Passionné de lecture et de poésie, je m'intéresse particulièrement à la poésie contemporaine, à laquelle j'ai consacré ma thèse de doctorat. J'essaie par mon blog "Littérature portes ouvertes" de mieux faire connaître la littérature sous toutes ses formes, comme domaine de recherche et source de plaisir. Depuis le confinement, dans un souci d'entraide entre enseignants, je partage également mes ressources pédagogiques. Je m'intéresse également à l'histoire, à la philosophie, aux humanités au sens large. Et je vous propose également de découvrir mes propres poèmes.
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Cela fait deux ans que j’ai un groupe de CE1 dans ma classe. Ces deux années ont été l’occasion d’une réflexion — toujours en cours — sur l’enseignement du français dans cette classe d’âge. Voici comment je m’y suis pris cette année en étude de la langue.
Né en 1907 et mort en 1988, René Char fait partie — avec Ponge, Aragon, Perse et Michaux, notamment — des poètes qui ont traversé tout le vingtième siècle. Après des débuts dans le sillage du surréalisme, il participe activement à la Résistance, dont il témoignera dans Feuillets d’Hypnos. Le poème « Allégeance » clôt La Fontaine narrative(1948), recueil intégré à Fureur et Mystère.
À environ un mois des épreuves écrites du baccalauréat, je voudrais revenir aujourd’hui sur un sujet qui est « tombé » (comme on dit) en 2015. Non pour en proposer un corrigé : il en existe déjà bien d’autres. Mais pour insister sur la méthode, tout en fournissant des éléments de réflexion utiles. Ce sera également l’occasion d’une promenade dans la poésie qui devrait intéresser bien au-delà du cercle des élèves et étudiants.
« Cette fois, je t’ai vu totalement et pour toujours, j’ai vu ton âme en plein, et dans ce regard nous avons tout échangé, tu étais là dans l’intemporel, tu avais traversé le temps et tu me revenais de si loin que je t’ai reconnu, et j’ai pris ta main, désormais nous avions dépassé le temps, dans ton regard j’ai tout traversé, j’ai pris ta main, c’était devant le même lycée, vingt ans après, tu étais le même, dans l’absolu, et notre amour, notre pauvre amour, ce grand amour avait gagné. »
En ce 8 mai, il est bon de se souvenir que, il y a 74 ans, prenait fin la Deuxième Guerre mondiale. Un conflit inédit tant par son ampleur, par son bilan meurtrier, que par le degré d’inhumanité qu’il a engendré : inutile de revenir sur ces détails morbides et bien connus. Mais si cette guerre a indubitablement changé la face du monde, elle a aussi profondément transformé la littérature.
Les poètes sont-ils maudits ? Sont-ils voués, depuis Platon, à demeurer des sortes de parias de la société ? Sont-ils des fainéants, des inutiles, des bons à rien ? Des cigales qui ne savent que chanter ? De tels clichés ont la vie dure… Et Daniel Biga, dans « Le poète ne cotise pas à la sécurité sociale », retourne le stigmate, assumant pleinement cette image pour en faire une force.
Selon le journal en ligne Slate, la langue française serait monocorde et sans musicalité. Je comprends bien le propos de l’auteur, qui n’a pas forcément tort lorsqu’il remarque que le français est une langue moins accentuée, ou encore que la diction dominante gomme les beautés de certaines prononciations régionales. Cependant, il me semble que je dois défendre ici la musique du français.
C’est un film déjà relativement ancien, puisqu’il date de 1982. Et pourtant, il n’a pas pris une ride. Dark Crystal, de Jim Henson et Frank Oz, est un film de marionnettes. Et pourtant, ce n’est pas un film comique. Sa grande originalité tient à la création d’un univers complet, théâtre d’une magnifique épopée.
Très connus sont les propos de Rimbaud condamnant la « vieillerie poétique » et jugeant ses prédécesseurs « bien fadasses », seul Baudelaire trouvant grâce à ses yeux. Pour lui, c’est certain, « les inventions d’inconnu réclament des formes nouvelles ». Depuis lors, nombreux furent les poètes qui tentèrent d’apporter un souffle nouveau à la poésie, voire à s’opposer farouchement aux traditions. La rébellion contre l’héritage des poètes précédents est-elle indispensable à la création poétique ?
Questionnant une touffe de violettes découverte en déplaçant du bois. C’est comme si un homme très voûté lisait un livre à même le sol. Les apparitions. C’est de cela que se nourrit la poésie : des prémices. Grâce à elle, il y a moins de répétitions, bien qu’elle dise toujours à peu près la même chose.
Philippe Jaccottet, « Notes », Le Nouveau Recueil, n°50, mars-juin 1999, p. 66.
