Archives pour la catégorie Littérature française

Jeu : êtes-vous incollable sur le Nouveau Roman ?

Aujourd’hui, je vous propose un petit jeu sur le Nouveau Roman. Celui-ci apparaît dans la France d’après-guerre, au milieu du XXe siècle. Il se propose de rompre radicalement avec des traditions romanesques pluriséculaires, et en particulier avec l’image du roman tel que l’âge d’or balzacien l’a construite et véhiculée. Les conceptions traditionnelles des personnages, du narrateur, des objets, de l’intrigue et du temps sont profondément remises en cause. Saurez-vous retrouver les différents auteurs du Nouveau Roman en vous aidant des portraits suivants ?

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« Comme la lune est le miroir du soleil, l’eau est de la lumière qui s’enfonce dans la terre, une lumière fraîche, un ciel de septembre.

L’étoile est un feu d’eau, un feu glacé.

Tout devient bleu comme sous une chevelure défaite, un visage assombri par le désir ou le chagrin.

Tout devient bleu, surtout au loin les montagnes. Plus près on voit encore des rochers, des arbres plus clairs que les autres.

Il y a comme une tendre accalmie. »

Philippe Jaccottet, La Semaison, Carnets 1954-1979,
Paris, Gallimard, coll. « nrf »,
via l’aperçu de Google Books.

Un poème contemporain : « Les rainettes, le soir » d’Yves Bonnefoy

Yves Bonnefoy fait partie, avec Philippe Jaccottet, Jacques Dupin ou encore André du Bouchet, de ces poètes contemporains qui apparaissent sur la scène poétique française d’après-guerre en prenant le contre-pied du surréalisme qui avait dominé la première moitié du siècle. Son premier recueil, Du mouvement et de l’immobilité de Douve, a été suivi par de nombreux autres. Je vous propose aujourd’hui de découvrir le premier poème des Planches courbes.

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Le moins connu des poèmes saturniens

De Paul Verlaine, certains poèmes sont très connus : je pense à « Chanson d’automne » ou à « Mon rêve familier », par exemple. D’autres, en revanche, le sont moins. Je me suis ici fondé sur le nombre de résultats dans un moteur de recherches pour déterminer le moins connu des Poèmes saturniens. Il s’agirait, si l’on en croit ces chiffres, de Sub urbe.

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Aimé Césaire : « Et elle est debout la négraille ! »

Il y aurait tant et tant d’extraits d’Aimé Césaire à citer, tellement sa poésie est vivante, puissante et vraie. Impossible, bien entendu, d’évoquer ici l’ensemble de son œuvre poétique, rassemblée dans un épais volume à couverture violette aux éditions du Seuil. J’ai donc choisi un extrait du Cahier d’un retour au pays natal (son ouvrage le plus connu) auquel j’ai pensé il y a quelque temps en entendant parler de la « Nuit debout », cette manifestation contestataire abondamment évoquée par la presse.

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« J’ai vu une vieille dame pleurer, ma mère. Elle pleurait sur sa solitude totale, physique et morale, elle appelait son père et sa mère morts depuis cinquante ans, elle exigeait tous ses enfants auprès d’elle, elle leur demandait à tous, aux vivants et aux morts, pourquoi ils l’avaient abandonnée. Elle pleurait sur ce lieu hostile dans lequel elle avait échoué et que l’on appelle « maison de retraite ». Elle pleurait enfin sur les larmes du monsieur d’à côté, privé depuis longtemps de l’usage de la parole, mais qui était accouru à ses cris et pleurait lui aussi, en la regardant pleurer, et lui prenait la main. Il avait, avec ses longues mains veinées de mauve, son beau visage buriné, et son port de prince, la noblesse des hommes bleus du désert. Il avait sûrement beaucoup été aimé dans la vie. »

Colette Guedj, L’heure exquise, JC Lattès.

Un tilleul (Véronique Pagnier, Wikimedia Commons, libre de réutilisation).
Un tilleul (Véronique Pagnier, Wikimedia Commons, libre de réutilisation).

« C’est encore une averse, comme au milieu du mois de mai quand le tilleul explose et reverdit. De tous côtés des feuilles, des mains qui pianotent, des oiseaux aiguisant leur bec, et le crissement des plumes qui ne s’apaise pas. »

Jean-Michel Maulpoix, Ne cherchez plus mon coeur,
Paris, P.O.L., 1986, IV-6, p. 66.

