Un petit événement a eu lieu dans la vie de ce blog, puisque vous êtes désormais sept cent mille personnes différentes à l’avoir fréquenté un jour ou l’autre.
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Je vous propose aujourd’hui une séquence complète d’enseignement du passé composé. J’ai voulu ici proposer un canevas qui soit le même du CE1 au CM2, facilitant ainsi le travail en cours multiple ainsi que le changement de niveau des professeurs. Après avoir souligné les difficultés propres à ce tiroir verbal et rappelé le contenu des programmes officiels, je présenterai les dix séances de cette séquence adaptable sur les cycles 2 et 3.
Continuer à lire Enseigner le passé composé à l’école« Mais l’admirable, ce qui avait déclenché cette impression de plénitude aussi intense et profonde qu’énigmatique, c’était la chaleur qui montait de ces chemins comme l’eût fait, à une autre saison, de la brume, chaleur couleur de terre elle aussi, parce qu’en quelque sorte tout était de terre en ces instants ; moins comme une caresse que comme une bonté silencieuse, sans nom ; sans visage et sans même un cœur. »
Philippe Jaccottet, « Couleur de terre »,
dans Œuvres complètes, Paris, Gallimard, 2014,
« Bibliothèque de la Pléiade », p. 1275.
Je vous présente aujourd’hui un poème de saison, puisqu’il s’intitule « Juin ». Ce poème fait partie des Poëmes antiques de Leconte de Lisle, recueil paru en 1852, la même année donc que les Fleurs du Mal de Baudelaire.
Continuer à lire « Juin » de Leconte de LisleIl y eut un jour une voix d’enfant. Le monde s’entrouvre puis se ferme comme une fleur de lotus. Les matins s’éclairent au-delà de la digue de rochers. La simplicité éclot comme une tache d’encre, comme une phrase où le sujet précéderait le verbe, suivi, sans surprise, de son complément. Le sourire innocent du monde luit dans les échos d’un matin sans brume. Les dieux des hiéroglyphes semblent apparaître, avec leurs soleils verts et leurs scarabées rouges, comme les ordonnateurs généreux de l’aurore. Déjà, les grands singes applaudissent bruyamment. Heure de joie entre toutes, célébrée en tous temps, non parce qu’elle symbolise naissance et renaissance – lieu commun éculé et rebattu –, mais parce que l’on prend conscience soudain d’un sourire discret du monde. C’est le prodige qui fit éclater le néant et advenir le monde. C’est l’énergie d’une voix d’enfant.
Gabriel Grossi.
Septembre 2007
« Amour. Sans cesse ce mot-là à la bouche. Ce mot de forme ronde. Si facile sous la plume. Attendrissant la langue, cautérisant la plaie. Une pommade. Un bonbon d’enfant — mais qui ne fond pas. Et tes phrases, pour le dire, se veulent telles des corps ou des peaux, avec leurs habits du dimanche, leurs parfums, leurs chapeaux, leurs colliers et leurs bagues. Rythme toujours, musique clinquante de bijoux faux. »
Jean-Michel Maulpoix, L’Instinct de ciel, Paris, Mercure de France, 2000,
réédité en « Poésie/Gallimard » à la suite de Une histoire de bleu, 2005, II-3, p. 178-181.
Si vous me parlez du recueil des Amours, je comprendrais que vous évoquiez le célèbre recueil de Ronsard paru en 1552. Le grand poète de la Pléiade y célébrait son amour pour Cassandre Salviati, une jeune fille que le poète, clerc tonsuré, ne pouvait que rêver. Dans la logique de la rubrique « Le poème d’à côté », je vous invite aujourd’hui à découvrir d’autres recueils du même titre.
Continuer à lire D’autres « Amours »
Internet offre aujourd’hui la chance de pouvoir feuilleter des extraits d’ouvrages. C’est ainsi que je viens de jeter un œil à un essai de Jean Pierrot intitulé Guillevic ou la sérénité gagnée, paru en 1984 aux éditions Champ Vallon. Un poème cité à la page 98 a retenu mon attention : il s’intitule « Recette » et se trouve dans le recueil Avec de Guillevic.
Continuer à lire La « recette » de Guillevic
Elle vit dans de grands ensembles grisâtres de banlieue. Lui enseigne dans une prestigieuse faculté de droit parisienne. Elle est issue d’une famille modeste. Lui a l’habitude de dîner au restaurant. Elle est d’origine maghrébine. Lui ne cache pas une certaine tendance au racisme. Tout les oppose, mais elle va devenir son étudiante. Elle est incarnée par Camélia Jordana, lui par Daniel Auteuil. Alors, bien sûr, Le Brio d’Yvan Attal est un film sur la tolérance qui défend un message antiraciste. Mais si j’avais envie d’en parler ici, c’est parce qu’il est aussi et surtout un film sur l’éloquence.