C’est une rue assez large, une avenue devrait-on dire, qui disparaît presque entièrement derrière les mouvements de la foule, dense mais non compacte puisqu’on ne décèle aucune cohérence dans les mouvements disparates des individus. Une voiture est arrêtée par la traversée d’un âne chargé de sacs blancs. Les injures répondent aux coups de klaxon.
Desnos et Youki, By Menerbes (Archives Desnos) [Public domain], via Wikimedia Commons)
[…] Poème, je ne vous demande pas l’aumône, Je vous la fais. Poème, je ne vous demande pas l’heure qu’il est, Je vous la donne.
Poème, je ne vous demande pas si vous allez bien, Cela se devine. Poème, poème, je vous demande un peu… Je vous demande un peu d’or pour être heureux avec celle que j’aime.
En cette saison déjà chaude dès lors que le soleil se veut bien montrer, vous recevrez probablement des messages de vos amis qui vous proposeront des balades au bord de mer ou en forêt. Un terme à ne pas confondre avec celui, musical et poétique, de ballade, avec deux L. Enquête sur un homophone.
Il y a quelques jours, bien en évidence sur une étagère, ce livre semblait me tendre les bras. J’ai été attiré par son titre et son auteur, s’agissant d’un ouvrage que mon prof de philo, il y a quelques années, m’avait recommandé. Siddhartha est l’un des romans les plus connus de l’écrivain allemand Hermann Hesse. Il raconte comment un jeune Indien est finalement devenu un Bouddha. Alors, bien qu’il s’agissait d’une traduction italienne, je l’ai emprunté.
Le dix-neuvième siècle poétique est loin de se résumer à Hugo, Baudelaire, Rimbaud, Verlaine et Mallarmé. Au-delà de ce « top 5 », il est une foule de poètes tombés dans le domaine public, que l’on peut lire sans débourser le moindre centime. Je vous propose aujourd’hui de lire un sonnet de Tristan Corbière, qui est en même temps une leçon sur la poésie.
Comme l’indicatif ou le subjonctif, l’infinitif est un mode du verbe. Mais contrairement à eux, il n’admet pas de variation en personne, ni même en temps. Selon la « chronogenèse » de Gustave Guillaume, l’infinitif est un temps in posse, un temps en puissance, pas encore réalisé, par opposition à l’indicatif qui est pleinement ancré dans le temps, et qui est donc un temps in esse. Sorte d’intermédiaire entre le nom et le verbe, l’infinitif a des caractéristiques qui rappellent ces deux catégories. Voici tout ce qu’il faut savoir, ou presque, sur l’infinitif.
Pour peu que vous suiviez un tant soi peu les journaux d’information, vous savez que nous nous apprêtons à élire, le mois prochain, de nouveaux députés européens. Je profite de cette actualité pour vous proposer, dans les semaines qui suivent, des articles traitant de grands poètes européens. Commençons aujourd’hui avec une grande figure de la littérature italienne : Dante.
À Saint-Jean-Cap-Ferrat, il y a certes des plages ensoleillées, mais il y a aussi des monstres marins. Rassurez-vous cependant, ces derniers ne hantent pas les profondeurs de la mer : ils sont sagement exposés à la médiathèque municipale, pour le plus grand bonheur des petits et des grands. De quoi revisiter quelques-unes des plus célèbres légendes sur la mer et l’océan.
L’aube rosissait à l’est de ma solitude.
Je contemplais la mer. Comme à son habitude,
Elle me parla de récifs et d’îles lointaines,
De galions dorés aux vaillants capitaines,
De pirates cinglant vers des trésors cachés,
De pêcheurs de perles plongeant sous les rochers.
Sa robe ourlée d’écume aux maints reflets changeants
Ondoyait sous la tendre caresse du vent.
Il ébouriffait sa chevelure d’embruns
Et m’en apportait les exotiques parfums.
Soudain, pris de terreur, je me cachai les yeux !
Car je vis dans l’hypnotique miroitement,
Des épaves éventrées, pleines d’ossements :
Des squelettes, sur ce terrifiant cimetière,
Voulaient m’entraîner vers quelque abyssal mystère.
Gabriel GROSSI, « Miroir »,
in Paroles de Mer,
Concours Académique d’Écritures Poétiques,
Collège les Bréguières (Cagnes-sur-Mer), 3e prix, 1998.
La journée de samedi dernier, 23 mars 2019, a été riche en manifestations poétiques. En effet, après un après-midi marqué par la lecture-performance de Charles Pennequin à la bibliothèque Nucéra, la journée s’est terminée en beauté avec l’intervention de Jacques Bonnaffé, accompagné par le saxophoniste François Corneloup, à la cinémathèque de Nice.