Promenade niçoise au dix-neuvième siècle

J’aime Nice. Certes, je préfère la campagne à la ville, mais, pour une ville, Nice est très intéressante. Dans une surface somme toute assez réduite, on y trouve une très grande diversité de témoignages du passé. Toutes les périodes historiques, de la Préhistoire à nos jours, sont représentées. Ces monuments nous racontent une histoire sensiblement différente des grandes lignes de l’Histoire qu’on nous apprend à l’école : Nice n’est française que depuis 1860, et est donc restée étrangère aux grandes dates de l’Histoire de France. Pour ce cinquième épisode de nos « promenades historiques », je vous propose de découvrir quelques unes des traces que le dix-neuvième siècle a laissées dans Nice.

Le XIXe siècle à Nice

Sur le plan politique, Nice change plusieurs fois de régime pendant le siècle. Si vous avez consulté les épisodes précédents, vous savez que, pendant les Temps modernes, Nice a fait partie des États de Savoie, en leur donnant ainsi un accès à la mer. En 1792, Nice passe sous domination française. Les armées révolutionnaires annexent Nice sans rencontrer de grande résistance (il me semble même, sans combats, à vérifier). Après la Révolution, Nice est intégrée au royaume de Piémont-Sardaigne. C’est une période de restauration, où l’on revient sur les acquis de la Révolution. En 1860, en échange d’une aide pour réaliser l’unité italienne, Nice est cédée à la France, alors gouvernée par l’Empereur Napoléon III, à l’issue d’un référendum.

Sur le plan économique, le XIXe siècle est une période d’essor pour Nice. La ville, jusqu’à présent circonscrite dans un périmètre restreint, autour du Vieux-Nice, se développe désormais également sur l’autre rive du Paillon. La place Masséna et le lycée Masséna sont ainsi situés sur la rive Ouest du Paillon. La ville se développe vers l’Ouest et vers le Nord. Le XIXe siècle voit l’arrivée du train à Nice, avec la construction de la Gare Thiers et de la Gare du Sud. Louise Colet, femme de lettres et maîtresse de Flaubert, raconte dans l’un de ses livres un trajet de la place Masséna à la villa Arson : un voyage en pleine campagne qui lui prend une bonne partie de la journée !

Sur le plan culturel, le XIXe siècle est celui qui voit naître le tourisme. Des personnes aisées, voire très riches, s’installent à Nice pour y profiter de la douceur de son climat. Apparaissent ainsi des hôtels particuliers, dont certains sont de petits palais. Ils abritent des Français, mais aussi des étrangers, notamment des Russes et des Anglais. Cette tendance s’accentuera au XXe siècle, aussi en reparlerons nous dans la vidéo suivante. Sont construits au XIXe la villa Arson, l’actuel musée Chéret, la villa Les Palmiers, l’hôtel de l’Alhambra… Ces bâtiments étaient, au départ, des hôtels particuliers. Le parc et le château de Valrose étaient fermés le jour de mon tournage, aussi je me débrouillerai de vous les montrer dans la vidéo suivante, car il faut absolument que vous puissiez voir cet endroit magnifique.

Le XIXe siècle affirme ainsi le caractère cosmopolite de la ville de Nice. Aussi ai-je voulu vous montrer deux monuments qui manifestent le pluralisme religieux de la ville, avec une église russe et une synagogue. J’en ai profité pour vous montrer également l’église du Voeu, qui est intéressante car elle rappelle un épisode douloureux de l’histoire de Nice, à savoir l’épidémie de choléra qui a sévi dans les années 1830.

Éléments non inclus

Pour cette cinquième promenade en vidéo, j’avais l’embarras du choix car il y a beaucoup plus de traces du XIXe siècle que des époques précédentes, forcément. Je n’ai donc pas pu tout montrer. D’autres bâtiments remarquables auraient pu être présentés, comme le château de l’Anglais. J’aurais aimé pouvoir inclure une visite guidée de l’Observatoire de Nice, mais celui-ci ne se visite que sur réservation et pas à n’importe quel moment. Je vous en montre malgré tout quelques images issues de Wikipédia.

