trad. Franc Ducros)

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5 réponses à « L’aube d’Umberto Saba »

  1. J’aime beaucoup c’è poème…

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  2. Ce poème

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  3. Merci, Gabriel. Je n’avais rien lu de lui et aimerais tant parler l’italien couramment.

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  4. Bella poesia !
    Excellente traduction, aussi.
    J’ai toujours aimé aussi le mot « l’alba », car il contraste un peu avec mon image de l’aurore, mais en effet, je me rends compte, c’est graphiquement plutôt comme le traducteur du poète le dit, comme une sorte de déchirure à l’horizon…pas nécessairement douloureuse, ceci dépendant peut être de l’état d’esprit de l’observateur…

    Aimé par 1 personne

  5. Michael (via Facebook)

    Magnifique poème, et très bien traduit, qui me rend un peu plus concret le nom d’Umberto Saba (surtout associé, pour moi, à la fascinante constellation des écrivains triestins, auteur aussi d’un étonnant récit, Ernesto, lu molto molto tempo fa !).

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