Henri Meschonnic (1932-2009) est un poète, linguiste et traducteur français, et ces trois activités sont unifiées par la notion, centrale pour lui, de rythme, qui se retrouve tant dans ses poèmes, dans sa réflexion théorique et dans ses traductions.
Henri Meschonnic (1932-2009) est un poète, linguiste et traducteur français, et ces trois activités sont unifiées par la notion, centrale pour lui, de rythme, qui se retrouve tant dans ses poèmes, dans sa réflexion théorique et dans ses traductions.
C’est un événement à ne pas manquer : les 19 et 20 septembre, auront lieu les Journées du Patrimoine. De très nombreux monuments et musées seront alors accessibles au public. Cette initiative est née en France en 1984, et a été suivie ensuite par de nombreux autres pays.
« L’étoile a pleuré rose au cœur de tes oreilles,
L’infini roulé blanc de ta nuque à tes reins,
La mer a perlé rousse à tes mammes vermeilles,
Et l’Homme saigné noir à ton flanc souverain. »
Arthur Rimbaud, Poésies 1870-1871,
dans Poésies, Une Saison en enfer, Illuminations,
Paris, Gallimard, coll. « folio classique », p. 114.
« Écrire de la poésie consiste moins à accomplir séparément de beaux poèmes clos sur eux-mêmes qu’à relancer dans le langage le processus qui conduit du leurre à la clarté. »
Jean-Michel Maulpoix, dans « Yves Bonnefoy : l’image et la voix »
Le poète Jean-Michel Maulpoix a récemment mis en ligne, sur son blog, un texte en prose intitulé « Diapositives ». Je vous invite à découvrir ce poème, et cette « liturgie visuelle à usage intime » qu’est pour lui la projection de diapositives…
On ne présente plus Arthur Rimbaud, jeune poète ardennais devenu avec le temps un véritable mythe, génie précoce et adolescent provocateur. L’un de ses plus célèbres poèmes est le Dormeur du val, où le « soldat » étendu au sol a « deux trous rouges au côté droit ». Tournons donc la page, pour lire le poème suivant, beaucoup moins célèbre…
Je vous citais récemment la « Chanson d’automne » de Verlaine, qui est l’un de ses plus célèbres poèmes. Profitons-en pour découvrir aujourd’hui le poème d’à côté, c’est à dire « l’heure du Berger »…
« Les mots parfois se précipitent.
La page bleuit, s’étale, se déplie, s’allonge, bientôt plus vaste que la mer. Elle se lève et forcit. Elle prend vers le ciel son essor. On voudrait croire alors qu’elle n’est plus ce vain chemin d’encre qui se hasarde vers nulle part, mais le cœur retrouvé de l’amour. »
Jean-Michel Maulpoix, Une histoire de bleu (1992, rééd. 2005),
Paris, Gallimard, coll. « Poésie », III-7, p. 61.
Je vous recommande un article intéressant paru dans le journal en ligne Rue89, intitulé « Je dois autant aux réseaux sociaux qu’à Balzac et Flaubert ».
Et vous, pensez-vous qu’Internet a changé quelque chose à la pratique des écrivains ? N’hésitez pas à réagir dans les commentaires !
L’info vient du site L’Obs : l’écrivain et photographe Denis Roche est décédé le 2 septembre 2015. Il affirmait, de façon un peu provocatrice, que « la poésie est inadmissible, d’ailleurs elle n’existe pas ».
Rubrique « Le poème d’à côté »

C’est aujourd’hui avec Charles Baudelaire que je m’apprête à inaugurer une nouvelle catégorie d’articles que j’intitulerai « le poème d’à côté ». Le principe est simple : il y a des poèmes très connus, présents dans presque toutes les grandes anthologies, fréquemment étudiés à l’école. Eh bien, je vous présenterai le poème d’à côté, c’est-à-dire le poème qui le suit ou le précède dans le recueil publié par le poète.
Continuer à lire « Les aveugles » de Charles Baudelaire« La poésie est beaucoup plus vaste que la poésie. »
Michel Deguy, Donnant Donnant, Poèmes 1960-1980,
Paris, Gallimard, coll. « Poésie », 2006, p. 8.
La rentrée littéraire, c’est cette période où les éditeurs font paraître un grand nombre de nouveautés. Ce phénomène est plutôt ancien : d’après un article du Monde, citant un propos de Bertrand Legendre, l’expression serait apparue, entre guillemets, en 1936. Et si l’on en croit le Huffington Post, qui se réfère lui-même à Renan, le phénomène daterait de la fin du XIXe siècle.
Connaissez-vous le blog « Moulins à Paroles » ? C’est en parcourant la « newsletter » du site Poezibao consacré à la poésie contemporaine, dont je vous ai déjà parlé, que je l’ai découvert, et j’ai pensé que cela pourrait vous intéresser. S’il porte essentiellement sur l’apprentissage de la lecture par la poésie en milieu scolaire, on trouve également des articles intéressants sur de grands poètes comme Baudelaire, ou des extraits de poèmes contemporains. Vous le trouverez à l’adresse suivante : http://touslesmap.org/.
Qu’en pensez-vous ?
Le saviez-vous ? Si, dans l’enseignement primaire et secondaire, on parle des « temps » de l’indicatif (ou du subjonctif), les grammairiens, eux, préfèrent parler de « tiroir verbal ». Il y a une raison à cela. C’est que le présent, le futur, l’imparfait ou encore le passé antérieur ne servent pas seulement à du repérage temporel. On pourrait même dire qu’ils servent rarement à cela.
Continuer à lire Pourquoi les grammairiens parlent-ils de « tiroir verbal » ?
« Je ne suis plus qu’herbes dans pré
sans mémoire ni science
où glisse l’être, heureux à peine
d’errer, d’écrire un rêve. »
Marie-Claire Bancquart, La paix saignée, précédé de Contrées du corps natal,
Obsidiane, 2004, p.111.
Continuer à lire Ne confondez plus « empreint » et « emprunt »
En ce jour grisonnant, j’ai eu envie de partager avec vous quelques remarques à propos d’un très célèbre poème de Paul Verlaine. Le poète pouvait-il se douter que sa « Chanson d’automne » connaîtrait le succès que l’on sait, chantée par Brassens, Trenet et Ferré ? Ce poème, extrait des Poëmes saturniens, inscrit dans une série de « paysages tristes », possède des qualités qui justifient pleinement ce succès.
Vous avez été nombreux, la semaine dernière, à participer au « Quizz de l’été » proposé sur ce blog. Celui-ci est toujours en ligne ici, et, avant de poursuivre votre lecture, sachez que vous pouvez toujours y jouer avant de regarder les solutions. Merci à tous ceux qui ont joué !
« Et peut-être la vie d’un homme n’est-elle somme toute que cela : une succession mal définie de naissances et de trépas imaginaires. On se plaît à la concevoir unique et continue, semblable à un fleuve qui s’écoule de sa source vers son embouchure, on lui prête une orientation et un destin, on la dit glorieuse ou maudite, quand elle n’est, en définitive, qu’un tas de papiers froissés, couverts de ratures et de taches. »
Jean-Michel Maulpoix, L’Écrivain imaginaire,
Paris, Mercure de France, 1996, I-1, p. 11-12.