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Septembre

Après ces cinq longs mois que j’ai passés loin d’elle,
J’interroge mon cœur ; il est resté fidèle.

En Mai, dans la jeunesse exquise du printemps,
J’ai souffert en songeant à ses beaux dix-sept ans.

Quand la nature, en Juin, de roses était pleine,
J’ai souffert en songeant à sa suave haleine.

En Juillet, quand la nuit peuplait d’astres les cieux,
J’ai souffert en songeant à l’éclat de ses yeux.

Août a flambé, Septembre enfin mûrit la vigne,
Sans que mon triste cœur s’apaise et se résigne.

Toujours son souvenir a le même pouvoir,
Et je n’ai qu’à fermer les yeux pour la revoir.

François Coppée, « Septembre », Les Mois,
dans Œuvres complètes de François Coppée,
Librairie L. Hébert, 1892, Poésies, tome II (p. 347-348),
via Wikisource.



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