Archives pour la catégorie Littérature française

« Vali » pour Boris Gamaleya

Sans nul doute, Boris Gamaleya n’est pas un poète très connu. Pourtant, pour le professeur Patrick Quillier, il s’agit d’une voix majeure de la poésie d’aujourd’hui. Né en 1930 à La Réunion, il vient tout juste de décéder. Je voudrais modestement contribuer à mieux faire connaître sa poésie. Je me suis donc renseigné auprès de Patrick Quillier qui a très gentiment accepté de me fournir la documentation nécessaire à la rédaction de cet article. Qu’il en soit ici chaleureusement remercié.

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Bac ES/S 2019 : la poésie à l’honneur

Les épreuves du Baccalauréat ont lieu cette semaine. Si les médias ont, comme de coutume, beaucoup parlé de l’épreuve inaugurale de philosophie, je voudrais, quant à moi, évoquer le sujet de français. Cette année, la poésie a été à l’honneur pour les élèves de Première des sections ES et S. À l’heure où une pétition circule qui juge cette épreuve trop difficile, je voudrais vous donner mon propre point de vue.

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« Tristesse d’été » de Stéphane Mallarmé

Très connu est le poème de Mallarmé intitulé « L’Azur ». Il se termine par ce vers extraordinaire : « Je suis hanté. L’Azur ! l’Azur ! l’Azur ! l’Azur ! » Aujourd’hui, intéressons-nous au poème d’à côté. Il s’agit de « Tristesse d’été ».

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« Allégeance » de René Char

Né en 1907 et mort en 1988, René Char fait partie — avec Ponge, Aragon, Perse et Michaux, notamment — des poètes qui ont traversé tout le vingtième siècle. Après des débuts dans le sillage du surréalisme, il participe activement à la Résistance, dont il témoignera dans Feuillets d’Hypnos. Le poème « Allégeance » clôt La Fontaine narrative (1948), recueil intégré à Fureur et Mystère.

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Pensez-vous que la poésie soit une invitation au voyage ?

À environ un mois des épreuves écrites du baccalauréat, je voudrais revenir aujourd’hui sur un sujet qui est « tombé » (comme on dit) en 2015. Non pour en proposer un corrigé : il en existe déjà bien d’autres. Mais pour insister sur la méthode, tout en fournissant des éléments de réflexion utiles. Ce sera également l’occasion d’une promenade dans la poésie qui devrait intéresser bien au-delà du cercle des élèves et étudiants.

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Béatrice Bonhomme, Marges, 2002 :

« Cette fois, je t’ai vu totalement et pour toujours, j’ai vu ton âme en plein, et dans ce regard nous avons tout échangé, tu étais là dans l’intemporel, tu avais traversé le temps et tu me revenais de si loin que je t’ai reconnu, et j’ai pris ta main, désormais nous avions dépassé le temps, dans ton regard j’ai tout traversé, j’ai pris ta main, c’était devant le même lycée, vingt ans après, tu étais le même, dans l’absolu, et notre amour, notre pauvre amour, ce grand amour avait gagné. »

La guerre et la poésie

En ce 8 mai, il est bon de se souvenir que, il y a 74 ans, prenait fin la Deuxième Guerre mondiale. Un conflit inédit tant par son ampleur, par son bilan meurtrier, que par le degré d’inhumanité qu’il a engendré : inutile de revenir sur ces détails morbides et bien connus. Mais si cette guerre a indubitablement changé la face du monde, elle a aussi profondément transformé la littérature.

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« Le poète ne cotise pas à la sécurité sociale »

Les poètes sont-ils maudits ? Sont-ils voués, depuis Platon, à demeurer des sortes de parias de la société ? Sont-ils des fainéants, des inutiles, des bons à rien ? Des cigales qui ne savent que chanter ? De tels clichés ont la vie dure… Et Daniel Biga, dans « Le poète ne cotise pas à la sécurité sociale », retourne le stigmate, assumant pleinement cette image pour en faire une force.

