Aujourd’hui, je vous propose un voyage fascinant dans le temps. Moins connus du grand public que les Romains, les Grecs ou les Égyptiens, les Étrusques étaient pourtant une civilisation tout aussi digne d’intérêt. Pendant mes vacances en Italie, j’ai eu l’occasion de visiter trois sites étrusques majeurs. Car c’est là, entre Toscane, Ombrie et Latium, que cette civilisation pré-romaine a prospéré, entre le IXe et le IVe siècle avant Jésus-Christ. Je vous emmène avec moi à la découverte des vestiges incroyables que ce peuple a laissés.
1. Qui étaient les Étrusques ?
L’encyclopédie Wikipedia fait état d’un débat entre spécialistes pour savoir si les Étrusques sont un peuple venu d’Orient, notamment de Lydie, ou s’ils sont les descendants de populations autochtones d’Italie. La vérité serait peut être entre les deux, avec un substrat local nourri d’apports étrangers. Toujours est-il que la langue étrusque, que nous ne connaissons qu’à travers de très maigres traces, n’était pas indo-européenne.

2. Où vivaient les Étrusques ?
Les Étrusques vivaient principalement dans une région de l’Italie centrale qui correspond aujourd’hui à la Toscane, une partie du Latium et de l’Ombrie. Leur territoire, connu sous le nom d’Étrurie, s’étendait sur une vaste zone entre les fleuves Arno et Tibre. Selon Wikipédia, cette civilisation, à son apogée, a eu une influence sur une zone plus vaste, mais le coeur de l’Étrurie était représenté par douze cités principales, le Dodécapole.

3. Quand vivaient les Étrusques ?
Le point de départ de la civilisation étrusque, c’est la culture villanovienne, autour de 900 ans avant Jésus-Christ, c’est-à-dire il y a environ 3000 ans. L’apogée de la civilisation étrusque se trouve entre le VIIIe et le IVe siècle avant notre ère. Les Étrusques ont ensuite été progressivement vaincus et assimilés par les Romains.
4. En quoi était-ce une civilisation brillante ?
Les fresques que j’ai pu admirer ne laissent aucun doute sur le sujet. À vrai dire, je ne m’attendais pas à voir des fresques aussi raffinées et colorées, qui m’ont fait penser autant aux vestiges de Pompéi qu’à la nécropole de la vallée des Rois en Égypte. Les Étrusques avaient leur propre langue, leur propre alphabet dérivé de l’alphabet grec, leur propre religion très proche mais distincte du polythéisme romain, et leur propre système de numération. Ils commerçaient avec différents peuples de la Méditerranée antique, notamment les Phéniciens et les Grecs.
Lors de mes visites sur des sites étrusques, je n’ai vu qu’une seule fois de l’écriture, et je me suis demandé s’il s’agissait d’un nom ou d’un nombre. Voici la photo d’une fresque surmontée d’écriture :

5. Pourquoi nous reste-t-il surtout des nécropoles ?
Parmi les vestiges étrusques, il y a aussi des temples, des villes, des objets du quotidien… Mais il est vrai que les Étrusques nous ont laissé pas mal de nécropoles. Enterrées, creusées dans la roche ou recouvertes par des tumulus, elles sont relativement à l’abri des assauts du temps. Construites en dehors des villes, elles n’ont pas, contrairement à ces dernières, été constamment remaniées.
De ces nécropoles, j’en ai visité trois, et je dois dire que ces visites ont été, chaque fois, différentes les unes des autres, sans aucune impression de redondance. Par un effet de hasard, mes visites sont allées crescendo, de plus en plus impressionnantes.




Les trois images ci-dessus ont été prises à la nécropole de Tarquinia. Elles permettent de se faire une idée du site vu de l’extérieur. La première, à gauche, montre l’une des nombreuses tombes, qui ressemble à une petite colline recouverte d’herbe. Cette petite bosse recouverte d’herbe passerait presque inaperçu, s’il n’y avait l’entrée de la tombe, maçonnée à notre époque pour faciliter les visites. La photo du milieu montre une vue d’ensemble du site, avec des pierres exposées entre les tombes. À droite, on peut voir l’escalier qui descend jusqu’à une tombe. Arrivé en bas, il faut presser un interupteur qui déclenche l’éclairage minuté de la tombe, et permet d’en admirer les fresques.
Pendant mon séjour en Italie, j’ai visité, avec mon ami François, trois sites étrusques :
- la nécropole de Puntone à Saturnia, avec ses tombes librement accessibles dans un sous-bois ombragé,
- le parc archéologique de Vulci, qui présente les ruines d’une ville étrusque, avec son forum, ses temples, ses portes, ses maisons patriciennes, son lieu de culte mithraïque, et un peu plus loin, son lac,
- la nécropole de Tarquinia, avec ses dizaines de tombes magnifiquement peintes.
Ce sont ces trois sites que je vais à présent vous décrire.
6. La nécropole de Puntone à Saturnia
Le village de Saturnia est surtout connu pour sa cascade d’eau chaude qui se déverse dans des bassins naturels, ou encore pour ses centres de thermalisme. Pourtant, à quelques minutes en voiture, l’on peut découvrir la nécropole de Puntone.
Imaginez-vous un sous-bois ombragé totalement libre d’accès. Et là, simplement signalés par des barrières en bois, des tombes aux formes géométriques, formées par des blocs de pierre impressionnants. Ces tombes m’ont fait penser aux dolmens que l’on peut trouver dans ma région, notamment du côté de Saint-Vallier où j’ai enseigné.
Un panneau à l’entrée date ces vestiges du VIIe siècle avant Jésus-Christ. La taille de certains rochers est impressionnante, et on imagine les efforts considérables qui ont dû être fourmis pour bâtir ces tombes.

