La presse italienne se fait écho de l’anthologie « Fiorire l’inverno »

Fleurir l’hiver. Ce beau titre est une invitation à l’espérance. Une volonté délibérée de se concentrer davantage sur la lumière que sur l’ombre. Une façon de tenir bon dans les temps difficiles qui sont les nôtres. C’est dans ces temps-là que l’on se souvient que la poésie n’est pas là seulement pour faire joli, et qu’elle a un rôle essentiel à jouer au sein de la Cité.

Emanuela Rizzo et Luca Ariano ont donc publié aux éditions Bertoni une anthologie rassemblant de nombreux poètes, Italiens pour la plupart, mais intégrant aussi quelques voix venues d’ailleurs. La postface est signée par le critique suisse italophone Alessio Zanichelli, et l’image de couverture a été réalisée par Fabio Rizzo. Je suis très heureux d’avoir participé à ce projet. Le poème que j’ai publié parlait de mon hibiscus qui a fleuri en plein hiver.

La journaliste Manuela Bartolotti vient de consacrer un long article, qui tient en cinq colonnes, dans la « Gazette de Parme ». Elle a tenu à dire un mot sur chaque poète, si bien que je suis nommément cité, avec ma « fleur anachronique », aux côtés de tous les autres, et notamment de quelques grands noms de la poésie italienne contemporaine. Cela fait plaisir. L’article salue dans cette anthologie une « polyphonie de résilience et d’exaltation de la vie ».

« Même quand tout semble s’être figé dans la glace, quand tout paraît s’endormir sous une couche de neige et que l’existence bat au ralenti, quelque chose réveille ce battement et pousse à une floraison inattendue. »

Ces mots, par lesquels débutent l’article, résument bien le projet d’Emanuela Rizzo, qui a cherché à réunir dans ce livre collectif des parcelles d’espérance, aussi maigres fussent-elles. Fleurir l’hiver, c’est apporter de la couleur, de l’espoir, de la beauté à ce qui n’en a pas, ou plus, ou en a oublié la saveur. Fleurir l’hiver, c’est rappeler que tout n’est pas noir ou gris, et que le printemps finit toujours par poindre au terme de la saison froide. C’est une invitation à se ressaisir du genre ancien de la « reverdie », en des temps marqués par l’horreur de la pandémie, qui a très durement touché l’Italie.

C’est ainsi que la journaliste rappelle à juste titre « l’incroyable pouvoir de l’art », et sa capacité de recueillir le « précieux germe » de l’espoir, la fleur qui défie les éléments et ose s’élancer sur un sol désolé, « exactement comme le font les mots qui brisent le silence ». Les poètes, chacun à leur manière, ont su s’approprier cet idéal pour en tirer des poèmes très différents entre eux. Je renouvelle ici mes remerciements à Emanuela Rizzo et Luca Ariano pour m’avoir invité à faire partie de ce beau projet.


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