Archives pour la catégorie Littérature française

« Le grand pavois » de Jean-Michel Maulpoix

Né en 1952 à Montbéliard, Jean-Michel Maulpoix est l’une des grandes voix de la poésie contemporaine d’aujourd’hui. Il fait partie de ces poètes qui, depuis les années quatre-vingts, entendent s’écarter d’une poésie trop expérimentale et théorique, et réhabiliter les notions de « sujet » et de « lyrisme ». Ses travaux universitaires concernent précisément cette dernière notion, explorée à travers de nombreux essais parmi lesquels La Voix d’Orphée (1989), La poésie comme l’amour (1998), Du Lyrisme (2000) et Pour un lyrisme critique (2009). Mais il ne saurait être question pour autant de revenir à des pratiques héritées du passé, notamment romantiques, parfois critiquées pour leur sentimentalisme emphatique. Alors, à quoi ressemble ce « lyrisme critique » que Jean-Michel Maulpoix cherche à défendre ? Le mieux est encore de juger sur pièce, et c’est pourquoi je vous propose de découvrir aujourd’hui « Le grand pavois », qui est la section centrale de Une histoire de bleu.

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"Les Tentations" de Baudelaire

Si l’on en croit le nombre de résultats trouvés par Google, « Les Tentations, ou Éros, Plutus et la Gloire » seraient, de tous les Petits Poèmes en prose, le moins connu, du moins celui dont on parle le moins sur Internet. C’est pourquoi j’ai choisi de vous parler aujourd’hui de ce poème.

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« Le jour venu » de Jean-Michel Maulpoix

C’est un ouvrage méditatif et crépusculaire que Le jour venu, dernier ouvrage de Jean-Michel Maulpoix, une suite de proses sur laquelle plane l’ombre omniprésente de la mort, où dialoguent angoisse et désir, violence et résignation, douceur et douleur.

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Poésie et bonheur

Nous sommes habitués à nous faire du poète l’image d’un être tourmenté, malmené par sa sensibilité exacerbée, assailli par des émotions contradictoires, hanté par une quête de l’indicible qui ne lui laisse aucun répit. Associer poésie et bonheur ne va donc pas de soi. C’est pourtant la problématique choisie par un colloque international conjointement mené par les universités de Nice et de Naples. Côté niçois, c’est une équipe menée par Josiane Rieu, spécialiste de la poésie du XVIe siècle, qui s’est penchée sur la question. De ce colloque qui s’est déroulé ce vendredi 21 février 2020 à la Faculté des Lettres de Nice, je n’ai pu assister qu’aux interventions de l’après-midi, et c’est donc de ces cinq exposés que j’entends rendre compte à présent.

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Le soleil baudelairien

Charles Baudelaire est surtout connu pour être le poète de la ville moderne. Ce qui l’intéresse, c’est avant tout le monde grouillant des villes, avec ses masses de pauvres et de petites vieilles, ses foules bruyantes où l’on distingue le cri du vitrier. Mais cela n’empêche pas le poète d’écrire aussi sur la nature, quoique beaucoup plus rarement, et c’est ainsi que le deuxième poème des Fleurs du mal s’intitule très sobrement « Le soleil ». Sans doute s’agit-il là d’un thème beaucoup plus traditionnel que l’agitation du monde moderne. Aussi pourrons-nous nous demander ce qui a motivé Baudelaire à écrire un poème sur le soleil.

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« Les mots me viennent par vagues. Ils voudraient dire des choses que je ne maîtrise pas. Ils tâtonnent, ils palpent le vide et tout à coup s’enfièvrent pour une image qu’ils ont prise pour la vérité. Je m’y abandonne aux courants de lumière et de vent. À vrai dire, j’y cherche tes lèvres. »

Jean-Michel Maulpoix, L’instinct de ciel, Paris, Mercure de France,
rééd. 2005, Paris, Gallimard, coll. « Poésie », III-5.

