Ce sont trois poètes aux univers bien différents qui étaient réunis pour cette nouvelle soirée du Festival Poët Poët, au café culturel « Likes », en partenariat avec les « Jeudis des mots » de l’association « Embarquement poétique » portée par Marilyne Bertoncini.
Quand je suis arrivé avec Dominique Massaut, j’ai découvert un lieu que je ne connaissais pas. Le café Likes, rue Beaumont à Nice, à proximité de l’arrêt de tramway « République », semble tout petit au rez-de-chaussée, et se révèle plus grand lorsqu’on accède au sous-sol. Autour d’une scène où trône un piano derrière trois sièges, l’espace est parsemé de fauteuils, canapés et tables basses, tandis que les murs sont recouverts d’oeuvres d’arts et de bibliothèques. Un endroit très cosy, agréable et confortable pour écouter de la poésie, déniché en urgence par Marilyne Bertoncini, suite à la fermeture provisoire du café culturel Chez Pauline, où les rendez-vous de l’association « Embarquement poétique » avaient habituellement lieu, Pauline venant de donner naissance à un enfant.

Un trio de poètes
Trois poètes, donc, ont pris place sur la scène.
À gauche, Dominique Massaut, dit DomM, parrain des Journées Poët Poët 2024, que j’avais rencontré cet été à Aiglun. Né en 1959 à Liège, fils d’historiens, Dominique Massaut a étudié les sciences agronomiques avant de devenir poète, slameur, performeur, diseur et animateurs d’ateliers d’écriture. Il est souvent considéré comme un poète de l’oralité, même s’il aime préciser que, à côté de ses poèmes écrits pour être dits, il a aussi publié des poèmes plus introspectifs, faits pour être lus et médités en silence plutôt que proclamés sur scène. Poète gouailleur, il aime proférer les mots à voix haute, les réciter en les incarnant, dans un échange vivant avec le public. Il a participé à de nombreuses scènes slam. Il est notamment l’auteur de Poèmes anxiolytiques, paru dans la collection « bookleg » des éditions Maelström.
Au centre, Claude Ber, une poète que j’ai déjà présentée dans ce blog, et que j’ai rencontrée pour la première fois à Cerisy lors d’un colloque consacré à Marie-Claire Bancquart. Celle qui se nomme, à la ville, Marie-Louise Issaurat-Deslaef est la fille et la petite fille de grands acteurs de la Résistance. Et c’est quant à elle par la poésie qu’elle résiste, reprenant avec fermeté cette phrase de sa grand-mère résistante : « Il y a des choses que non », dans le recueil de ce titre. Mentionnons encore La mort n’est jamais comme, qui aborde avec force des questions essentielles.
À droite, Sophie Braganti, poète et critique d’art, a longtemps travaillé pour la revue Dada. Elle aussi est habituée à la lecture publique, à l’oralisation de la poésie, qu’elle pratique depuis 1999 dans des structures très variées, allant des bibliothèques aux EHPAD en passant par les prisons, auprès de publics de tous types et de tous âges. Outre de nombreux recueils de poésie et livres d’artistes, elle a publié également pour la jeunesse. Elle a notamment publié en 2018 un recueil intitulé Avant le lac.

Une véritable rencontre
Trois univers bien différents, donc, mais ce qui a fait la grâce de ce moment, c’est qu’ils ont presque immédiatement su s’accorder, modifiant spontanément le choix des poèmes qu’ils avaient prévu de lire afin de faire à chaque fois écho à la lecture de l’autre. Cette connexion immédiate a fait tout le sel de cette rencontre, où les mots ont été tour à tour drôles et poignants, légers et engagés, badins et sérieux, balayant le spectre des émotions, et s’interrogeant souvent sur ce qui fait l’humain.
Les trois poètes se passaient la parole à intervalles fréquents, ce qui a permis de rythmer les lectures et de maintenir l’attention du public, lequel n’a pas été avare d’applaudissements. La grande capacité d’écoute des trois poètes a permis de faire de cette lecture un véritable dialogue. Cela fait énormément de bien de voir un spectacle où l’ego ne se donne pas en spectacle, totalement dans l’esprit des Journées Poët Poët.
À l’issue de la lecture, les échanges se sont poursuivis, chacun pouvant aller à la rencontre des poètes, dialoguer avec eux, acquérir un exemplaire dédicacé de leur recueil, pendant que le pianiste et compositeur Louis Tucoulat emplissait la pièce de ses mélodies personnelles.

Les photos ont été prises par moi-même, sauf l’image d’en-tête et la dernière photo, par Marilyne Bertoncini.

En savoir plus sur Littérature Portes Ouvertes
Abonnez-vous pour recevoir les derniers articles par e-mail.
Un commentaire sur « Dominique Massaut, Claude Ber et Sophie Braganti réunis par la poésie »