C’est un véritable joyau architectural et technique qui surplombe la ville de Nice. Visible en de nombreux points de la commune, la coupole de 24 mètres abrite l’une des plus grandes lunettes astronomiques encore en état de fonctionner du monde. Au-delà du grand observatoire lui-même, c’est un grand domaine, et plusieurs bâtiments, que nous avons pu visiter, alors que le lieu est généralement fermé au grand public.
Un lieu chargé d’Histoire
À notre arrivée à l’entrée, nous sommes accueillis par un vigile qui vérifie notre identité. Nous sommes autorisés à nous garer derrière l’imposant portail orné d’une statue. La villa du gardien, blanche et rouge, trahit déjà le caractère historique du lieu. Si l’Observatoire de Nice est toujours en activité, aujourd’hui partie intégrante de l’Université Côte d’Azur, son histoire remonte en effet au dix-neuvième siècle. À une époque marquée par le progrès scientifique et le positivisme, il fallait à la France un observatoire astronomique digne de ce nom. Aussi, quand le richissime mécène Bischoffscheim, à la tête d’une banque qui deviendrait plus tard la BNP, a proposé de financer la construction d’un observatoire à Nice, les autorités ont tout de suite accepté.

La lunette coudée
À partir du portail, il faut poursuivre en voiture pendant quelques minutes sur un chemin qui monte dans la colline au milieu des arbres. C’est dire l’immensité du domaine de l’observatoire, permettant ainsi le maintien d’une forêt sur le territoire de Nice, préservée de l’appétit des promoteurs. On nous fait garer à proximité d’une installation déjà assez imposante, la lunette coudée. L’avantage de ce coude, c’est qu’il permet de faire pivoter la lunette sans déplacer le socle sur lequel elle repose, la rendant ainsi plus maniable. De part et d’autre de la lunette, deux rails permettent de déplacer le couvercle qui protège la lunette lorsqu’elle n’est pas utilisée.



La bibliothèque
C’est par un étroit sentier pavé, dont les pierres claires étaient bien utiles aux astronomes qui se déplaçaient la nuit, que l’on accède aux autres bâtiments de l’observatoire, dont la bibliothèque, qui est un monument historique digne d’intérêt, avec ses façades ornées, ses larges fenêtres ouvertes sur l’immensité de la ville, et ses trésors d’archives.




Le grand observatoire
Le clou du spectacle est, bien évidemment, le grand observatoire, avec ses façades construites par Garnier (oui, celui de l’opéra), son immense coupole mobile de 24 mètres de diamètre construite par Eiffel (oui, celui de la tour), et sa grande lunette astronomique. Aujourd’hui, l’on utilise plutôt des télescopes que des lunettes, si bien que celle de Nice reste l’une des plus grandes au monde jamais construite (il en existe seulement quatre semblables au monde). La coupole est elle-même une prouesse technique, puisqu’elle est mobile et qu’elle reposait initialement sur de l’eau pour la rendre plus maniable (aujourd’hui, elle est actionnée par des moteurs électriques). Elle reste l’une des plus grandes coupoles mobiles du monde. Quant à la façade, avec son immense statue dorée d’apparence grecque, avec ses allures de pyramide et sa porte romaine, elle puise dans plusieurs civilisations antiques. Les deux flambeaux symbolisent la connaissance et la sagesse. C’est un monument qui impose le respect, par sa grandeur et sa beauté.










N’hésitez pas à cliquer sur les images pour les agrandir.
☆
Je suis vraiment ravi d’avoir fait cette belle visite, à la fois instructive et impressionnante. Je trouve admirable que des lieux utilitaires soient en même temps des lieux d’une grande beauté, décorés avec art. C’est quelque chose qui s’est généralement perdu. Le grand observatoire de Nice, tout en étant un lieu de découvertes scientifiques, est aussi un temple de la connaissance, avec ses colonnes, ses statues, sa coupole. Il donne au savoir, à la recherche scientifique, une dimension sacrée qui me semble importante, et qui est trop souvent perdue. Quand on visite ce lieu, on se sent non pas écrasé par la grandeur, mais élevé par la beauté. Il faudrait que nos bâtiments contemporains, eux aussi, ne soient pas uniquement fonctionnels, mais respectueux du lieu où ils se trouvent, et qu’ils y ajoutent
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