Sophie Braganti et Iris Colomb réunies au Bistrot Poète

L’événement aurait dû avoir lieu sur la plage, mais la pluie en a décidé autrement. C’est donc au Bistrot Poète que se sont poursuivies les Journées Poët Poët. Avec, au programme, deux poétesses à découvrir : Iris Colomb et Sophie Braganti.

Après la traditionnelle lecture des « mots ressentis » par Tatiana Geay et le compte-rendu de la nuit d’écriture par Tristan Blumel, j’ai eu le plaisir de présenter deux poétesses aux univers très différents, mais qui se rejoignent dans le fait de partir de l’expérience sensible, du quotidien, pour aller toucher l’universel. Iris Colomb et Sophie Braganti se sont ainsi succédé au micro du Bistrot Poète !

La voix d’Iris Colomb

Après avoir vécu à Paris, Iris Colomb vit désormais à Londres, où elle a des charges de cours à l’université portant sur le numérique. Poétesse, performeuse, elle a récité au Poulailler tout en proposant un numéro d’équilibriste. Elle est intéressée par la poésie visuelle, la poésie sonore, l’improvisation, les pratiques individuelles et collectives.

Ce matin, au Bistrot Poète, elle a proposé un travail sur la voix. Une voix qu’elle a perdue et mis du temps à retrouver. Alors, elle s’entoure de petites machines colorées qui, par une pression, font entendre des bruits d’eaux, évoquant le milieu médical, la nécessité de souffler dans l’eau. Entre chaque poème, elle s’interrompt pour souffler dans un cylindre qui émet des bulles. Le résultat est volontairement ludique, enfantin, tout en mimant ces geste médical de souffler dans un tuyau. On bascule ainsi facilement du léger au tragique, du ludique au sérieux, de l’innocent au terrible.

Elle alterne entre anglais et français, à l’image de sa pratique, en tant que Française vivant en Angleterre, lisant sur des feuilles de papier colorées pliées comme des dépliants.

Sophie Braganti, poétesse d’ici

Pour faire écho à cette poétesse d’ailleurs, venait en contrepoint une poétesse d’ici. Sophie Braganti, vit en effet à Nice, quand elle ne se réfugie pas dans un village d’arrière-pays ligure proche d’Arma di Taggia. Elle est aussi critique d’art. Autrice de nombreux recueils de poésie, elle vient de publier un roman poétique aux accents épiques situé en Islande. Mais ce n’est pas ce dernier ouvrage qu’elle est venue présenter aujourd’hui.

Elle a lu en effet des textes plus anciens, qui évoquent des petits riens de l’existence, des objets ou des gestes du quotidien qui se révèlent bien plus profonds qu’ils ne paraissent. Des poèmes en apparence anodins mais dont on découvre peu à peu la dimension politique, féministe, humaniste. Une cabine téléphonique sur la promenade des Anglais devient ainsi un lieu de célébration de l’amour…

On était bien, hier, au Bistrot Poète, bien au chaud dans l’ambiance chaleureuse créée par Aurore et Camille, quand, dehors, il pleuvait à verse derrière les vitres embuées. Nous nous sommes régalés de leur cuisine, avant de faire quelques courses puis de monter au monastère de Saorge. Un lieu magique, où nous passerons la nuit avant de célébrer une journée en Poésie.


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