Douceur, quand, d’entre les arbres enfin immobiles, te parvient un peu de fraîcheur. En haut, les feuilles du grand chêne cessent de trembler. Quelques cigales encore, derniers solistes, dans le soir tiède. J’ouvre le tuyau d’arrosage. L’air se rafraîchit au contact de l’eau. Lentement, aller d’une plante à l’autre. Prendre le temps. Les bonsaïs de mon père, les rosiers de ma mère. Remplir suffisamment chaque pot, y revenir une seconde fois lorsque l’eau est absorbée. Imperceptiblement, le ciel se fait de plus en plus sombre au dessus de la colline silencieuse, malgré quelques vrombissements lointains. Passage des premières chauve-souris. Murmure de l’eau sur la terre craquelée. Des agapanthes aux cannas, le son plus sourd, sur les larges hampes violacées. Par endroits, l’eau s’attarde, crée de minuscules flaques, avant d’être absorbée dans la terre argileuse. Toutes deux se rejoignent dans la même pénombre.
Gabriel GROSSI, 24 juin 2026.


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