Sur le papier, cela ressemble à un pari fou : mettre, pendant quelques jours, tout un village au diapason de la poésie. Pourtant, chaque année, c’est une réussite. Le petit village d’Aiglun, d’environ quatre-vingt-dix âmes, a même été comparé à une nouvelle Delphes. Cela, grâce à un couple de passionnés, Patrick Quillier et Hoda Hili.
Les organisateurs
Lui est un professeur des Universités à la retraite. Spécialiste de littérature comparée, il a à coeur de parcourir les littératures du monde, à la recherche de leur verve épique. Ayant enseigné dans plusieurs régions du monde, notamment à la Réunion, en Hongrie et au Portugal, il dialogue avec des poètes du monde entier. Depuis de nombreuses années, il aime à les réunir, l’été, dans son village d’Aiglun. Spécialiste de René Char, traducteur de Pessoa dans la Pléiade, grand admirateur de Boris Gamaleya, il cherche à montrer que la poésie épique est, non seulement bien vivante, mais extrêmement nécessaire dans les temps troublés qui sont les nôtres. Il vient de publier un deuxième volume d’une vaste épopée, le Chant des Chants, aux éditions de la Rumeur Libre.
Depuis 2018, les Rencontres de Paroles d’ Aiglun ont pris une forme plus officielle, grâce à l’engagement de la mairie, de l’association culturelle « Le Hangar », et surtout de Hoda Hili, poète et philosophe. Née en 1983, elle a animé des débats philosophiques à la Bibliothèque Louis Nucéra de Nice, avant d’enseigner la philosophie à la Haute École du Travail Social de Nice. Elle est également, comme moi, une membre active du PoëtBuro, qui organise chaque année, au mois de mars, les Journées Poët Poët. Soucieuse d’un retour à la terre, et d’incarner les deux sens du mot « culture », Hoda Hili cultive également le safran et l’olive à Aiglun. Elle a publié récemment Nuits diphoniques aux éditions Maelström, dont j’ai rendu compte sur ce blog.
Une invitée d’honneur : Claude Ber
Elle se définit volontiers comme « Pariçoise », afin d’évoquer son double attachement à la capitale française et à notre belle cité azuréenne. Agrégée de lettres, elle a longtemps enseigné dans le Secondaire et le Supérieur, avant d’exercer des fonctions nationales au Ministère de l’Éducation. Parmi ses nombreux recueils, on peut citer Épître Langue Louve, Il y a des choses que non et La mort n’est jamais comme. Claude Ber rumine une poésie éminemment authentique, viscéralement humaniste, qui maintient face aux injustices contemporaines la résistance d’un « non » salvateur. Plusieurs de ses recueils figurent en bonne place dans ma bibliothèque, et vous en trouverez la recension dans les colonnes de ce blog. J’ai rencontré pour la première fois Claude Ber à Cerisy, à l’occasion du colloque consacré à Marie-Claire Bancquart qui était l’une de ses amies. J’ai eu le plaisir de la retrouver en de nombreuses circonstances, notamment lors de rencontres organisées par « Embarquement poétique », lors du Festival Poët Poët, ou encore d’événements organisés par l’Université de Nice.
Le programme
Voici le programme de cette édition 2024 tel qu’il m’a été transmis par Hoda Hili :






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