Continuer à lire Un film sur l’éloquence
Le poète français Pierre Maubé, né en 1962 en Haute-Garonne, a récemment publié sur Facebook un beau poème qu’il m’a autorisé à reproduire ici. J’aime sa simplicité et son authenticité. Et vous, qu’en pensez-vous ?
Continuer à lire Un poème de Pierre Maubé
« Cette colombe avec le peu de braise
Elle est, ciel asséché, ma brûlure
Écrite au pourtour de l’arbre puis désécrite
Afin de laisser libre
L’esprit de qui l’illusion brille au ciel »
Salah Stétié, L’autre côté brûlé du très pur,
Paris, Gallimard, nrf, p. 8.
Je viens d’apprendre via les réseaux sociaux le décès du poète Salah Stétié. Né à Beyrouth en septembre 1929, il a grandi dans une double culture arabe et française qui ne l’a jamais quitté. Son métier de diplomate comme sa pratique poétique ont fait de lui un « passeur des deux rives », pour reprendre une expression employée par Béatrice Bonhomme. Il pratique une poésie épurée, qui trouve son authenticité dans le maniement récurrent de quelques vocables élémentaires, tels « neige », « larme », « lampe », « désert », « enfant »… On peut citer, parmi ses recueils, les titres de L’autre côté brûlé du très pur, Oiseau ailé de lacs, Carnet du méditant. La revue Nu(e) a récemment fait paraître un numéro consacré à Salah Stétié.
Continuer à lire Décès du poète Salah Stétié
« Je voudrais le mot blanc d’un ciel absent qui laissât trace de demeure. Un mot qui fût le lit du jour et parvînt à la fête unanime du vent. Croisement de chances et de campagne, bourdonnement des boucles de ta tête, rosaces, rosaces en partance et applaudissement sous le pic impavide du gris de l’horizon, des mains battraient dans l’herbe parmi les arbres et la faux des grands jours, et la vertu émancipée roulerait jusques aux franges du moment. Foules prolixes et ciselées, royaume retourné, jeunesse sous l’or gris et pivot d’une aisance somptueuse, — aucun diamant n’est autre que la possession nue de l’esprit sur
le langage. »
Gabrielle Althen, Hiérarchies, Rougerie, 1988, p. 37.
Je voudrais vous présenter aujourd’hui un poème souvent présenté comme l’acte de naissance du vers libre français. Il appartient aux Illuminations d’Arthur Rimbaud, un recueil posthume où la plupart des pièces sont en prose. Dans cet ensemble, « Marine » fait partie des textes qui se distinguent par leurs fréquents allers à la ligne, lesquels interdisent de parler de prose, sans pour autant que l’on soit fondé à parler de vers au sens traditionnel de ce terme.
Continuer à lire Arthur Rimbaud : « Marine »
Je voudrais commenter aujourd’hui un poème qui m’est cher. C’est l’un des plus beaux textes de À la lumière d’hiver, un recueil publié en 1994 par Philippe Jaccottet chez Gallimard, dont un extrait se retrouve d’ailleurs cité à la fin des Pas sur la neige de Jean-Michel Maulpoix.
Continuer à lire Jaccottet : « Que descende la neige »Prière marine
À travers des chemins nuptiaux d’orangers,
Je suis venue à toi, mer Méditerranée,
Et me voici debout, face à face, étonnée
D’ouvrir sur ta splendeur mes regards étrangers.
Je voudrais aujourd’hui commenter un extrait de poème de Jean-Michel Maulpoix, qui ma séduit par son calme et sa sérénité. Vous le trouverez dans la dernière section du recueil Chutes de pluie fine, paru en 2002 aux éditions du Mercure de France. Il s’intitule « Apprentissage de la lenteur ».
Continuer à lire « Apprentissage de la lenteur » de Jean-Michel Maulpoix
J’ai retrouvé parmi mes écrits ce texte descriptif qui ne m’a pas déplu. Pour la petite histoire, je l’avais écrit en novembre 2008, dans le cadre d’un atelier d’écriture. Le thème lancé au groupe était celui des enchères.
Continuer à lire Enchères (texte personnel)
« […] les mots résistaient
fixes phosphènes
du temps d’un geste
la couleur n’avait pas envahi l’image
l’image n’avait pas submergé la couleur […]
Jean-Pierre Boyer, Vue générale (détail), Le Revest-les-Eaux, Spectres familiers, 1986.
(Ouvrage non paginé.)
Un petit événement vient de se produire dans la vie de ce blog. Celui-ci vient de franchir le million de vues. Jamais je ne ne me serais imaginé atteindre une telle fréquentation. C’est le signe que ce blog trouve son public, ce qui ne saurait me faire plus plaisir, d’autant plus qu’un tel succès n’avait rien d’évident, s’agissant de sujets aussi peu populaires que la poésie, la littérature contemporaine, la linguistique et la pédagogie. Aussi voulais-je partager un peu ma joie avec vous.
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