Archives pour la catégorie Littérature par siècles

Pourquoi lire Clément Marot en 2025 ?

Si l’on vous demande de citer un poète du XVIe siècle, peut-être vous viendra-t-il plus facilement les noms de Ronsard et de Du Bellay que celui de Marot. Pourtant, ce dernier est aussi un important poète. Né en 1496 et mort en 1544, il appartient à la première moitié du siècle. Son principal recueil, L’Adolescence clémentine, a été placé au programme de l’agrégation de lettres modernes en 2019.

[Article mis à jour en juin 2025]

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L’ardeur ronsardienne

Comme vous le savez peut-être, le thème du « Printemps des Poètes » dans son édition 2018 sera l’ardeur. Le site officiel de la manifestation propose une anthologie de poèmes sur ce thème, essentiellement puisés dans la poésie contemporaine. Je voudrais ici vous proposer un petit voyage au XVIe siècle, afin de vous faire découvrir quelques sonnets de Pierre de Ronsard, qui me semblent illustrer cette thématique.

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« La Belle et la Bête » à l’école

L’été dernier, je me suis intéressé à plusieurs versions différentes du conte de La Belle et la Bête, depuis l’héritage antique d’Apulée jusqu’aux versions cinématographiques les plus récentes, en passant bien sûr par la célèbre version de Jeanne-Marie Leprince de Beaumont. Cela m’a donné l’idée de faire lire et étudier ce conte à mes élèves. En outre, j’allais apprendre quelque temps plus tard qu’en inscrivant ma classe au projet « École et cinéma », nous aurions à travailler autour du film de Jean Cocteau avec Jean Marais, ce qui fournit une raison de plus de nous intéresser à ce conte. Voici, donc, comment j’ai commencé à aborder cet ouvrage avec mes élèves…

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Paul Verlaine — L’enterrement

En ce premier jour de novembre, où nous fêtons la Toussaint, l’ironie de Verlaine nous fera peut-être du bien. Voici donc le poème intitulé « L’enterrement », souvent présenté à tort comme faisant partie des Poèmes saturniens.

« Je ne sais rien de gai comme un enterrement !
Le fossoyeur qui chante et sa pioche qui brille,
La cloche, au loin, dans l’air, lançant son svelte trille,
Le prêtre en blanc surplis, qui prie allègrement,

L’enfant de chœur avec sa voix fraîche de fille,
Et quand, au fond du trou, bien chaud, douillettement,
S’installe le cercueil, le mol éboulement
De la terre, édredon du défunt, heureux drille,

Tout cela me paraît charmant, en vérité !
Et puis, tout rondelets, sous leur frac écourté,
Les croque-morts au nez rougi par les pourboires,

Et puis les beaux discours concis, mais pleins de sens,
Et puis, cœurs élargis, fronts où flotte une gloire,
Les héritiers resplendissants ! »

Pourquoi j’aime la poésie de Jaccottet

Certains poètes nous touchent plus que d’autres. Cette sensation, dans un premier temps, ne s’explique pas : elle s’impose à nous. Parmi les poètes contemporains, Philippe Jaccottet est l’un de ceux que j’ai eu le plus de plaisir à lire, à étudier, à enseigner. Voici pourquoi.

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Voltaire et les catastrophes naturelles

Ces jours-ci, les catastrophes naturelles ont fait la Une de l’actualité : plusieurs ouragans ont successivement déferlé sur les Antilles, tandis que le Mexique subissait un important séisme. Face à de telles situations, on peut aisément se sentir indigné face à l’injustice d’un tel sort, qui tue, blesse et ruine aveuglément des dizaines de personnes. Voltaire ne ressentit pas autre chose lorsqu’advint ce qu’il appela le « désastre de Lisbonne ».

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Connaissez-vous André Chénier ?

On entend parfois que le dix-huitième siècle était celui des philosophes et des penseurs, non celui des poètes. Certes, les poètes du Siècle des Lumières sont moins enseignés que les grandes voix modernes du siècle suivant. Il y a pourtant eu des poètes au dix-huitième siècle : Wikipédia en recense 189, ce qui est certes beaucoup moins que les 630 poètes du XIXe ou les 1350 poètes du XXe siècle. Qui connaît Jean-François Ducis, Nicolas Gilbert, ou encore Jean-Pierre Claris de Florian ? Deux noms surnagent cependant : celui de Fabre d’Églantine, surtout connu pour avoir trouvé des noms poétiques aux jours et aux mois du calendrier révolutionnaire, et celui d’André Chénier. C’est de ce dernier dont je voudrais vous parler aujourd’hui.

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Connaissez-vous Fabre d’Eglantine ?

C’est un fait : le dix-huitième siècle est davantage réputé pour ses philosophes et ses penseurs que pour ses poètes. Le siècle des Lumières a pourtant eu ses poètes. Aujourd’hui, je vous présente un poème de Fabre d’Églantine, surtout connu pour avoir été l’inventeur du calendrier républicain.

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Le chant du bouc

Athènes, bien longtemps avant Jésus-Christ. Une foule compacte se presse sur d’imposants gradins. C’est une curieuse scène que contemple le public, quoique ce dernier ne paraisse pas étonné outre mesure : la voici en effet peuplée de bien étranges créatures. Jugez plutôt : en dessous de leur visage et de leur buste d’apparence humaine, apparaissent des pattes de bouc velues ! Les acteurs, ainsi déguisés, représentent des satyres. Ce chœur interprète un dithyrambe, en l’honneur de Dionysos.