J’avais filmé également quelques images du Pont Napoléon III, mais un autre jour que les autres bâtiments. Aussi, au moment de télécharger les fichiers vidéo sur mon ordinateur, je n’ai pas pensé à inclure ces plans. Je ne m’en suis souvenu qu’une fois la vidéo finalisée. Je garde donc ces plans pour une prochaine vidéo. En effet, ce pont sur le fleuve Var symbolise le rattachement de Nice à la France en 1860. Avant cette date, le fleuve représentait la frontière de la France avec le royaume de Piémont-Sardaigne. En 2016, un panneau a été installé à l’occasion des 150 ans du rattachement de Nice à la France. Cela nous rappelle que cela ne fait pas si longtemps que l’on parle français à Nice. Je précise au passage que Nice n’a jamais été italienne au sens strict de ce terme, puisque l’unification de l’Italie est légèrement postérieure au rattachement de Nice à la France : Nice a été savoyarde puis piémontaise, mais pas italienne. Dans une vidéo précédente, j’ai inclus une frise des régimes successifs de Nice.

Une vidéo en 4 parties

Cette cinquième promenade historique est structurée en quatre parties. Je commence dans un premier temps par un lieu emblématique, un symbole de Nice, à savoir la célèbre place Masséna, avec ses façades ocres et sa fontaine d’Apollon. Non loin se trouve la statue de Masséna, maréchal d’Empire de Napoléon Ier, né à Nice en 1758.

La deuxième partie de la vidéo montre des bâtiments publics, dont certains ont encore aujourd’hui la même fonction qu’à l’époque. Il s’agit du Lycée Masséna, des gares Thiers et du Sud, de l’Opéra de Nice… J’ai tenu à vous montrer aussi la cascade de Gairaut, aboutissement du canal de la Vésubie, par où arrivent les eaux potables de Nice.

La troisième partie de la vidéo présente trois édifices religieux, choisis pour ce qu’ils montrent le pluralisme religieux bien établi à l’époque. Il faut cependant savoir qu’une communauté juive existe à Nice depuis le XIIIe siècle.

La quatrième partie de la vidéo propose une sélection d’hôtels particuliers construits à cette époque. Il y en aurait beaucoup d’autres à montrer, ce n’est qu’une sélection. J’ai d’ailleurs eu l’occasion d’observer, en me promenant dans les rues de Nice, de très beaux immeubles et villas, dont il serait intéressant de connaître l’histoire…

Making of

Cette vidéo a été tournée fin août 2022 mais ce n’est que ces derniers jours que j’ai trouvé le temps d’en faire le montage. L’année scolaire a été très remplie, et je ne dispose guère que des grandes vacances pour ce genre de projets qui réclament beaucoup de temps.

Les images ont été tournées avec mon téléphone portable. Ce n’est sans doute pas le meilleur outil qui soit, mais c’est le plus compact. Elles ont été filmées en un seul jour.

Le montage a été fait à l’aide de l’application Canva. Cette application est vraiment très facile d’utilisation et offre de beaux rendus. Elle a l’avantage d’être supportée par mon ordinateur relativement ancien (il tourne sous Windows 7). La plupart des logiciels de montage actuels nécessiteraient que je passe à une version plus récente de Windows, ce qui ne m’arrange pas.

Pour les musiques, j’utilise en principe les sons libres de droits proposés par la Bibliothèque YouTube. Mais l’application Canva, dans sa version Pro, offre une riche bibliothèque d’images et de sons, qu’il doit bien être permis d’utiliser, sinon ça n’aurait aucun intérêt. C’est vraiment pratique, car tout peut être géré depuis la même appli. Néanmoins, les conditions d’utilisation sont peu claires, et au moment de la mise en ligne, YouTube a détecté que l’un des sons n’était pas libre de droits: je l’ai donc modifié in extremis. Je tiens donc à affirmer ici que je n’ai nulle intention d’enfreindre la loi, et que si un ayant droit venait me dire qu’il ne m’autorise pas à utiliser un son, je modifierais dès que possible la vidéo au profit d’un autre son. Merci par avance d’être compréhensif.

Avez-vous vu les vidéos précédentes ?


En savoir plus sur Littérature Portes Ouvertes

Abonnez-vous pour recevoir les derniers articles par e-mail.

Un commentaire sur « Promenade niçoise au dix-neuvième siècle »

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.