Je vous propose aujourd’hui un poème italien de Franco Fagarazzi, présent sur la couverture d’un recueil intitulé L’albero della luna (L’arbre de la lune).

Anges aux ailes brûlées,
N'éteignez pas le feu sacré
Forgé dans l'esprit.
Le temps scintille
À cause du vent
Verre en fusion déchaîné,
Dompté par le Maître,
Il respire au rythme de la vie.
Resplendissants dans l'immense fournaise,
Nous sommes des anges damnés,
Les mains brûlées,
Le cœur figé par l'eau.
Le bois supplie la flamme,
Ils veulent que l'amour cède
Au creuset de l'existence.
Je suis sable au bord du monde !
À propos du poète
Né à Venise en 1956, Franco Fagarazzi écrit de la poésie depuis l’adolescence, dans une langue marquée par l’élémentaire et le sacré. Il participe à de nombreux concours et anthologies, tant locales que nationales, notamment I poeti a le Colonete, qui rassemble des voix contemporaines de la lagune vénitienne.
En 1993, il publie Exoterica. Fiori di melograno (Fleurs de grenadier), son premier recueil, préfacé par le poète Aldo Vianello. Certains de ses poèmes ont été repris dans L’albero della luna, un ouvrage plus récent où se poursuit sa quête spirituelle et sensorielle, entre fusion du feu et de l’eau, du verbe et du souffle.
Fagarazzi explore aussi les liens entre poésie et arts visuels, notamment à travers sa collaboration avec le peintre Luciano Dall’Acqua. Ensemble, ils créent des œuvres hybrides mêlant texte et image, dans une démarche de synesthésie poétique.
Ses vers – d’une densité souvent incantatoire – évoquent l’ange, le feu, la matière en fusion, la mémoire brûlée… autant de métaphores d’une condition humaine en tension entre chute et lumière. Chez lui, l’homme est « sable au bord du monde », à la fois périssable et éternel.


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