Il ne vous aura pas échappé que l’île de Mayotte vient d’être frappée par un cataclysme sans précédent qui laisse l’île complètement dévastée. Ce blog n’a pas vocation à faire du journalisme, encore moins du sensationnalisme. D’autres que moi rendront compte de la catastrophe et de ses suites. Il s’agit bien d’un blog littéraire et poétique. Aussi ai-je voulu rendre honneur à nos amis mahorais, en rappelant que cette île, lointaine sur le globe mais proche dans nos cœurs, est riche d’une belle poésie.
Contexte

Archipel situé entre le continent africain et l’île de Madagascar, le département de Mayotte, peuplé de plus de trois cent mille habitants, a été ravagé par le cyclone Chido le 14 décembre 2024. Des vents de plus de deux cents kilomètres à l’heure ont soufflé, accompagnés de pluies torrentielles, ravageant tout sur leur passage. Il s’agit, selon les mots du premier ministre François Bayrou, de la pire catastrophe naturelle en France depuis plusieurs siècles. Les images retransmises par les médias font apparaître une île complètement dévastée. Le nombre de victimes est à ce jour impossible à estimer. Outre Mayotte, sont également touchés un archipel rattaché à l’île Maurice, des territoires du Mozambique et du Malawi, ainsi que, moins durement, des espaces situés à Madagascar et aux Comores. Aujourd’hui, lundi 23 décembre, est décrétée une journée de deuil national.
Les poètes mahorais
Le blog Littérature Portes Ouvertes tient à exprimer toute sa sympathie envers les populations si durement touchées par le cyclone. Mayotte traverse une catastrophe d’une ampleur inédite. Ce blog, dédié à la littérature et à la poésie, ne peut rester indifférent face à une telle situation, sans pour autant faire du hors-sujet par rapport à son objectif initial.
La poésie, par sa sensibilité, peut offrir une voix à ceux qui souffrent. J’ai voulu rendre hommage à Mayotte à travers ses poètes. Ils mettent en lumière la richesse d’une culture souvent méconnue. Leurs mots résonnent avec les épreuves et les espoirs de leur terre.
Mes recherches sur Internet m’ont permis d’identifier quatre poètes pour lesquels j’ai pu trouver des informations. Il s’agit de Manou Mansour, de Madi Abdou N’Tro, de Nassuf Djailani et de El Had. Tous quatre sont des hommes, et je m’en excuse par avance auprès de celles et ceux qui penseront, avec raison, qu’un peu de parité aurait été nécessaire. J’ai déjà eu du mal à trouver des informations sur ces quatre-là, et il manque de toute évidence un article de synthèse de Wikipédia sur la poésie mahoraise contemporaine.
Bien entendu, si vous détenez des informations fiables et sourçables sur d’autres poètes mahorais, je vous invite à intervenir dans les commentaires.
1. Manou Mansour
Né en 1980, Manou Mansour, rugbyman et professeur d’espagnol, a publié plusieurs ouvrages, le plus souvent aux éditions « Jets d’encre ». Dans L’auberge mahoraise, il relate son vécu d’étudiant mahorais parti étudier en métropole. Dans Odes à l’homme perverti, sous-titré Colère bouc émissaire, il s’élève contre les injustices, tout en célébrant simultanément l’île de sa naissance, Mayotte, et le pays de la liberté, la France.
Sources : Babelio ; Wikipédia ; Cultura ; Lecteurs.com
2. Madi Abdou N’Tro
Ce poète a été interviewé par le site Internet de la chaîne de télévision « La Première », rattachée à France Télévisions. Il y parle de son recueil centré sur la condition de la femme mahoraise et malgache, et plus largement de la condition des femmes dans l’Océan Indien, souvent obligées de se prostituer pour survivre, alors même que cela constitue un interdit religieux. Il parle aussi de l’ethnie BETSIMISARAKA, qui a donné son nom à son recueil.
Source : La Première – France TV info
3. Nassuf Djailani
Né en 1981, de langue maternelle kibushi (langue malgache de Mayotte), Nassuf Djailani est surtout connu comme poète, même s’il a écrit aussi des romans, des nouvelles et du théâtre. Le poète est aussi journaliste pour la télévision, la radio et la presse. Ses recueils de poèmes sont édités notamment aux éditions Komédit et aux éditions Bruno Doucey. Il dirige la revue littéraire Project-îles. Pour le site « Île en île », son recueil « Roucoulement est une invitation à plonger dans l’identité mahoraise et comorienne, et à s’interroger sur les espoirs et le destin du peuple comorien ».
Le site Babelio permet de découvrir deux citations de ce poète. J’ai choisi celle qui parle de volcans, dans la mesure où il s’agit du thème du prochain Printemps des Poètes :
Je viens du volcan
endormi
au sommet
d’une île qui tremble
Ces vers sont extraits du recueil Daïra pour la mer, paru en 2022 aux éditions Bruno Doucey.
Source : Wikipédia ; Île en île.org ; Babelio
4. Et Had et l’art de l’utende
Le journal Mayotte Hebdo a consacré en 2015 un article au poète slammeur El Had, qui fait revivre à travers le slam une tradition ancienne, celle de l’utende. Je vous laisse découvrir cet article passionnant sur les traditions orales mahoraises.
Source : Mayotte Hebdo
5. Poèmes d’instituteurs mahorais
L’INSPE de La Réunion, autrement dit l’institut de formation des enseignants de ce département, a publié sur son site Internet une petite anthologie de poèmes écrits par des instituteurs ou de futurs instituteurs, à la suite d’un atelier d’écriture fondé sur la pratique du pastiche. Tous les enseignants mahorais ont choisi d’écrire sur leur île.
Je me permets de citer ici l’un des poèmes, par Abdou Ibrahime :
Mayotte
Plage soleil ylang-ylang air pur
Grand lagon avec sa barrière corallienne circulaire
Qui ressemble à une immense digue
Que les vagues combattent
Petits îlots blancs de forme conique qui flottent
Sur les ondes tropiques
Vastes champs carrés verdoyants ombragés comme les prairies
Ile aux parfums
Abdou Ibrahime
Source : INSPE de La Réunion
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Grande question !
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