Archives pour la catégorie Poésie

La contemplation selon Yves Leclair

Je voudrais vous parler aujourd’hui d’un petit livre qui fait partie des ouvrages que je me suis offerts pour mon anniversaire. Il s’intitule Manuel de contemplation en montagne, et il a pour auteur Yves Leclair, poète français né en 1954 près d’Angers, qui a publié de nombreux recueils poétiques, mais aussi des récits et des essais.

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Appel à la poésie

J’ai récemment été contacté par Sabine Venaruzzo, poète et organisatrice du festival « Poët Poët » qui se déroule chaque année dans les Alpes-Maritimes dans le sillage du Printemps des Poètes. Elle m’a proposé de participer à un appel à la poésie, une invitation à faire circuler la poésie, qui devait prendre la forme d’une courte vidéo pour faire entendre la voix de la poésie. Je vous présente, dans les lignes qui vont suivre, ma modeste contribution.

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« Apprenez à poser votre voix. Vous qui avez la chance d’habiter près de la mer, n’hésitez pas. Allez par les nuits d’insomnie sur la plage. Dites n’importe quoi face au vent. En algonquin, en iroquois, parlez à travers l’hygiaphone géant de l’océan. Détachez bien les mots. Par paquets de notes comme des paquets de mer. Apprenez à hurler aphone en américain. Apprenez le chuchoté-crié. Peut-être qu’elle vous entendra là-bas sur l’autre rive. »

Jean-Claude Pinson, « Laos leçon lyrique », www.maulpoix.net

Philippe Jaccottet

La triste nouvelle m’est apparue de nombreuses fois sur les réseaux sociaux : le poète Philippe Jaccottet est mort le 24 février à l’âge de 95 ans. Il était émouvant de lire tous ces hommages, toutes ces citations, ces articles de presse, ces souvenirs rapportés par les uns et les autres. Le nombre même de ces messages indique combien Jaccottet comptait pour la poésie contemporaine. Celle-ci vient indubitablement de perdre une de ses plus grandes voix.

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« J’ai un camion jaune avec des ailes bleues, un volant rouge et une hélice orange. Papa dit que c’est un avion, mais je ne le crois pas. J’ai beau appuyer sur tous les boutons, il ne décolle pas. Il joue de la musique, comme mon lapin en peluche et ma vache. Moto rouge, train bleu, arbre très vert : j’habite un monde sonore et qui marche sur piles, fait de couleurs vives et d’objets simples. »

Jean-Michel Maulpoix, Journal d’un enfant sage,
Paris, Mercure de France, p. 21.

Les correspondances baudelairiennes

Parmi les poèmes de Baudelaire qui sont souvent cités et commentés, le sonnet des « Correspondances » n’est pas le moins connu, sans doute parce qu’y apparaît une lecture du monde sensible qui en fait un signe vers une signification plus profonde.

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Près de la mer. Poème en prose

Lorsqu’il sent poindre en lui les assauts de la dépression, il s’en va chercher refuge près de la mer. Elle ne se lasse pas de chanter, pour lui comme pour quiconque, la même histoire de vagues et d’écume, offrant à chacun, pour rien, son spectacle de rue, ses acrobaties légères, sa danse de voiles et de tulle. Jamais elle ne refuse de donner, à qui le demande, sa vision toute féminine de l’infini. Elle est une présence qui apaise, dans le bercement du ressac et la ligne pure de l’horizon. Elle laisse, à qui veut bien les trouver, de menus lots de consolation : morceaux de verre colorés, squelettes d’oursin étoilé, fragments d’algues desséchées… Certains jours, assis sur un banc, face au vide, seul avec la mer et plus uni encore avec elle qu’un doge de Venise, il écoute sa fable mélancolique, ses plaintes caricaturales et ses cris de mouette effarouchée. Il ne lui reproche pas son emphase, non plus que ses trop longues phrases et sa grandiloquence mal placée. Il sait qu’en dépit de ses postures de cinéma, de ses airs de princesse et de son humeur fantasque, la mer est sincère. Il laisse à cette amie fidèle le soin de bercer son chagrin.

Gabriel Grossi, janvier 2021.

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« Neige danse vent dans les feuilles
Ce mouvement sans fin des herbes
Cette en-allée que rien ne peut rompre
Une beauté nue que la main ne peut prendre »

Laurence Chaudouët, La Grâce ou l’Oubli, Les Presses Littéraires, coll. « Florilège », 2020.
Prix de poésie 2020 « Yolaine et Stephen Blanchard »

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« Décembre » de François Coppée

François Coppée, membre de l’Académie française ainsi que de plusieurs académies régionales des sciences et des lettres, connut le succès de son vivant. Wikipédia parle à juste titre à son endroit de « poète populaire ». S’il ne vaut pas, à mon sens, un Rimbaud ou un Verlaine, ses poèmes méritent malgré tout d’être lus. Je vous propose aujourd’hui un poème de saison, précisément intitulé « Décembre ».

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« J’ai serré mon ami contre mon cœur. C’était
après la grande traversée des rêves,
et le matin pesait sur nous avec son grand secret de flamme
qui brûle à neuf le monde ancien.
J’ai dit : cette journée doit être belle,
marchons parmi les rues, sachons
saluer la lumière, fût-elle grise,
viens avec moi.
Mais il tournait son visage contre mon cœur.
Alors je dis : sachons inventer la lumière
qui est cachée dans un regard. »

Jean-Yves Masson, Onzains de la nuit et du désir,
d’après l’édition bilingue italienne Stanze della notte e del desiderio,
trad. Marco Vitale, Jaca Book, Milan, 2008,
via « Google Livres ».

« Sensation » de Rimbaud

Je vous l’accorde, il n’y a rien de très original à déclarer aimer « Sensation » de Rimbaud, dans la mesure où il s’agit de l’un de ses poèmes les plus célèbres. De fait, vous en trouverez déjà de nombreux commentaires. Aussi, je voudrais vous proposer ce soir rien de plus qu’une lecture personnelle de ces vers incontestablement sublimes.

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En lisant « Couleur de terre » de Jaccottet

Pour mes trente ans, ma grand-mère m’a offert l’édition Pléiade des Œuvres de Philippe Jaccottet. J’y ai retrouvé, bien sûr, mes poèmes préférés de Chants d’en bas, de À la lumière d’hiver et de Pensées sous les nuages. Mais j’ai également pu découvrir des textes moins connus, et en particulier celui qui conclut l’ouvrage, intitulé « Couleur de terre », initialement paru en 2008.

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