Je vous propose aujourd’hui d’écouter une chanson que ma grand-mère paternelle me chantait quelquefois et que je ne peux entendre sans émotion. Cela sera l’occasion de mettre en valeur la langue provençale, différente mais somme toute très proche du Niçois.
Je ne parle pas du tout provençal, ni même niçois, à mon grand regret car ce sont là une partie de mes racines. Mais quand on parle l’italien, et qu’on a fait un peu de latin, le sens global des paroles est assez clair.
Les paroles de la chanson, issue de Miréio de Frédéric Mistral, sont celles d’un dialogue entre un séducteur et une femme, dont les échanges reproduisent la même structure. La femme évoque une métamorphose qui lui permettrait d’échapper à l’homme, lequel a dès lors l’idée d’une transformation qui lui permettrait de la rejoindre malgré tout. Ce petit jeu galant se poursuit pendant plusieurs strophes, sous la forme d’une pastourelle où les deux amants rivalisent d’inventivité.
Dans cette chanson assez ancienne, c’est l’homme qui course la femme, et la femme qui cherche à s’échapper, jusqu’à ce qu’elle soit convaincue de la ténacité, et donc de la sincérité, du bonhomme. On peut y voir, certes, une représentation stéréotypée des rôles dans la séduction. Mais cette chanson légère séduit avant tout pour la poétisation du discours amoureux à travers la succession des métamorphoses.
Vous trouverez une traduction française des paroles au sein de cet article universitaire disponible sur « openédition »: https://books.openedition.org/pup/3710?lang=fr
J’ai écouté il y a quelques années une version de ce chant par une chorale d’hommes. Cette version polyphonique était très belle et c’était celle là que je souhaitais vous faire écouter. Mais je ne la retrouve plus sur Youtube et je me demande si elle n’a pas été supprimée. Si d’aventure vous la retrouviez, merci d’indiquer le lien en commentaire.
Édit : voici la version a cappella dont je vous parlais


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