Voyage historique à Villeneuve-Loubet

Villeneuve-Loubet est une charmante commune d’environ seize mille habitants, située tout près de chez moi, dans les Alpes-Maritimes. Le centre historique est très agréable à visiter. Au sommet de la colline à laquelle il est adossé, se trouve une forteresse médiévale. Et, un peu plus loin, à côté du parc du même nom, se trouve le château de Vaugrenier. Hier, j’ai profité des Journées du Patrimoine pour le visiter avec deux amis.

En effet, ce château est habituellement fermé au public, et il n’ouvre ses portes qu’en de rares occasions, dont les Journées du Patrimoine. Comme la forteresse médiévale, il est la propriété, depuis le dix-huitième siècle, de la famille du marquis de Panisse-Passis. La famille habite parfois le château pour ses vacances. Ses appartements et ses salles de réception peuvent aussi être loués par des particuliers.

Une longue histoire

Villeneuve-Loubet a une très longue histoire puisqu’on a notamment retrouvé des vestiges préhistoriques, des habitations probablement occupées par des Ligures Décéates, un sanctuaire grec et un village romain… Mais c’est au Moyen-Âge qu’apparaissent plusieurs fiefs qui finiront par former la commune de Villeneuve-Loubet. Villeneuve est fondée par Romée de Villanova vers 1234.

Le nom de Vaugrenier viendrait de la donation d’une terre à l’abbé Garnier, d’où le nom de Val de Garnier. La guide qui nous fait la visite évoque également la possibilité d’un lien avec le mot « grain », s’agissant d’un vallon fertile. Le château lui-même daterait du seizième siècle, époque très importante pour Villeneuve-Loubet, puisqu’on sait que François Ier y est venu en personne. D’ailleurs, alors que d’autres communes ont des « fêtes médiévales » pour célébrer leur Histoire, Villeneuve-Loubet a une fête de la Renaissance.

Un château imposant

Le château de Vaugrenier a l’allure d’une bâtisse massive de forme parallélépipédique. Ce n’est pas un château fortifié mais une demeure d’apparat, percée de larges fenêtres, dont l’allure générale montre bien qu’elle ne cherche pas à avoir une dimension défensive. Elle surplombe un parc de quatre hectares, beaucoup plus petit que le domaine originel de cent hectares, la famille ayant été expropriée dans les années 1960 pour la création du parc départemental de Vaugrenier et le passage de l’autoroute, que l’on ne voit pas depuis le parc mais que l’on entend très bien.

La façade du château

On entre dans le château par une porte située au rez-de-chaussée, qui devait être le niveau réservé aux domestiques. Il est relativement bas de plafond et sobrement décoré. On suppose que les nobles accédaient directement au premier étage, sans prendre l’entrée des domestiques, mais il ne reste plus de trace d’un escalier extérieur pour le confirmer.

Les pièces situées à l’étage sont beaucoup plus lumineuses. Elles sont percées de larges fenêtres, même si certaines ont été occultées depuis que la Révolution a créé un impôt calculé sur la base du nombre de fenêtres. Le mobilier n’est pas d’époque, mais il a été pensé de manière à être relativement cohérent avec le lieu. La guide fait également part des réflexions et questionnements passionnants des experts des Monuments Historiques, placés face à une équation complexe, puisque sauvegarder le site impose de faire des modifications qui l’altèrent d’une autre manière.

À l’étage, on trouve des salons, une salle à manger, une petite chambre, une chapelle, mais aussi, à l’entresol, une pièce voûtée qui servait d’étable ou de bergerie. On monte enfin à une grande salle de réception, où nous attend une surprise.

Un ballet de danses anciennes

L’association « Villeneuve se danse » a en effet préparé un petit spectacle pour clore la visite. Plusieurs couples en tenue d’époque entament un ballet de danses anciennes, du Moyen-Âge et de la Renaissance. Cela m’a rappelé certains cours d’histoire de la musique à l’ÉSPÉ, on l’on nous avait appris à enseigner les danses anciennes. C’était vraimment une belle façon de clore la visite. En sortant, nous avons pris le temps de faire un tour dans le parc, agrémenté de beaux bassins qui ne sont sans doute pas d’époque, mais qui, entourés de statues, enjolivent le parc par ailleurs plutôt vide.

J’ai donc bien profité cette année des Journées du Patrimoine, d’autant plus que nous avons poursuivi la journée avec une visite du Palais de Marbre qui abrite les archives municipales de Nice, du musée d’art naïf en ce moment consacré à Ben, et du parc voisin Carol de Roumanie. Mais ça, c’est une autre histoire…

Voici un diaporama des photos de cette visite. Vous pouvez cliquer sur chaque image pour l’afficher en grand format, puis utiliser les flèches pour les faire défiler.


En savoir plus sur Littérature Portes Ouvertes

Abonnez-vous pour recevoir les derniers articles par e-mail.

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.