Archives pour la catégorie Littérature française


« À cause de la joie qui me vient de ses yeux j’ai grande peine et tendresse aussi d’aller parmi la solitude

Fleuves nuages rutabagas les visages passent le temps poudroie

Grâce au songe de lui je ne suis plus quand je suis seule seule dans la rue […] »

Valérie Rouzeau, Va où,
Le temps qu’il fait, 2002, p. 120.

« Magnitudo parvi » de Victor Hugo

Durant toute ma scolarité, secondaire comme supérieure, je n’ai que très rarement eu affaire à Victor Hugo, lequel est donc un poète que j’ai largement découvert par moi-même. Aujourd’hui, je voudrais vous présenter un très long poème des Contemplations, intitulé « Magnitudo parvi ».

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« Le poète est celui qui inspire bien plus qu’il n’est inspiré »

C’est une belle citation que celle qui fournit le titre de l’article d’aujourd’hui. Elle est de Paul Éluard, dans l’Évidence poétique (1939). Je l’ai trouvée dans l’excellent site lettresclassiques.fr, que, par ailleurs, je ne peux que vous recommander. Elle fera donc la matière de ma réflexion d’aujourd’hui.

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Quand Baudelaire rencontre le Diable…

Il a plusieurs visages. Il est parfois représenté comme une bête velue, finalement plus proche de l’animal que de l’humain, une créature cornue à l’apparence terrifiante. Parfois au contraire, il apparaît comme un homme élégant, bien mis, séducteur, au regard sombre et pétillant de malice… Après tant d’autres, Dante et Goethe notamment, Baudelaire, à son tour, fait intervenir le diable dans l’un de ses poèmes en prose, intitulé « Le Joueur généreux ».

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Poètes de Nice, poètes du monde

Je suis récemment tombé sur une belle anthologie publiée par le CRDP de Nice. Le principe en est fort intéressant : on a demandé à plusieurs poètes niçois de donner à lire des poètes francophones du monde entier. C’est une belle façon de relier les aires culturelles et de montrer que la poésie peut se partager d’un bout à l’autre du monde !

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Quand la poésie étaye la photographie

J’ai reçu il y a quelques jours un message d’Arnaud Beaujeu, professeur de lettres en classes préparatoires littéraires, qui a rédigé une note de lecture et se proposait de la publier dans les colonnes de Littérature Portes Ouvertes. L’ouvrage recensé s’intitule Étais, 36 poèmes, paru en juin 2019 aux éditions des Presses Littéraires. Cet ouvrage collectif, orchestré par Jean-François Agostini, marie photographie et poésie. Bref, laissons Arnaud Beaujeu nous présenter cet ouvrage.

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L’Odyssée de Rabelais

De Rabelais, on connaît surtout le personnage de Gargantua et son appétit insatiable de savoir et de bonne chère. On connaît aussi le géant Pantagruel. Après Pantagruel, Gargantua et le Tiers-Livre, on évoque beaucoup moins souvent le Quart-Livre, qui est pourtant, lui aussi, fort savoureux — on y trouvera entre autres le fameux épisode des moutons de Panurge — quoique sans doute d’un accès un peu plus difficile. Je vous présente donc aujourd’hui ce livre moins connu.

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« Maélo » de Gérard Noiret

Je voudrais vous parler aujourd’hui d’un tout petit livre que j’ai récemment découvert en parcourant une boîte à livres : le nom de l’auteur m’a arrêté, car je l’avais rencontré à Cerisy à l’occasion du colloque sur Marie-Claire Bancquart. Ce petit ouvrage, sobrement intitulé Maélo, possédait un défaut de fabrication, certaines pages étant imprimées plusieurs fois alors que d’autres manquent. Je l’ai néanmoins lu avec plaisir.

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Poésie et idéal

« Au reste, le domaine de la poésie est illimité. Sous le monde réel, il existe un monde idéal, qui se montre resplendissant à l’œil de ceux que des méditations graves ont accoutumés à voir dans les choses plus que les choses. »

Victor HUGO (1802-1885), Préface des Odes (1822)
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Un roman pour l’été: « Gandahar »

Si vous ne savez pas quoi lire cet été, je vous propose aujourd’hui un peu de science-fiction à la française, et en particulier un livre de Jean-Pierre Andrevon qui a été adapté sous forme de film d’animation par René Laloux : il s’agit de Gandahar.

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« Violante » : la poésie et ses environs

J’ai reçu, il y a quelques jours, un message d’un certain Valerio Cruciani. Celui-ci se présente comme comme l’auteur d’une chaîne audio sur la poésie italienne et étrangère, intitulée « Violante. Poesia e dintorni ». Dans l’un de ses récents « podcasts », il m’a fait l’honneur de citer mon blog. Le moins que je puisse faire est donc de lui rendre la pareille…

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La liberté au théâtre

« Il paraît qu’une pièce de théâtre doit être faite comme ceci, comme cela, et non autrement. Je trouve si étrange qu’avec l’art dramatique il faille rentrer dans le monde des devoirs, alors qu’ici plus que nulle part ailleurs la seule règle est : ‘‘Crée, et crée comme tu veux’’. »

Henry de Montherlant, Carnets 1930-1944
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Poésie, prière et précarité

Je voudrais vous parler aujourd’hui de La poésie précaire. Cet essai a été publié en 1997 par Jérôme Thélot. En s’appuyant sur le concept central de « précarité », il éclaire d’une façon originale la poésie moderne et contemporaine.

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Charles Cros (Wikipédia)

« C’est l’été. Le soleil darde
Ses rayons intarissables
Sur l’étranger qui s’attarde
Au milieu des vastes sables.

Comme une liqueur subtile
Baignant l’horizon sans borne,
L’air qui du sol chaud distille
Fait trembloter le roc morne. »

Charles Cros, « L’été », dans Le Coffret de santal (Tresse, 1879), d’après Wikisource.

« Le moineau » de Jean-Luc Despax

Hier matin, Jean-Luc Despax publiait sur Facebook un poème de son cru, qu’il m’a autorisé à reproduire ici. J’ai été séduit par la simplicité de ce poème d’amour où grignote un petit moineau. Il me semble que c’est le genre de poèmes dont nous avons besoin, bien plus que de poèmes tourmentés.

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Les Voyelles rimbaldiennes

Assurément, il s’agit là de l’un des poèmes les plus célèbres de Rimbaud, si ce n’est le plus célèbre. Il faut dire que le poète surprend, en proposant un sonnet qui parle non pas de sentiments, d’amour, ou même de spleen, mais, avant tout, de lettres et de sons. On peut y voir quelque chose de très moderne, dans la mesure où la dimension métalinguistique ne cessera de devenir toujours plus importante en poésie.

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