Archives pour la catégorie Littérature

Comme l’indique son titre, ce blog traite essentiellement de la littérature sous toutes ses formes. Il s’agit moins de coller à l’actualité éditoriale que d’explorer la poésie, le théâtre et le roman de toutes les époques.

Fleur d’hiver

Fleur des tropiques
Dans mon appartement
Loin des moustiques
Et de l'acomat boucan

Mais tu fleuris
Certes pas longtemps
Déjà tu flétris
Dans mon appartement

Peut-être rêves-tu
De vrais alizés
De clameurs tues
De saveurs brisées

Loin du colibri
Bel hibiscus rouge
Tu as fleuri
Là où rien ne bouge

Fleur anachronique
Loin de ton été
Tu as mis tes tropiques
Dans mon hiver glacé

Gabriel Grossi, dimanche 22 janvier, à cinq heures du matin.

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Nuit de la lecture : hommage à Christian Bobin

Une fois n’est pas coutume, le dernier « Jeudi des mots » s’est tenu un vendredi soir. Le lieu, lui, est resté inchangé : le café « Chez Pauline », rue Bavastro à Nice, à proximité du port. Et, à l’occasion de la « Nuit de la lecture », les membres du « Jeudi des mots » se sont associés avec « Les mots à la bouche ». Au programme, en première partie, un hommage à Christian Bobin récemment disparu, et en deuxième partie, une lecture de textes sur le thème de la peur.

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Vagues d’hiver

Parfois, tu t’en vas demander conseil à la mer. Ce n’est pas que tu attendes une réponse. Tu es simplement là, face à elle, dans la claire lumière d’hiver. Tu lui sais gré de ne rien dire, de ne pas répondre, de ne surtout pas formuler d’injonction condescendante. Elle est simplement là, avec son délire d’éclaboussures, un peu plus folle encore qu’à l’habitude, puisque, malgré l’absence de vent, elle a décidé de se déchaîner contre la grève, redoublant d’efforts à l’assaut du mur de la promenade, comme pour passer contre lui on ne sait quelle colère, multipliant les gerbes à chaque fois que la vague vient se briser contre les rochers. Tu ne sais quelle mauvaise humeur trouble ses eaux inhabituellement boueuses. Au-dessus, un soleil franc plane dans un ciel absolument limpide, que seul le passage d’une mouette vient parfois animer. Tu t’amuses de cet étonnant contraste. Il fait presque chaud, pour une journée de janvier, lorsque, en début d’après-midi, tu te joins aux nombreux passants qui, comme toi, promènent au bord de mer. Chacun contemple le caprice de la mer, cette rage d’éclaboussures et d’écume, cette débauche d’effets et de cris puérils, dans le calme étonnant d’une chaude après-midi d’hiver.

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« Le complexe de l’écrivain » d’Éric Dubois

Quand un poète écrit une nouvelle ou un roman, ça donne toujours quelque chose d’intéressant. Le complexe de l’écrivain, publié à la suite de Paris est une histoire d’amour (dont je vous parlerai une autre fois), aux éditions Unicité en 2022, se lit comme une nouvelle métadiscursive, où le sujet central est le livre même qu’on a entre les mains.

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Lisez mes poèmes en italien

Pour les besoins de l’interview qui aura lieu samedi prochain sur Zoom, à l’invitation d’Emanuela Rizzo, j’ai traduit huit de mes poèmes en italien. Je suis parti, comme base de départ, d’une traduction automatique, et puis j’ai modifié beaucoup, beaucoup de choses, jusqu’à arriver à une traduction qui me satisfasse. Ce n’est certes pas la meilleure méthode, mais c’est la seule qui était compatible avec mon emploi du temps. Je vous laisse juger du résultat.

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Christian Bobin à l’honneur du prochain « Jeudi des mots »

Né en 1951, Christian Bobin est décédé en novembre dernier à l’âge de 71 ans. Il laisse une œuvre conséquente, riche d’une soixantaine de romans et essais, et d’une dizaine de recueils poétiques, parus entre 1986 et 2022.

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Connaissez-vous Emanuela Rizzo ?

J’ai découvert Emanuela Rizzo sur les réseaux sociaux, pendant le confinement. Cette poétesse italienne, qui vit à Parme, a en effet voulu instiller un peu de poésie pendant cette sombre période d’enfermement.