Le théâtre d’aujourd’hui

La plupart d’entre nous connaît mieux le théâtre d’il y a quatre siècles que celui d’aujourd’hui. Nous avons tous déjà lu, de gré ou de force, une pièce de Molière, de Racine ou de Hugo, mais nous sommes souvent peu au fait du théâtre d’aujourd’hui. Nos connaissances s’arrêtent souvent aux années cinquante, marquées d’une part par Sartre et Camus, d’autre part par les Beckett, Ionesco et consorts. Ce qui laisse à peu près 70 ans de création théâtrale à explorer…

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Un cantique de Jean Racine

Jean Racine est surtout célèbre pour ses tragédies. Il est moins connu qu’il a aussi écrit une comédie, intitulée Les plaideurs, ainsi que… des poèmes ! Parmi ceux-ci, il en est un que je connais bien, car il a été mis en musique pour chœur par Gabriel Fauré. Je vous propose aujourd’hui de le découvrir.

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« Oui, oui, c’est vrai, j’ai vu la mort au travail
[…] tout près de moi, sur moi, j’en donne acte à mes deux yeux, adjugé ! Sur la douleur, on en aurait trop long à dire. Mais quelque chose n’est pas entamé par ce couteau ou se referme après son coup comme l’eau derrière la barque. »

Philippe Jaccottet, À la lumière d’hiver,
dans Œuvres complètes, Paris, Gallimard, « Pléiade », p. 574.


« O voyageur, la terre, hélas ! est découverte.
Plus d’île vierge encor d’ombre et de pas humains.
Mais prends le grain d’avoine ou bien la feuille verte
Et tu verras s’ouvrir l’inconnu des chemins. »

Alexandre ARNOUX, CVII quatrains, éd. Jacques Haumont,
cité par G. Rouger & R. France, Nouvelle anthologie poétique, Paris, Nathan, 1953, p. 226.

« En hiver » d’Emile Verhaeren

Verhaeren est un très grand poète belge. Voici un poème intitulé « En hiver »…

« Le sol trempé se gerce aux froidures premières,
La neige blanche essaime au loin ses duvets blancs,
Et met au bord des toits et des chaumes branlants,
Des coussinets de laine irisés de lumières.

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« NOËL ! paix dans les cieux ! paix à l’enfer dompté !
Paix sur la terre, aux cœurs de bonne volonté !
Premier chaînon d’amour de l’insoluble chaîne
Qui joint la terre au ciel, l’ange à la race humaine !
Mystère, enivrement, pardon, trêve à nos maux,
Pitié pour les enfants, respect des animaux !! »

Alfred Busquet, La Nuit de Noël (poèmes), Christmas Carol, Librairie nouvelle, 1861,
via Wikisource.

Nu(e) célèbre Valérie Rouzeau

La revue Nu(e) vient de faire paraître son soixante-dixième numéro. Coordonné par Régis Lefort, il consacre près de trois cents pages à la poète Valérie Rouzeau. En voici une petite recension.

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« Encre d’une disparue » de Bernard Simeone

Je voudrais vous parler aujourd’hui d’un tout petit livre. Dix-sept pages seulement, c’est en effet un bien mince ouvrage. Mais la poésie n’a pas forcément besoin de beaucoup de place… Ce livre, il s’intitule Encre d’une disparue, et il a été publié par Bernard Simeone aux éditions « La Cécilia » en 1990.

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« Sur une plage vide d’après l’été, je nous imagine. Ton petit chien renifle les vagues. Tu portes sur la tête un bonnet rayé et tu marches à la lisière des eaux. On dirait que le sable tremble, cette minute est trop importante. Les mouettes se sont tues dans un battement d’aile. Le crabe aux yeux éteints s’est souvenu de quelque chose. La plage croule et je m’écarte pour écouter ces drôles d’histoires que les enfants égrènent au sortir de l’école. »

Jean-Michel Maulpoix, Locturnes, Lettres Nouvelles, 1978, p. 49-50.

Baudelaire : « Le joujou du pauvre »

Si vous aimez les Fleurs du Mal de Baudelaire, vous découvrirez avec plaisir les Petits poèmes en prose, certes différents dans leur forme même comme dans leur style, plus légers sans doute par leur forme narrative, mais non moins plaisants à lire. Aujourd’hui, je voudrais vous faire découvrir le dix-neuvième de ces poèmes en prose, à savoir, donc, « Le joujou du pauvre ».

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