Pourquoi un aussi grand philosophe que Jean-Jacques Rousseau attaque-t-il avec autant d’efforts le genre du théâtre dans sa Lettre à d’Alembert sur les spectacles ?
Pourquoi un aussi grand philosophe que Jean-Jacques Rousseau attaque-t-il avec autant d’efforts le genre du théâtre dans sa Lettre à d’Alembert sur les spectacles ?
Je dois à mes études supérieures d’assez bien connaître la poésie de Baudelaire et celle de Rimbaud, en revanche je n’ai jamais eu à étudier celle de Verlaine. Et pourtant, plus je la feuillette, plus je la trouve intéressante. Aujourd’hui, en parcourant le recueil Parallèlement, j’ai découvert un poème intitulé « A la manière de Paul Verlaine », qui m’a tout l’air d’être un auto-pastiche, une sorte de caricature de soi-même. Le résultat est assez savoureux. Voyez plutôt.
Dans Un mot pour un autre, pièce de Jean Tardieu, les personnages emploient, sans s’en rendre compte, des mots à la place d’un autre. Ils vivent dans un monde où « mari » se dit « zébu » et où « amant » se dit « lampion ». Cependant, la pièce est loin d’être inintelligible. On comprend sans peine ce que disent les personnages, notamment grâce au fait que les dialogues évoquent des thèmes empruntés à la conversation courante. Alors, je vous propose de jouer : reconstituez un dialogue « normal » à partir de l’extrait ci-dessous.
Le poète Jean-Marie Gleize, professeur à l’Ecole Normale Supérieure de Lyon, écrit dans l’un de ses ouvrages que « la poésie n’arrange rien ».
Continuer à lire Réflexion libre autour d’un propos de J.-M. Gleize
« j’écris dans la neige des poèmes
qui ne connaîtront jamais une autre page »
Daniel Biga, L’Amour d’Amirat, Paris, Cherche-Midi, 2013, p. 16.
L’hiver approche, et avec lui, tant d’images de blancheur et de froidure, de veillées près de la cheminée, d’arbres dénudés… Ces images sont si stéréotypées, qu’on peut se demander comment les poètes contemporains parviennent à renouveler l’imaginaire de l’hiver. En effet, la thématique des saisons apparaît comme un motif traditionnel, rendant d’autant plus difficile son traitement. Alors, comment les poètes contemporains traitent-ils le thème de l’hiver ? C’est ce que je vous propose de découvrir avec une série d’articles, à travers lesquels je présenterai à chaque fois un recueil dont le thème central est l’hiver. Aujourd’hui, je vous présente Pas sur la neige de Jean-Michel Maulpoix.
« Flocons,
Bévues sans conséquences de la lumière. »
Yves Bonnefoy, Début et fin de la neige (1991)
Je crois bien n’avoir déjà lu qu’un seul poème de Théophile Gautier :
« Oui, l’œuvre sort plus belle
D’une forme au travail
Rebelle,
Vers, marbre, onyx, émail. »
Cet art poétique fait l’éloge de la beauté formelle, et affirme que le véritable artiste doit refuser la facilité, en privilégiant au contraire ce qui « résiste » à la volonté. Bref, la doctrine de « l’art pour l’art ». Et si nous regardions « le poème d’à côté » ?
Je voudrais vous parler aujourd’hui d’une citation très connue dans le monde de la poésie contemporaine. Il s’agit d’une phrase de Denis Roche, sans doute la plus célèbre de cet écrivain et photographe. Cette phrase, laconique, la voici : « La poésie est inadmissible, d’ailleurs elle n’existe pas ».
Continuer à lire Réflexion libre autour d’une phrase de Denis Roche
« Je parlerai du mot pluie, du mot
silence sous la pluie, je parlerai du jardin
sous la pluie, de la facilité des fleurs
à accepter les confidences du matin, je
parlerai de vestiges, de tuiles tombées,
de fontaines taries, de sources renaissantes,
je parlerai de pulsations, de paupières,
je marcherai vers la montagne, je me
[précéderai. »
Richard Rognet, Élégies pour le temps de vivre,
Paris, Gallimard, 2012, via Google Books.
J’ai déjà parlé ici plusieurs fois de la poète Béatrice Bonhomme, professeur à l’Université de Nice, et directrice de ma thèse de doctorat. Je voudrais aborder ici un aspect moins connu de son œuvre, à savoir qu’elle a aussi écrit une pièce de théâtre, intitulée La Fin de l’éternité. