Que fais-tu là au bord du chemin
Murmurant rouge à la lisière des champs
Que fais-tu là quand rien ne bouge
Seul encore, promeneur nonchalant ?

Quelle est cette prière écarlate
Que tu rumines, coeur frémissant
Contre une ruine, sur l'asphalte,
Seul encore, à la merci du vent ?

Que fais-tu dans les gravats
Dans le sable et les cailloux
Fleurissant les chantiers et les tranchées
Plutôt que les jardins, les forêts ?

Veux-tu prouver qu'un rubis
Peut s'extraire du schiste argileux ?
Que le carmin émerge du charbon
Comme d'une feuille tendre le vermillon ?

Que fuis-tu du monde
Dans cet étrange refuge ?
Que dis-tu au monde
De ta langue incarnat
Ô forçat, banni, transfuge ?

Pourquoi cette douleur rouge
À l'heure où tout chante et s'éveille ?
Pourquoi restes-tu à l'écart des merveilles ?
Qu'est-ce qui te dérange ?

C'est ton coeur de coquelicot
Trop gentil, tu n'as à qui l'offrir
Alors tu guettes sur les chemins
Quelque âme pour le cueillir.

Gabriel Grossi, jeudi 4 mai 2023.

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Poème et photo personnels.



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Une réponse à « Le coquelicot »

  1. Coquelicot , Tu te fanes si vite avant d’ avoir été , tu sèmes ton vermillon
    plus vivace, ragaillardi , jupon carmin jailli du bitume où ton rouge bouge
    sous les vents échappés des carlingues.

    Aimé par 1 personne

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