« Tu as suivi
la danse du Nuage
Et tu te laisses
déposer
sur le rocher
d’où tu perçois
le chant des sources » […]
Enza Palamara, Ce que dit le nuage, Poesis, 2020, p. 127.
« Tu as suivi
la danse du Nuage
Et tu te laisses
déposer
sur le rocher
d’où tu perçois
le chant des sources » […]
Enza Palamara, Ce que dit le nuage, Poesis, 2020, p. 127.
« Prends la première rue
Profite de ce linge bleu qui tombe
L’heure ne coule pas encore
Vers la moisson sombre
Des arbres dévêtus »
Philippe Leuckx, Doigts tachés d’ombre, éditions du Cygne, 2020, p. 7.
Je viens de recevoir un courrier me demandant quelques éclaircissements sur le « Chant des naufragés », poème de Jean-Michel Maulpoix publié dans le petit recueil intitulé Dans l’interstice, paru aux éditions Fata Morgana en 1991. Nous sommes donc juste un an avant la publication de Une histoire de bleu, le recueil le plus connu du poète, et cette précision n’est pas sans intérêt, puisque ce « Chant des naufragés » rassemble plusieurs des lignes directrices de ce grand recueil. De là à y voir un poème préparatoire d’Une histoire de bleu, il n’y a qu’un pas qu’il ne faut pas nécessairement franchir, dans la mesure où cet angle de vue empêche peut-être de saisir les qualités propres du poème.
Continuer à lire Le « chant des naufragés » de Jean-Michel Maulpoix
C’est un ouvrage singulier que Vie du poème, et la façon la plus simple dont on puisse le définir, c’est de dire qu’il s’agit d’un écrit réflexif sur la poésie. Pourquoi cette périphrase? Parce que ce livre n’a pas vraiment le ton d’un traité, qu’il ne se présente pas non plus comme un manuel à l’usage des jeunes poètes, qu’il n’est pas davantage une autobiographie, tout en tenant un peu de ces trois genres. Il ne prétend sans doute pas détenir la vérité absolue, et pourtant il livre bien un message, et porte une représentation de ce que sont un poème, et la poésie.
Continuer à lire « Vie du poème » de Pierre Vinclair
Par ses livres de poésie, par ses traductions mais aussi par son rôle actif pour faire vivre la poésie contemporaine, notamment sur la Toile, Marilyne Bertoncini, née en 1952, est une voix importante de la poésie d’aujourd’hui. J’ai récemment parlé de son beau livre qu’est La Noyée d’Onagawa. Elle a gentiment accepté de répondre à mes questions.
Continuer à lire Questions à Marilyne Bertoncini
J’ai lu ce petit livre (51 pages) d’une traite ce matin, et c’est l’une de ces lectures qui ne laissent pas indemne. Il fallait un poème pour dire le tsunami de Fukushima, et c’est paradoxalement une poète française, qui ne de trouvait pas même sur les lieux au moment de la catastrophe, qui l’a écrit.
Continuer à lire « La noyée d’Onagawa » de Marilyne Bertoncini
« Le veilleur a disparu
Un matin posé sur le drap
Le visage glacé
Les mains jointes
Il nous a laissé la lumière et le silence. »
Béatrice Bonhomme, Les Boxeurs de l’absurde,
Fourmagnac, L’Étoile des Limites, 2019, p. 139.

Né en 1921 à Montpellier, le poète Frédéric-Jacques Temple aurait eu cent ans cette année, s’il ne nous avait quittés l’an dernier. Il laisse une œuvre considérable, avec des publications qui vont des années quarante jusqu’en 2020. Ses livres de poésie, ses romans, ses essais, ses traductions ont intéressé la critique littéraire et universitaire, avec notamment un colloque organisé par l’Université de Nice en 2007, et une décade de Cerisy en 2015. L’Université Paul Valéry (Montpellier III) lui a rendu hommage à travers une journée d’étude.
Continuer à lire Les cent ans de Frédéric-Jacques Temple
C’est une belle illustration de Rémy Demestre et inspirée de Kandinsky qui occupe la couverture du cent-quatre-vingt-quatrième numéro de la revue Florilège, paru en ce mois de septembre 2021. Feuilletons ensemble ce numéro.
Continuer à lire J’ai reçu : Florilège n°184

Le blog La viduité vient de publier un compte-rendu d’un livre intéressant. Il s’agit d’un ouvrage collectif, intitulé Lettres aux jeunes poétesses, qui rassemble des textes de Chloé Delaume, Sonia Chiambretto, Rébecca Chaillon, Adel Tincelin, Rim Battal, Liliane Giraudon, Ryoko Sekiguchi, Nathalie Quintane, Milady Renoir, Sophie G Lucas, Marina Skalova, Lisette Lombé, Édith Azam, Ouenessa Younsi, Sandra Moussempès, Michèle Métail, RER Q. Je vous invite donc à découvrir cet article.