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Salle comble pour la poésie

On dit que la poésie est le parent pauvre de la littérature. On dit que la poésie n’attire pas les foules. On dit que personne ne s’intéresse à la poésie. On dit ça… Et pourtant, hier soir encore, le café culturel « Chez Pauline », à Nice, faisait salle comble. Et même, refusait du monde ! Un petit miracle, orchestré par Michel Saint-Dragon tous les premiers vendredis du mois.

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Littérature : les ordinateurs vont-ils dépasser les humains ?

Se pourrait-il que la science-fiction finisse par devenir réalité ? Si les performances des ordinateurs sont bien connues dans les domaines scientifiques et techniques, elles sont moins attendues dans les domaines de la littérature. Les machines tendent à s’approprier de plus en plus les compétences artistiques et littéraires. Faut-il s’en inquiéter ?

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Haïkus de neige – Matsuo Bashô

Bashô est le plus connu des grands maîtres du haïku, parmi lesquels on peut citer également Ryôkan que j’aime beaucoup. Aujourd’hui, sur les réseaux sociaux, un lecteur de mon blog a cité quelques haïkus de Bashô en commentaire d’un de mes articles portant sur la neige dans la poésie contemporaine. Je voudrais vous faire connaître à mon tour ces très beaux haïkus.

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A propos de la modernité de Baudelaire

Charles Baudelaire est traditionnellement considéré comme étant « le » poète de la modernité. J’ai donc été un peu surpris, et vivement intéressé, en lisant aujourd’hui un article en ligne du journal Slate, consacré à un ouvrage d’Antoine Compagnon, Baudelaire, l’irréductible, lequel propose de faire de Baudelaire un « anti-moderne ».

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La nuit de Charles Péguy

Charles Péguy est un poète français qui se situe à la charnière des XIXe et XXe siècles. Il est surtout connu pour l’inscription de sa poésie dans une inspiration chrétienne et mystique. Le poème que je vous propose de découvrir aujourd’hui relève de cette inspiration religieuse, puisque le poète fait parler Dieu. Ce poème s’intitule Le Porche du Mystère de la Deuxième Vertu. Dans l’extrait de cette prosopopée qui va suivre, Dieu s’adresse à la Nuit, qu’il appelle sa fille.

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Étudier les lettres, pour s’ouvrir à l’altérité

Je suis tombé aujourd’hui sur un paragraphe que j’avais écrit pour introduire à l’un de mes cours de littérature comparée, quand j’enseignais à la fac. Il m’a semblé intéressant de le soumettre à votre jugement. Qu’en pensez-vous ?

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Les « Respirations » de Robert Nicolaï

Robert Nicolaï, né à Toulon en 1945, est surtout connu en tant que linguiste, spécialiste des langues africaines et en particulier du songhay. Il est Professeur émérite de l’Université de Nice et membre honoraire de l’Institut Universitaire de France. Mais il est aussi poète, et il m’a proposé de publier ici l’un de ses poèmes.

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Théâtre : Un air de famille

Aller au théâtre est un plaisir que je ne m’offre pas assez souvent. Samedi soir, j’ai profité de ce début de vacances scolaires pour aller au Théâtre de l’Eau-Vive, boulevard Carabacel, à Nice. Dans cette salle intimiste, le public se trouve au plus près des comédiens. Le cadre parfait pour voir Un air de famille d’Agnès Jaoui et Jean-Pierre Bacri, dans une interprétation du Collectif du Trom, mise en scène par Fabienne Gardon.

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Quand la scène ouverte devient tournoi

Ça se passait à Nice, vendredi soir, au café littéraire « Chez Pauline », à deux pas du port. Une nouvelle fois, la salle était comble. Au menu, ce soir : des croque-monsieur, de la bonne humeur, et surtout, de la poésie, vivante et populaire.

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Zola, un poète ?

Qui n’a jamais entendu le nom d’Émile Zola ? Le romancier prolifique, célèbre en particulier pour les vingt romans de la série des Rougon-Macquart, est souvent présenté aux élèves et étudiants à partir du concept de « naturalisme », une notion intéressante en soi mais qui ne suffit sans doute pas à donner envie de lire ces romans. Alors, essayons de le présenter autrement.

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