Jean-Baptiste Poquelin, dit Molière, aurait eu 400 ans. Pour fêter cet anniversaire, rappelons ce qu’il faut retenir de son oeuvre, et pourquoi, 400 ans plus ttard, elle reste l’une des plus jouées au monde.
De la farce guignolesque à la grande comédie classique en passant par le ballet, l’oeuvre moliéresque est riche d’une grande diversité de ton. Il y a forcément une pièce qui vous plaira !
Molière a su donner ses lettres de noblesse à une saine ambition : divertir et faire rire. Ce projet comique, longtemps décrié, il a voulu montrer qu’il n’était pas moins noble, ni moins difficile, que celui de la tragédie. Le dramaturge et metteur en scène avait pour ambition d’élever la comédie à la même dignité que la tragédie. D’où les grandes comédies en vers et en cinq actes, qui restent le chef d’œuvre de Molière.
Molière reprend à son compte la tradition du « castigat ridendo mores ». Aussi le rire s’affuble-t-il d’une dimension morale. Ce sont les vices que l’on tourne en ridicule. Et, pour reconnaître les vices, il faut un idéal de vertu : ce sera celui du naturel, de la « médiocrité dorée » (aurea mediocritas), autrement dit un idéal de mesure et d’équilibre. Molière fustige les excès en tous genre : avarice, misanthropie, hypocondrie, hypocrisie… Si Molière se moque des « précieuses », c’est parce que leur attitude, leur langage, leurs façons, à force de rechercher l’élégance, ont perdu ce naturel qui est le modèle de la vraie beauté.
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Molière et moi
On m’a proposé, sur les réseaux sociaux, de voter pour ma pièce de Molière préférée. Le choix est difficile. J’ai découvert Molière en classe de cinquième, avec l’étude des Fourberies de Scapin. Je conserve un fort souvenir de l’interprétation de Louis de Funès dans le rôle de l’Avare, visionnée, si mes souvenirs sont bons, en classe de quatrième. J’ai beaucoup aimé le Tartufe, pièce que j’ai étudiée en classe de Seconde, qui reste l’une des plus grandes comédies classiques.
J’ai étudié en classes préparatoires l’École des femmes, et je conserve un fort souvenir des explications de mon professeur Daniel Caro. Mais je crois que ma préférence va aux deux autres pièces étudiées cette année-là, parce qu’elles donnent à voir les coulisses du théâtre tout en révélant les idées de Molière sur son art : la Critique de l’École des femmes et l’Impromptu de Versailles. Dans ces pièces, Molière répond à ses détracteurs tout en donnant une magistrale leçon de théâtre. Vous trouverez d’ailleurs une lecture de L’Impromptu de Versailles sur ce blog.
Quel est « votre » Molière ?
Afin de fêter dignement le 400e anniversaire de Molière, je souhaiterais vous poser la question à votre tour. Quel est « votre » Molière ? Quel aspect de son oeuvre vous séduit, ou au contraire vous rebute ? Nous avons tous ou presque, à des degrés divers, rencontré l’oeuvre de Molière. Racontez-nous les souvenirs que Molière évoque pour vous, que ce soit en tant qu’élève ou étudiant, en tant que lecteur, en tant que spectateur, voire en tant que comédien ou metteur en scène. De toutes vos réponses, je ferai un article.



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