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Questionnant une touffe de violettes découverte en déplaçant du bois. C’est comme si un homme très voûté lisait un livre à même le sol. Les apparitions. C’est de cela que se nourrit la poésie : des prémices. Grâce à elle, il y a moins de répétitions, bien qu’elle dise toujours à peu près la même chose.

Philippe Jaccottet, « Notes », Le Nouveau Recueil, n°50, mars-juin 1999, p. 66.

Comment faire un sonnet selon Corbière

Le dix-neuvième siècle poétique est loin de se résumer à Hugo, Baudelaire, Rimbaud, Verlaine et Mallarmé. Au-delà de ce « top 5 », il est une foule de poètes tombés dans le domaine public, que l’on peut lire sans débourser le moindre centime. Je vous propose aujourd’hui de lire un sonnet de Tristan Corbière, qui est en même temps une leçon sur la poésie.

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Jacques Bonnaffé à la Cinémathèque

La journée de samedi dernier, 23 mars 2019, a été riche en manifestations poétiques. En effet, après un après-midi marqué par la lecture-performance de Charles Pennequin à la bibliothèque Nucéra, la journée s’est terminée en beauté avec l’intervention de Jacques Bonnaffé, accompagné par le saxophoniste François Corneloup, à la cinémathèque de Nice.

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Charles Pennequin à Nice

Manifs, venue du président chinois… Samedi dernier, 23 mars 2019, les rues de Nice étaient presque vides. En revanche, l’auditorium de la Bibliothèque Nucéra était, lui, bien rempli. En effet, le public niçois n’a pas manqué l’occasion d’entendre la lecture-performance de Charles Pennequin.

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Un autre Desnos

Quel élève n’a jamais entendu parler de la fameuse fourmi de dix-huit mètres de Robert Desnos ? Mais oui, celle qui traîne un char plein de pingouins et de canards ! Cette comptine est fort savoureuse, mais elle risque de laisser croire que le poète n’a écrit que des poèmes pour enfants. Rien n’est moins exact. Je voudrais donc aujourd’hui vous présenter un autre Desnos.

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« Domaine public » de Jean-Michel Maulpoix

Je voudrais aujourd’hui vous présenter Domaine public, recueil paru en 1998 aux éditions du Mercure de France, qui est assez singulier dans l’œuvre de Jean-Michel Maulpoix. J’espère ainsi contribuer à faire mieux connaître ce grand poète auquel j’ai consacré ma thèse de doctorat.

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Qu’est-ce qui est beau dans la poésie ?

On me pose aujourd’hui une question passionnante. Bon, certes, c’est une belle colle. Surtout si l’on veut essayer de dépasser ne serait-ce qu’un petit peu le simple ressenti subjectif. Mais hors de question de s’esquiver ! Allons-y, donc ! Qu’est-ce qui est beau dans la poésie ?

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« A nous qui devenons muets à force de communiquer, le théâtre vient rappeler que parler est un drame ; à nous qui perdons la joie de notre langue, le théâtre vient rappeler que la pensée est en chair ; à nous, pris dans le rêve de l’histoire mécanique, il montre que la mémoire respire et que le temps renaît. »

Valère Novarina, Pendant la matière, Paris, P.O.L, 1991, p. 9.

Un hiver au bout du monde

J’ai lu Hiver à Sokcho d’Élisa Shua Dusapin après avoir rencontré la jeune autrice à la librairie de la Pléiade, à Cagnes-sur-Mer. L’action se déroule en Corée du Sud, et plus précisément à Sokcho, ville située au nord-est du pays.

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« Lucrèce le savait » d’Yves Bonnefoy

Une vidéo publiée en novembre 2018 sur YouTube permet de lire en musique l’un des poèmes de Début et fin de la neige, magnifique recueil publié au début des années quatre-vingt-dix par Yves Bonnefoy. Si je suis tombé sur cette vidéo, c’est que sa description (vous savez, les quelques lignes de texte sous la vidéo) renvoie à l’un de mes articles sur Bonnefoy. Alors, pour remercier le youtubeur, je me permets à mon tour de citer cette vidéo…

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