Continuer à lire Reblogué : « Lettres aux jeunes poétesses »
Michèle Finck est une poète et universitaire reconnue, qui explore, dans ses poèmes comme dans ses travaux critiques, les rapports et les liens de la poésie et de la musique. Puis, un beau jour, elle rencontre « Shéhé ». Une rencontre bouleversante, à l’origine du livre Poésie Schéhé Résistance, paru en 2019 aux éditions du Ballet Royal.
Continuer à lire Quand Michèle rencontre Shéhé
« Un oiseau chante sur un fil
Cette vie simple, à fleur de terre.
Notre enfer s’en réjouit.
Puis le vent commence à souffrir
Et les étoiles s’en avisent.
Ô folles, de parcourir
Tant de fatalité profonde ! »
René Char, « Un oiseau », Fureur et Mystère,
dans Œuvres complètes, Pléiade, p. 238.
Le mois de septembre voit la publication de plusieurs centaines d’ouvrages. Cette année, la presse mentionne le nombre de 521 romans. Le problème, c’est que la plus grande part demeure invisible.
Continuer à lire Pour un panorama de la rentrée littéraire
Je vous annonce la tenue prochaine d’un colloque auquel je participerai. Organisé conjointement par la revue Nu(e) et par le laboratoire CTEL de l’Université Côte d’Azur, sous la direction de Béatrice Bonhomme, il vous permettra de découvrir plusieurs poètes d’aujourd’hui. Voici le programme.
Continuer à lire Un colloque en ligne sur les femmes poètes
Dire non, tel est l’enjeu de l’un des livres de Claude Ber, précisément intitulé Il y a des choses que non. Un livre de poésie, où la prose rencontre le vers et le verset, qui porte une mémoire de résistance.
Continuer à lire Le « non » de Claude Ber
« Le sage est parti avec la patience de ceux
Qui ont appris la vie
De ceux qui ont appris la mort
Sans rien exprimer qu’un murmure
Un sourire devant la dureté d’un destin. »
Béatrice Bonhomme, « Stèles pour un scribe »,
dans Les Boxeurs de l’absurde, Fourmagnac, L’Étoile des Limites, 2019, p. 141.
Jean-Yves Masson est un poète français contemporain dont j’aime beaucoup l’oeuvre. Né en 1962 en Lorraine, il a publié, depuis les années quatre-vingts, plusieurs recueils de poésie, mais aussi un conte, des romans et nouvelles. Ancien élève de l’Ecole Normale Supérieure, professeur de littérature comparée à l’Université de la Sorbonne, traducteur, éditeur, critique littéraire, ses multiples activités font en outre de lui un fin observateur de la poésie d’aujourd’hui. Il m’a fait l’honneur de bien vouloir répondre à mes questions.
Continuer à lire Questions à Jean-Yves Masson
« Je donnerais volontiers de l’acte poétique de langage une autre définition : est poétique une attitude envers le langage qui, alors que les autres discours font un choix entre la fidélité au réel (à son degré maximal dans toutes les formes utilitaires du discours) et le fonctionnement autonome de la langue, refuse le choix et tient ensemble les deux. C’est ainsi seulement que la langue, comme le voulait Hugo, » travaille » , modifiant notre compréhension du réel et notre maîtrise du langage lui-même. Nouer ces deux désirs dans un emploi des mots qui ne soit pas réductible à une explication extérieure au poème est une ascèse à laquelle, peut-être, tout véritable poète, quelles que soient ses positions théoriques, est obligé de se plier dans le moment secret de l’écriture. »
Jean-Yves Masson, « L’espace de la tradition », remue.net.
Continuer à lire Une définition de la poésie par Jean-Yves Masson
De François Cheng, je ne sais à vrai dire pas grand-chose, du moins pas grand-chose de plus que ce que l’on peut trouver sur Wikipédia : ce poète français d’origine chinoise est né à Nanchang en 1929, il est arrivé en France en 1948, sans encore parler un mot de français.
Continuer à lire Les quatrains de François Cheng
« Ouvre les mains, ouvre les mains,
toi qui es patience, toi qui es
lumière, toi qui es pauvreté, ouvre
tes mains d’où roule la lumière.
Archange bien-aimé, cette nuit
où le chant d’un oiseau se brise sur la mer,
tiens-toi debout sur le navire,
à la proue, au-dessus des vagues.
Protège le navire Amour, la barque d’aube
qui se faufile entre deux ciels,
et pauvrement, dans le silence manifeste,
laisse la vie s’écouler de tes mains. »
Jean-Yves Masson, « Poèmes du festin céleste »,
Bordeaux, L’Escampette, 2002,
poème LXXXIII, p. 113.