Pour cette nouvelle « Citation du dimanche », je vous invite à découvrir l’univers d’Andrea Iacovella, que j’ai eu l’honneur de rencontrer, l’été dernier, lors des « Rencontres de paroles » d’Aiglun. Né à Lyon en 1953, ce poète aux multiples facettes a navigué entre les mondes de l’informatique, de l’archéologie, de la politique en tant que maire, de l’édition, et bien sûr, de la poésie.
NOCTURNE
la Nuit d'une patience irrévocable
bruit au creux d'une morsure
quitte de larmes et de souffrances
la lenteur éprouvée des astres
célèbre à tout instant sa présence ignée
un ciel d'encre étreint les étoiles
et prédit la parole de ce firmament
Ô Gloires
cortèges de clarté
aurore où l'âme affleure
et s'en retourne sitôt en sa demeure
dans la page immaculée d'orages
attente inaltérable
d'un écho dans la voix
du vide retour de la rime ailée
sur le plumage opale
du corps esseulé
au sortir de l'eau
un cygne blessé
titubant sur la voie
s'obstine à invoquer
en étirant son cou
la lettre engloutie
dans la Nuit émue
Andrea IACOVELLA, Les Heures de Nemi, La Rumeur Libre éditions,
Sainte-Colombe-sur-Gand, 2011, p. 59-60.
Il n’a pas été facile de choisir une citation, tant il y a de beaux passages dans ce livre, et ce qui a guidé mon choix, outre la beauté du poème qui se passe de commentaires, cela a été aussi de choisir un poème assez court, qui se suffise à lui-même, et non pas un extrait d’un poème long. Ce que j’ai aimé, dans la poésie d’Andrea Iacovella, c’est, pour le dire très brièvement, la conjugaison constante de la sensibilité et de la solennité, et je crois que ce poème en offre un bel aperçu. N’hésitez pas à réagir dans l’espace des commentaires !
En savoir plus sur Littérature Portes Ouvertes
Abonnez-vous pour recevoir les derniers articles par e-mail.