Jacques Demarcq, Claude Ber et James Sacré aux éditions Unes

Mercredi 24 mai 2023, 19 h. Au siège des éditions Unes, rue Pauliani à Nice, il faut ajouter des chaises pour accueillir l’assistance. Trois poètes, et non des moindres, vont se succéder pour lire des extraits de leur oeuvre. Jacques Demarcq, James Sacré et Claude Ber étaient les invités des éditions Unes, dans le cadre de la Périphérie du Marché de la Poésie de Paris.

Jacques Demarcq

Né en 1946 près de Compiègne, Jacques Demarcq a été quelque temps professeur de lettres en lycée avant de travailler pour des institutions et des fondations culturelles. Poète, traducteur, il est proche des poètes qui gravitent autour de la revue TXT tels que Christian Prigent, Jean-Pierre Verheggen, Valère Novarina…

Pour la première partie de sa lecture, Jacques Demarcq est accompagné d’Idriss Damien. Le musicien manipule toutes sortes d’appeaux, qui font entendre les chants et les trilles de différents oiseaux. Et Jacques Demarcq « traduit ». Il propose une traduction poétique de ces chants d’oiseau, et ses mots calquent le rythme et les sonorités du chant d’oiseau. Ces traductions ornithologiques ont été recueillies dans un volume intitulé Les Zozios.

Après ces poèmes sur le rouge-gorge, l’alouette ou encore le merle, Jacques Demarcq propose des poèmes consacrés à des artistes niçois tels que Matisse, Yves Klein, César…

James Sacré

Né en 1939 en Vendée, James Sacré a débuté comme instituteur avant d’enseigner dans des universités américaines. Il fait partie des poètes qui, dans les années quatre-vingts, réintroduisent une forme de lyrisme dans la poésie contemporaine. Sa poésie, qui joue volontiers avec une syntaxe proche de l’oral, volontairement boiteuse, se centre souvent sur des réalités simples du quotidien, comme des bocaux ou des escargots.

Ce soir, il a commencé par lire des extraits d’un ensemble consacré aux brouettes. Le poète n’a pas son pareil pour trouver de la poésie dans des objets simples du quotidien. Ces poèmes ont été publiés en collaboration avec l’artiste Yvon Vey, chez Obsidiane en 2022.

Ensuite, James Sacré a lu des extraits de « De la matière autant que du sens », qui évoque le Maroc et en particulier le travail d’un sculpteur, Mustapha Belkouch, qui a commencé comme métallurgiste avant de devenir artiste.

Enfin, ce sont les escaliers, autre réalité du quotidien, qui ont été au centre du troisième ensemble, encore inédit. Intitulé « Rue Delacroix à Celleneuve », il inclura des collages de Daniel Dezeuze.

Claude Ber

C’est sous le nom androgyne de Claude Ber que Marie-Louise Issaurat-Deslaef s’est fait connaître en tant que poète. Née à Nice en 1948, elle a enseigné dans le secondaire et le supérieur, avant d’occuper des fonctions académiques et nationales. Elle a publié, depuis les années 1970, six recueils de poésie, mais aussi plusieurs pièces de théâtre, de nombreux livres d’artistes et de publications collectives. Elle apparaît dans de nombreuses anthologies.

Elle a commencé par lire un texte que j’aime beaucoup, « Célébration de l’espèce », dans Il y a des choses que non. Ce poème joue sur la répétition du mot « espèce » pour développer un réquisitoire lucide qui est tout autant un plaidoyer pour notre espèce. J’avais déjà lu ce poème, mais c’est tout autre chose de l’entendre de la bouche de la poète, qui en a proposé une lecture très incarnée, très engagée.

Le deuxième texte lu est très différent, puis qu’il s’agit d’un poème méditatif intitulé Mues où alternent prose et vers, davantage fait pour la lecture silencieuse que pour la proclamation publique. On passe sans cesse de la prose narrative au poème, jusqu’au sonnet revisité, qui apparaît comme la forme cristallisée de ce qui circulait à l’état liquide dans la prose.

Enfin, Claude Ber a lu des extraits de La mort n’est jamais comme, recueil réédité chez Bruno Doucey en 2019. On retrouve toute la verve de la poète dans « Putain ça pue » et « Ainsi des bribes ».

En fin de soirée, a été annoncée la tenue, du 23 au 27 juin, d’un festival de poésie à Tourtour dans le Var.

Cette soirée a été pour moi une belle occasion de redécouvrir Claude Ber et James Sacré, qui sont depuis longtemps dans ma bibliothèque, et de faire connaissance avec les poèmes de Jacques Demarcq, dont j’ai apprécié les traductions d’oiseaux. Il me faut donc remercier le Marché de la Poésie de Paris, pour s’exporter ainsi aux quatre coins du territoire, permettant à tous de savourer les mots de poésie, même s’ils n’ont pas le loisir de se rendre dans la capitale. Ces remerciements incluent les éditions Unes, qui ont permis à ce bel événement d’avoir lieu dans leurs locaux. Le lendemain, la Périphérie du Marché de la poésie s’est poursuivie à Aiglun, où le poète Patrick Quillier accueillait André Robèr et Carpanin Marimoutou pour parler de poésie réunionnaise.

Image d’en-tête: caractères mobiles d’imprimerie, exposés dans les locaux des éditions Unes à Nice. Photo personnelle.


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