L’une des particularités de la deuxième moitié du XXe siècle est d’avoir vu se multiplier une importante littérature de langue française, en dehors du territoire français. La raison en est antérieure, puisque la présence de la langue française sur les cinq continents s’explique par l’histoire de la colonisation. Le fait est qu’aujourd’hui, on ne peut guère parler de la littérature française, sans évoquer également celle qui se produit hors de « l’Hexagone ».
Un pan méconnu de la littérature française

Ignorer ces littératures plus lointaines, c’est se priver de tout un pan de notre culture, qui demeure sans doute relativement méconnu, en tout cas moins enseigné. C’est pourquoi les récentes Histoires de la littérature ne manquent pas de tenir compte de ce qui s’écrit en français sur les cinq continents.
C’est ainsi que, dans son ouvrage intitulé La littérature française et francophone de 1945 à l’an 2000, paru en 2003 chez L’Harmattan, Eliane Tonnet-Lacroix consacre un chapitre de chacune des grandes parties à l’espace francophone. Ce qui correspond à environ un quart des chapitres de l’ouvrage !
Il ne faut pas non plus (même si cela ne relève pas de la même problématique) négliger les auteurs qui choisissent individuellement d’écrire en français, pour des raisons qui leur sont propres. C’est en particulier le cas de plusieurs dramaturges du Nouveau Théâtre : Samuel Beckett, Eugène Ionesco, Arthur Adamov, Fernando Arrabal.
Le manuel scolaire Histoire de la littérature française – XXe siècle – Tome 2, paru chez Hatier dans la collection « Itinéraires littéraires » sous la direction de Jean-Michel Maulpoix, ne manque pas de faire la part belle aux littératures nées sous des horizons plus lointains. C’est dans cet ouvrage, qui propose des extraits, que j’ai pu lire, entre autres, quelques pages d’un Albert Memmi, d’un Tahar Ben Jelloun, d’un Tchicaya U Tam’si, sans oublier, bien entendu, Léopold Sédar Senghor.
Ni franco-centrisme, ni régionalisme
Si l’on en croit Eliane Tonnet-Lacroix, une tendance marquante de la littérature francophone la plus récente est la volonté de se libérer « de tout “francocentrisme” » (p. 363). En d’autres termes, la littérature étrangère de langue française revendique sa propre originalité, sans être contrainte de s’inscrire dans la continuité des modèles français. Ce faisant, elle tente également d’éviter l’écueil du régionalisme : l’affirmation d’une identité locale ne doit pas empêcher de prétendre à l’universalité.
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Image d’en-tête : Un planisphère (Pixabay, libre de réutilisation)


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