Je publie aujourd’hui un texte de jeunesse, écrit au lycée. Il ne me convainc pas vraiment, mais il a quelque chose de très adolescent. Qu’en pensez-vous ?
Le sang souille les sables d’un savant désert Les scorpions sucent sans soif un amer dessert Où êtes-vous, scélérates, Océanides Qui me laissèrent avec serpents, seps, chalcides ? Les scorpions sucent sans soif un amer dessert Leurs dards qu’ils acèrent ; mes nerfs, leur chant pervers Comment se soustraire à ces monstres lucides ? Où êtes-vous, scélérates, Océanides ? Leurs dards qu’ils acèrent ; mes nerfs, leur chant pervers Et se soustraire aux serpents aux lucifers Qui dans la lumière suivent les arachnides Comment se soustraire à ces monstres lucides ? Et se soustraire aux serpents aux lucifers M’entraînant toujours plus loin de la grande mer Scorpions, seps, chalcides dans un rêve stupide Qui dans la lumière suivent les arachnides M’entraînant toujours plus loin de la grande mer M’éloignant du vaste liquide sanctuaire Dans la lumière précédant les arachnides Susurrant suavement un discours placide M’éloignant du vaste liquide sanctuaire Privé de ma rapière j’ai pour tout douaire Le calvaire, mes prières, ma pyramide Dans la lumière précédant les arachnides Je susurre suavement un discours placide Privé de ma rapière j’ai pour tout douaire Le sang qui souille les sables du roi désert Le sang se répand de mes larges plaies putrides Sordide univers, et vide, et torride Le sang qui souille les sables du roi désert Ce sordide et tourbillonnant univers Ce sable qui par le vent pénètre, perfide Le sang se répand de mes larges plaies putrides Et lentement, en caillots cruels, s’agglomère Ce sang pétri de sable, et le mortuaire Désespoir de périr en la douleur splendide. De quels Satans ces monstres sont-ils les séides ? Ce sang pétri de sable, et la mortuaire Pyramide au loin, d’une dune au revers, Attendent ma dépouille, livide morbide Mais jeune encore, et vide, et candide. Pyramide au loin, d’une dune au revers Les scorpions, suçant sans soif un amer dessert, Savent stupide l’espoir qu’une Océanide Ranime ma dépouille, livide morbide ; Je susurre suavement — un discours placide.
Gabriel Grossi, « Les Sables », 2003 ou 2004.
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