C’est un événement discret, mais de ceux qui comptent : cet automne, paraîtra aux éditions de la Coopérative une traduction inédite de L’Aventurier et la Cantatrice, une pièce du grand écrivain autrichien Hugo von Hofmannsthal. Le texte, jamais encore proposé en français, est présenté, traduit et édité par Jean-Yves Masson, professeur de littérature comparée à la Sorbonne, écrivain, traducteur et éditeur passionné par la transmission des œuvres européennes.
Mes études très franco-françaises ne m’ont guère initié à la littérature étrangère, et c’est grâce à Jean-Yves Masson que j’ai découvert la poésie de Hofmannsthal, dont il est traducteur.
Hugo von Hofmannsthal
Qui était Hugo von Hofmannsthal ? C’était l’un des écrivains les plus importants de l’Autriche de la fin du XIXe siècle et du début du XXe. Bien que peu connu du grand public en France, il a marqué la littérature germanophone par sa poésie, ses pièces de théâtre et ses collaborations avec le compositeur Richard Strauss, pour lequel il fut librettiste.
Cette nouvelle pièce s’intitule L’aventurier et la cantatrice. Pour Jean-Yves Masson, il s’agit de l’une des plus belles que Hofmannsthal ait écrites, à l’âge de 24 ans seulement. « Cette comédie vénitienne, inspirée d’un épisode des mémoires de Casanova, est une déclaration d’amour à la musique et à l’opéra », nous dit le traducteur. Voilà qui est alléchant, n’est-ce pas ?
Jean-Yves Masson, poète, chercheur, éditeur, traducteur
Ce n’est pas un hasard si Jean-Yves Masson s’est tourné vers Hofmannsthal. Lui-même poète, romancier, critique et traducteur de l’allemand (Hofmannsthal, Rilke), du latin, de l’italien (Luzi) et de l’irlandais (Yeats), il poursuit depuis plusieurs décennies, quel qu’en soit le support, une réflexion attentive aux voix de l’Europe, à ses dialogues intérieurs, à ses résonances perdues ou méconnues.
Sa pratique de la traduction, toujours précise, sensible et nourrie d’une réflexion profonde sur le texte, s’inscrit dans une conception haute de la traductologie : non comme un simple exercice de transfert linguistique, mais comme un acte d’interprétation créatrice, une forme d’hospitalité littéraire. Traduire, c’est en effet entrer dans l’intimité de l’œuvre étrangère tout en lui offrant une nouvelle respiration dans la langue d’accueil.
C’est toujours avec plaisir et intérêt que je lis les publications de Jean-Yves Masson sur les réseaux, et que je suis l’actualité de ses travaux. J’ai d’ailleurs rendu compte de plusieurs de ses ouvrages dans ce blog, et y ai également publié un entretien dans lequel il a eu des propos passionnants sur la littérature d’aujourd’hui. J’ai aussi beaucoup aimé La fée aux larmes qui est un conte magnifique.
C’est pourquoi je ne doute pas que Jean-Yves Masson mettra tous ses talents de traducteur et d’éditeur au service de l’oeuvre de Hofmannsthal, dont il est spécialiste, et ce n’est pas risquer grand-chose que de parier sur la qualité tant du contenu que de l’objet livre lui-même, à l’image des éditions de la Coopérative, qui défendent une édition artisanale, libre et rigoureuse. Cette publication à venir constituera donc une belle occasion de (re)découvrir un auteur injustement peu lu en France, et de nous évader dans la Venise de l’époque de Casanova.
En savoir plus sur Littérature Portes Ouvertes
Abonnez-vous pour recevoir les derniers articles par e-mail.