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Le théâtre, avant, c’était comment ?

Projecteurs surpuissants, rideaux électriques, microphones, haut-parleurs, décors… Le théâtre d’aujourd’hui bénéficie de moyens techniques importants. Aussi importe-t-il, lorsqu’on songe à des pièces plus anciennes comme celles de Molière ou de Racine, de se souvenir que, lorsqu’elles ont été jouées pour la première fois, au XVIIe siècle, ce n’était pas vraiment dans les conditions d’aujourd’hui. Alors, le théâtre, avant, c’était comment ?

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Lire l’Éducation sentimentale

Je n’ai pas réussi à dépasser les premières pages de Madame Bovary. La raison tient moins à l’œuvre de Flaubert elle-même qu’au fait que j’en avais trop entendu parler avant d’en entamer la lecture. Je n’arrivais pas à me passionner pour les malheurs du jeune Charles, simplement parce que je savais déjà, dans les grandes lignes, ce qui allait arriver. Je connaissais le nom des personnages avant qu’ils fissent leur première apparition. J’avais déjà lu la fameuse scène des comices. Bref, ma curiosité était déjà largement émoussée. En revanche, j’ai adoré L’Éducation sentimentale, et c’est de ce chef d’œuvre flaubertien que je voudrais vous entretenir aujourd’hui.

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Ronsard ou l’amour en sonnets

Si vous avez déjà essayé d’adresser à l’élu(e) de votre cœur quelques vers destinés à séduire cette personne, vous savez que la chose n’est pas simple. Prenez ainsi toute la mesure du talent de Ronsard, qui a écrit des centaines de sonnets, tous centrés sur les amours de sa vie.

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Un sonnet phonétique

Des sonnets, il en existe de toutes les sortes. Et pour cause ! Cette forme a été la favorite des Ronsard, des Du Bellay, mais a été aussi pratiquée par les grands poètes modernes comme Baudelaire ou Rimbaud. Au XIXe puis au XXe siècle, on a cherché à jouer avec cette forme, jusqu’à obtenir des résultats qui ne ressemblent plus guère à la forme fixe traditionnelle. Aujourd’hui, je vous propose un « sonnet phonétique ».

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Le poème d’à côté : Du Bellay

S’il est un poème très connu de Du Bellay, c’est sans doute, dans les Regrets, celui qui commence par « Heureux qui, comme Ulysse, a fait un beau voyage ». Sachant, bien entendu, que le poète de la Renaissance fait référence ici au périple de l’Odyssée. Ce poème a été plusieurs fois mis en musique, notamment par Brassens lui-même, mais aussi, plus récemment, par Ridan…

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Un poème contemporain : les Gestes de la neige de Béatrice Bonhomme

Poète et professeur de littérature à Nice, Béatrice Bonhomme est l’auteur de nombreux recueils poétiques. Celui dont je voudrais vous parler aujourd’hui s’intitule Les Gestes de la neige, publié en 1998 aux éditions L’Amourier, sises à Coaraze.

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Petit voyage littéraire et linguistique dans le temps

« Mon sceau flamboie », « Ça puire » : une bonne partie des répliques cultes du film Les Visiteurs joue sur le fait que le français, tel qu’il était parlé au Moyen Âge, ne ressemble pas vraiment à celui qui est parlé de nos jours.

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Le théâtre français du XVIIe siècle ne se résume pas à Racine, Corneille et Molière

Sur le podium des dramaturges français du XVIIe siècle les plus lus et les plus enseignés, on retrouve assurément Racine, Corneille et Molière, dont le génie n’est plus à démontrer. Mais au-delà de ces trois figures emblématiques, il existe une foule d’auteurs moins connus.

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Fénelon, lecteur critique de son époque

Il ne se passe pas une saison sans qu’elle ne soit accompagnée d’un flot de nouveautés, que l’on parle de mode vestimentaire, de stars télévisuelles, d’applications téléphoniques, ou que sais-je encore. Il semble donc que nous pourrions faire nôtre cette citation, que je vous proposais il y a quelques jours :

« […] ce sont tous les jours de nouvelles nécessités qu’on invente, et on ne peut plus se passer des choses qu’on ne connaissait point trente ans auparavant. »

Il est temps de vous livrer la solution de ce petit jeu ! Contrairement à ce à quoi l’on pourrait s’attendre, un tel propos est loin d’être récent, puisque cette phrase est extraite des Aventures de Télémaque, de Fénelon, de son nom complet François de Salignac de La Mothe-Fénelon, parues en 1699…

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Butor et Maccheroni : regards croisés

« Maccheroni et Butor, œuvres croisées, à travers le thème de la ville », conférence de Béatrice Bonhomme

C’est dans le cadre d’une exposition de photographies d’Henri Maccheroni, organisée par la Bibliothèque Universitaire, que Béatrice Bonhomme, professeur de littérature française du XXe siècle et poète, a prononcé, jeudi dernier, une conférence s’intéressant au thème de la ville chez l’écrivain Michel Butor et le plasticien Henri Maccheroni.

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