Le poème d’à côté : Du Bellay

S’il est un poème très connu de Du Bellay, c’est sans doute, dans les Regrets, celui qui commence par « Heureux qui, comme Ulysse, a fait un beau voyage ». Sachant, bien entendu, que le poète de la Renaissance fait référence ici au périple de l’Odyssée. Ce poème a été plusieurs fois mis en musique, notamment par Brassens lui-même, mais aussi, plus récemment, par Ridan…

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« L’attachement à soi augmente l’opacité de la vie. Un moment de vrai oubli, et tous les écrans les uns derrière les autres deviennent transparents, de sorte qu’on voit la clarté jusqu’au fond, aussi loin que la vue porte ; et du même coup plus rien ne pèse. Ainsi l’âme est vraiment changée en oiseau. »

Philippe Jaccottet, La Semaison, Paris, Gallimard.

A propos de Ghérasim Luca

Ghérasim Luca (1913-1994) est l’une des grandes voix de la poésie de langue française au XXe siècle. La revue Europe vient de lui consacrer un numéro, préfacé par Serge Martin. Cette préface est accessible gratuitement en ligne à l’adresse http://www.europe-revue.net/page-accueil/page-accueil/G-Luca-PrefaceR.pdf. En guise d’accroche, voici la citation épigraphe retenue par Serge Martin pour présenter le poète :

« Comme le funambule
pendu à son ombrelle

je m’accroche
à mon propre déséquilibre. »

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Femme de dos avec sac à main (Pixabay)

« Il préfère à ces valises funèbres le sac à main des femmes, où il y a des mouchoirs blancs parfumés, des tubes de rouge à lèvres, de la poudre rose, une palette de bleus, un portefeuille avec des photos d’enfants qui se baignent au bord de la mer, un petit miroir et des lettres chiffonnées. Il voudrait se glisser dans cette féerie et se laisser aller au roulis de leurs hanches. Curieux de leur parfum et de leurs amours, il voudrait prendre la température exacte de leur cœur. »

Jean-Michel Maulpoix, Portraits d’un éphémère,
Paris, Mercure de France, 1990, VIII-4, p. 90.

 

Quand les poètes chantent Vénus…

Vous avez été nombreux à lire mon billet sur « L’heure du berger » de Paul Verlaine. Ce très beau poème associe la planète Vénus avec la déesse du même nom. Je vous propose aujourd’hui trois autres poèmes, très différents, sur le même thème…

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Les contes traditionnels (solutions du jeu)

Ils nous paraissent familiers, tant ils ont bercé notre enfance. Pour autant,  connaissons-nous vraiment bien les contes traditionnels ? Les dessins animés leur sont-ils fidèles ? Ont-ils uniquement un intérêt pour les enfants ? La semaine dernière, je proposais un petit quiz sur les contes traditionnels : il est temps d’apporter les réponses…

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« Aux lecteurs

Je vous écris de près
entre votre malheur et votre peau

Entre
j’essaie de mettre un tournesol

Je n’ose pas
employer de grands mots en voyage magnétique
des mots orgueilleux d’être
pour affréter les invisibles continents

Vous
moi
c’est ovation timide vers le monde. »

Marie-Claire Bancquart, « Aux lecteurs »,
dans Partition, Paris, Belfond, 1981, p. 105.

Poésie et simplicité

Il est des poètes virtuoses, dont le talent réside dans la capacité à utiliser toutes les ressources de la langue et de la versification pour produire des poèmes qui tiennent du tour de force. Dans un billet précédent, j’en montrais trois exemples, chez Ronsard, chez Baudelaire et chez Mallarmé. Mais il en est d’autres, et non des moindres, qui font au contraire le pari de la simplicité…

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De la virtuosité en poésie

Il y a des poèmes dont la beauté réside dans l’incroyable simplicité. Il en est d’autres qui, à l’inverse, font apparaître la grande virtuosité de leur auteur. Je vous propose aujourd’hui quelques poèmes dont la conception repose sur un tour de force.

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Un colloque sur Henri Bosco au CUM

Henri Bosco est un écrivain bien connu à Nice. Il a donné son nom à la Bibliothèque Universitaire de la Faculté des Lettres, qui possède un important fonds à son sujet. Or, l’Université de Nice annonce la tenue prochaine d’un colloque sur son oeuvre, qui se tiendra au Centre Universitaire Méditerranéen (CUM).

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Connaissez-vous François Bon ?

Dans la ville invisible. Tel est le titre, énigmatique ou du moins mystérieux, d’un roman que j’ai lu pendant mon adolescence. C’est l’histoire d’un garçon solitaire, seul chez lui pendant que son père fait rouler des trains de nuit, qui fait d’étranges découvertes avec l’ascenseur. L’auteur de ce roman possède un nom facile à mémoriser : François Bon.

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