Archives pour la catégorie Littérature française

La face cachée de l’iceberg poétique

Oui, je sais, c’est la lune qui a une face cachée, les icebergs ont une partie immergée. Je conserve malgré tout mon titre, on dira que c’est une licence poétique. Bref, je voulais vous parler aujourd’hui du monde poétique contemporain, tel que j’ai commencé de le découvrir. Je tente ici de répondre à dix questions que vous vous posez peut-être sur la poésie contemporaine.

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Ronsard ou l’amour en sonnets

Si vous avez déjà essayé d’adresser à l’élu(e) de votre cœur quelques vers destinés à séduire cette personne, vous savez que la chose n’est pas simple. Prenez ainsi toute la mesure du talent de Ronsard, qui a écrit des centaines de sonnets, tous centrés sur les amours de sa vie.

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Le poème d’à côté : Victor Hugo (2)

On ne présente plus Victor Hugo, romancier, dramaturge et poète prolifique, génie du romantisme, dont la figure tutélaire surplombe tout le dix-neuvième siècle. Je proposais, dans mon précédent billet, la première strophe de « Lorsque l’enfant paraît… » comme citation du jour. Aujourd’hui, nous allons tourner la page du recueil Les Feuilles d’automne, et ainsi découvrir le poème d’à côté.

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« Lorsque l’enfant paraît, le cercle de famille
Applaudit à grands cris. Son doux regard qui brille
Fait briller tous les yeux,
Et les plus tristes fronts, les plus souillés peut-être,
Se dérident soudain à voir l’enfant paraître,
Innocent et joyeux.« 

Victor HUGO, Les Feuilles d’automne,
d’après Œuvres complètes, Ollendorf, 1909, via Wikisource.

Une histoire de bleu : poème liminaire

Né en 1952 à Montbéliard, Jean-Michel Maulpoix, poète et professeur en littérature à l’Université Paris-III Sorbonne Nouvelle, est l’auteur de plus d’une trentaine de recueils poétiques, la plupart composés dans une prose ample et rythmée où il décrit la situation précaire de l’homme contemporain, tout en cherchant à dépasser l’inquiétude et à tendre vers une forme de sérénité. Son recueil le plus connu, Une histoire de bleu, publié en 1992 au Mercure de France et réédité en 2005 chez Gallimard, s’ouvre par un très beau poème. Lecture.

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Parler poésie à la télévision

En 1988, la poésie avait sa place à la télévision, comme en témoigne cette vidéo où Bernard Pivot interroge Céline Zins et Benoît Conort. La première était venue présenter Adamah, un recueil de poésie paru aux éditions Gallimard. Le second était invité à l’occasion de la parution de son premier recueil, Pour une île à venir, chez le même éditeur.

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« Je marcherais dans la transparence jusqu’à la plus réelle profondeur. Il y aurait ton visage rencontré (sourire et joues graves), la couleur la pierre simple d’une maison, des arbres (on les abat — grands gestes dans l’hiver) et des passages par les prés. Je vais toujours. La nuit seule vient (rencontre et joue grave). »

James Sacré, Cœur élégie rouge,
Marseille, André Dimanche éditeur, coll. « Ryôan-Ji », 2001
(1e éd., Paris, Le Seuil, 1972), p. 170.

Mallarmé en 5 citations

Stéphane Mallarmé a une réputation de poète difficile, voire obscur. Pourtant, c’est un poète qui mérite d’être lu. Je vous propose aujourd’hui, en guise d’introduction à la lecture de Mallarmé, 5 citations qui vous permettront de mieux le connaître.

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« Et les propos qui me sont les plus chers, c’est entre guillemets que je devrais les écrire ; ils ne m’appartiennent pas. Je ne suis personne ; ma tête bourdonne de la rumeur des livres. L’amour et la mort sont imprononçables. »

Jean-Michel Maulpoix, Les abeilles de l’invisible,
Seyssel, Champ-Vallon, IX, p. 95.

Le poème d’à côté : Victor Hugo

Dans la rubrique « Le poème d’à côté », je vous propose de découvrir un poème qui se trouve à côté d’un poème très célèbre. C’est un moyen de sortir des sentiers battus et de découvrir des poèmes méconnus, souvent délaissés par les anthologies. Aujourd’hui, c’est le tour de Victor Hugo.

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Qu’est-ce qu’un pataquès ?

On entend parfois cette expression : « Il en a fait tout un pataquès », pour dire d’une personne qu’elle a réagi excessivement à une situation (là où il faudrait plutôt dire « tout un plat »). Or, comme le rappelle le Dictionnaire historique de la langue française, ce mot, apparu en 1784, désigne avant tout une « faute de liaison ». Voire, par extension, « un discours confus, inintelligible » ou « une action maladroite, intempestive »…

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Poésie et espérance

« Je ne crois pas que soit de poésie vraie qui ne cherche aujourd’hui, et ne veuille chercher jusqu’au dernier souffle, à fonder un nouvel espoir. »

Yves Bonnefoy (1923-2016)

« A quoi bon des poètes en temps de détresse ? », demandait le poète allemand Hölderlin. Il me semble que cette puissante affirmation d’Yves Bonnefoy peut constituer un début de réponse : la « poésie vraie » est tendue vers un « nouvel espoir ». Elle ne prétend pas en posséder les clefs, elle est simplement à sa recherche, elle y travaille « jusqu’au dernier souffle ». Laissons-nous donc porter par le « souffle » de la poésie…

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Connaissez-vous le professeur Frœppel?

Connaissez-vous le professeur Frœppel ? Cet illustre savant, né de l’imagination de Jean Tardieu, est avant tout un spécialiste du langage. Dans Le Professeur Frœppel, Jean Tardieu rassemble « le journal de sa folie, le récit de sa mort, ses œuvres théâtrales, scientifiques, poétiques et pédagogiques […] ». Ce recueil présente ainsi, notamment, de savoureuses saynètes, qui dévoilent toute une « comédie du langage ».

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« Si ta fraîcheur parfois nous étonne tant,
heureuse rose,
c’est qu’en toi-même, en dedans,
pétale contre pétale, tu te reposes.

Ensemble tout éveillé, dont le milieu
dort, pendant qu’innombrables, se touchent
les tendresses de ce cœur silencieux
qui aboutissent à l’extrême bouche. »

Rainer Maria Rilke, Les roses, source « rilke.de ».

« Il est besoin d’un lecteur d’un geste de papier
D’un miroir Tu es visage ma feuille mon échancrure
Je suis le tissu pour que tu sois ton vide La surface
Pour que froisse la main L’aber où l’eau s’aiguise
Racine où le sol tressaille Ton blanc mon noir
Le creux pour ma difficulté le blanc pour que je sois
Ce dessin que je ne serais pas Tu es peau pour
Mon alphabet J’étais l’air pour que tu m’engorges
Alvéole pour que tu fusses arcade »

Michel Deguy, Donnant donnant, Poèmes 1960-1980,
Paris, Gallimard, coll. « Poésie », 2006, p. 158.

Paris vu par les poètes

Paris, capitale de la France, haut lieu d’histoire et de culture, a inspiré maints poètes, et ce, à différentes époques. La poète et universitaire Marie-Claire Bancquart s’est d’ailleurs attachée à étudier ce motif dans Paris des surréalistes et dans Images littéraires de Paris fin de siècle. Plus modestement, je vous propose aujourd’hui de découvrir quelques poèmes dont Paris est le sujet principal.

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