Qui sont les poètes dont on parlera aujourd’hui à Nice?

Comme vous le savez sans doute, je co-organise actuellement avec Béatrice Bonhomme un colloque universitaire chargé de mettre en lumière l’apport, l’originalité et la vitalité des Journées Poët Poët, un festival international de poésie contemporaine créé en 2006 par un groupe d’amis autour de Sabine Venaruzzo, et qui fête ses vingt ans cette année.

Une première demi-journée a eu lieu mercredi 3 décembre, qui a permis de présenter le festival, ses origines, ses différentes actions, ses coulisses. Le poète Tristan Blumel, membre du Poët Buro, est intervenu sur ce qu’est « vivre en poète ». J’ai présenté la poésie de Sabine Venaruzzo à travers un parcours dans ses deux recueils et dans ses performances. Et nous avons eu droit à un beau temps de partages poétiques.

Aujourd’hui, dès l’aube, se tiendra donc la deuxième demi-journée, dont le programme est le suivant :


Audre Lorde

Audre Lorde (1934‑1992) est une poétesse, essayiste et militante afro-américaine, dont l’œuvre explore les questions de race, de genre, de sexualité et de justice sociale. Poète engagée, elle a su allier force politique et puissance poétique. Elle s’est imposée comme une voix essentielle du féminisme noir et de la lutte contre l’oppression sous toutes ses formes. Son écriture traverse l’intime et le collectif, mêlant expériences personnelles et engagement social. En France, ses textes ont été notamment traduits par le collectif Cételle, un groupe lié au laboratoire CTELA, le Centre Transdisciplinaire d’Epistémologie de la Littérature et des Arts Vivants. Cette rencontre avec Audre Lorde en traduction a été en partie inspirée par les échanges et la curiosité poétique suscités par les Journées Poët Poët. Et c’est sur ce travail que reviendra Sandrine Montin, Maîtresse de Conférences en Littérature Comparée, qui a fait partie du groupe des traductrices.

Laurence Vielle

Laurence Vielle, née le 6 septembre 1968 à Bruxelles, est une poétesse, dramaturge, actrice et metteuse en scène belge de langue française. Fille d’un père suisse et d’une mère flamande, elle obtient une licence et une agrégation en philologie romane, puis se forme au Conservatoire royal de Bruxelles, où elle reçoit le Prix supérieur d’Art dramatique. Comédienne et auteure, elle aime dire les mots, surtout ceux des écritures contemporaines, et collabore avec de nombreux metteurs en scène pour le théâtre et la scène. Son œuvre poétique et théâtrale est multiple, allant de Silence ! (1996) à Ouf (2015), avec des expérimentations en monologue, conte ou poésie scénique. En 2016, elle devient Poète nationale de Belgique, ce qui n’est pas rien : ce titre certes honorifique permet de donner de la visibilité à un créateur, alternativement néerlandophone ou francophone. Laurence Vielle a été marraine des Journées Poët Poët, célébrant la poésie vivante et le lien entre poètes et public. Elle sera présentée aujourd’hui par Ariel Tonello, poète, membre du Poët Buro et doctorant en création littéraire.

Timotéo Sergoï

Timotéo Sergoï, de son vrai nom Stéphane Georis, est un auteur, poète et performeur belge au parcours singulier et voyageur. Après une jeunesse marquée par des rêves d’aventure et un début de vie dans le jonglage et le spectacle de rue, il parcourt l’Europe avec sa famille pour jouer dans les rues, festivals et fêtes de villages. Pendant quinze ans, il crée des spectacles de marionnettes-objets originaux et décalés, explorant la littérature, la science et le quotidien à travers des objets transformés en personnages. Depuis 2005, il se consacre également à l’écriture, publiant une vingtaine de livres : poésie, carnets de voyage, essais et aphorismes, mêlant gravure et textes imprimés. Sa démarche poétique se nourrit de la rue, de la gravure en plus d’autres inspirations littéraires. Timotéo Sergoï est intervenu lors des Journées Poët Poët 2025, où il a proposé des performances poétiques et des ateliers de création mêlant écriture et gravure. Il a participé notamment à la « randocriture » d’Aiglun, événement final des Journées, qui a réuni participants et visiteurs autour de la poésie en marche. Sa poésie, tangible et visuelle, relie l’art du texte à la vie quotidienne, avec humour, inventivité et attention à l’autre. Ses livres récents, comme Marcher loin des écrans fait de nous des oiseaux (2024), prolongent cette démarche, alliant voyages, poésie et rencontres. Il sera présenté par Julie Abécassis, doctorante en création littéraire, avant de proposer une performance libre, une véritable carte blanche poétique.

Stéphanie Lemonnier

Stéphanie Lemonnier est performeuse, metteuse en scène et pédagogue, dont les recherches explorent le théâtre physique et l’anthropologie théâtrale, notamment au sein de la Cie Lr. Elle défend avant tout le plaisir et la joie du mouvement et du verbe, qu’elle considère comme des revendications politiques essentielles à notre époque. Formée au Workcenter de Jerzy Grotowski, elle interroge le lien entre états modifiés de conscience et pratique de l’acteur-danseur-performeur. Ses voyages initiatiques en Amazonie, auprès des communautés Shuars, Quechuas et Yawanawà, ainsi que son séjour au Gabon pour le rituel Bitwi, nourrissent son écriture et ses créations scéniques. Son premier texte publié, Dans mon ventre il y a une forêt, s’inspire de ces expériences et a donné lieu à la création déambulatoire In Situ, qui tourne depuis 2019. Stéphanie Lemonnier a soutenu un Master 2 Arts de la scène, est titulaire d’un D.E Théâtre et d’un D.U d’Écriture, et donne des laboratoires de théâtre physique en France et à l’étranger. Lors de ce colloque, elle disposera d’une carte blanche poétique, offrant aux participants un moment unique où ses recherches et sa sensibilité artistique se feront pleinement entendre.

Alexandra de Beaussier

Alexandra de Beaussier fait également partie des poètes qui ont répondu à l’appel de ce colloque. Elle est intervenue lors de l’édition 2025 des Journées Poët Poët, où elle était l’habitante de la « Petite Maison de Poésie », et où elle a également présenté une exposition à Breil-sur-Roya. Alexandra de Beaussier s’inspire des Huni Kuin, une ethnie située entre le Brésil et le Pérou, et fait également référence aux transes cognitives auto-induites (TCAI), pour produire une poésie proche du haïku.

*

Cette seconde demi-journée de colloque promet donc d’être riche en découvertes et en partages poétiques. Que tous ceux qui ne pourront être physiquement présents lors du colloque se rassurent : je prévois la publication des actes de ce colloque, qui contiendront bien entendu la retranscription de toutes les conférences et interventions, mais qui sera également augmenté d’un certain nombre d’articles, afin de pleinement refléter la richesse de ces Journées, leurs particularités, et leurs très nombreux poètes invités. Parallèlement, je publierai une anthologie des poètes invités du festival, que nous sommes en train de constituer. De beaux projets en perspective !


En savoir plus sur Littérature Portes Ouvertes

Abonnez-vous pour recevoir les derniers articles par e-mail.

Un commentaire sur « Qui sont les poètes dont on parlera aujourd’hui à Nice? »

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.