7. Le site de Vulci
Le site de Vulci est intéressant parce qu’il n’est pas seulement une nécropole. C’est une ville entière qui se trouvait là, avec ses temples, son forum, ses maisons patriciennes… Les vestiges sont cependant en assez mauvais état, et il faut une certaine dose d’imagination pour se représenter la ville telle qu’elle était dans l’Antiquité. Le parc archéologique propose deux parcours, l’un de 3 km, l’autre de 4,5 km, au milieu des ruines. La visite se termine avec la contemplation du lac Pellicone.

L’une des maisons patriciennes, nommée par les archéologues « Maison du Cryptoportique », présente un sous-sol que l’on peut visiter. Cela permet de se rendre compte de la qualité architecturale de la bâtisse, et, accessoirement, de profiter d’un peu d’ombre et de fraîcheur. C’est l’un des seuls bâtiments du site où il y a encore un plafond, les autres ne sont que des ruines, intéressantes malgré tout. J’ai apprécié la présence de sols recouverts de mosaïques.

Nous avons vu aussi un temple dédié à Mithra, divinité d’origine perse dont le culte s’est diffusé jusque là. Il en reste une belle statue (elle présente sur le site est une copie) et les bases de la structure. Le Mithraïsme occidental était une religion initiatique et secrète, dont les sanctuaires étaient souterrains. Comme dans tous les cultes à mystères, il fallait être initié pour être admis, et jurer de ne rien révéler de ce qu’il s’y passait. L’entrée était réservée aux seuls hommes, et l’initié pouvait progressivement gravir sept échelons hiérarchiques, à travers des épreuves et des cérémonies dont nous savons peu de choses, étant donné leur caractère secret. L’apogée du mithraïsme eut lieu dans les deuxième et troisième siècles après Jesus-Christ, où il se répandit essentiellement dans les classes populaires (militaires, esclaves, ouvriers, artisans), même s’il conquit aussi parfois des membres des classes supérieures. Le mithraïsme ne fut jamais religion d’État, et fut un temps en compétition avec le christianisme, avant que cette dernière religion ne l’emporte définitivement.


La promenade archéologique emprunte par moments des voies antiques, dallées de vieilles pierres. Après un passage dans les sous-bois, elle débouche sur un lac entouré de falaises, le lac Pellicone, qui fait partie intégrante du parc archéologique.




8. La nécropole de Tarquinia
Ma troisième rencontre avec le monde étrusque, sans doute la plus impressionnante, a été la nécropole de Tarquinia, également appelée nécropole de Monterozzi. Imaginez un vaste champ vallonné, recouvert de petites collines qui sont en réalité des tombes antiques. Leur entrée est protégée par une construction moderne. Ce qu’il y a à voir se trouve donc sous terre, au pied d’une volée d’escaliers, ce qui n’est pas désagréable, car cela permet de s’extraire régulièrement de la chaleur de l’été. De la surface, on ne se douterait pas qu’un trésor inestimable se cache sous le sol. Les tombes sont en effet recouvertes de fresques toutes plus richement décorées les unes que les autres. Je ne vois, comme point de comparaison, que la Vallée des Rois en Égypte. C’est dire si j’ai été impressionné par la beauté, la finesse, la diversité, les couleurs de ces fresques qui représentent des scènes de la vie quotidienne, et permettent ainsi d’imaginer la vie des Étrusques. On voit des gens qui dansent, qui jouent de la musique, qui banquettent, qui pêchent… On voit aussi des animaux, des dauphins, des lions…

Deux animaux sauvages se faisant face dans la partie supérieure, des motifs géométriques au plafond, et des scènes de la vie quotidienne sur les faces latérales… Tel est l’aspect général de la plupart des tombes. Outre ces points communs, on remarque une belle diversité de scènes et de motifs. Les personnages ont généralement la tête de profil, comme chez les Égyptiens.

La scène ci-dessus paraît représenter toute une famille, avec une personne âgée à gauche, un enfant au milieu… Il est émouvant de se dire que plus de deux millénaires nous séparent du moment où cette fresque a été peinte.



☆
J’ai été très impressionné par la découverte de cette civilisation étrusque dont je n’avais, jusqu’alors, que vaguement entendu parler. Même si les Étrusques sont moins souvent évoqués que les Grecs et les Romains, même s’ils n’ont pas cherché à conquérir le monde comme ces derniers, ils sont tout aussi dignes d’intérêt. Je ne m’attendais pas, à vrai dire, à découvrir des vestiges d’une telle importance et d’une telle beauté. Les fresques de la nécropole de Tarquinia, en particulier, sont absolument magnifiques, et tres émouvantes, puis qu’elles représentent le quotidien de ces personnes qui vécurent il y a plus de deux mille ans.



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Merci pour cette belle visite !
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Très instructive visite! Merci 😉
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MERCI pour cette visite émouvante même en image Toutes ces civilisations disparues ,si raffinées pourtant ne devraient elles pas nous faire réfléchir sur la fugacité de la nôtre ? Rien n ‘est éternel ( le cosmos peut être ?????)
Nous qui ne songeons qu ‘à détruire au nom du progrès , à effacer
que laisserons nous aux mondes futurs ?? un immense tas de gravas ??????
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Eh oui, cela donne à réfléchir !
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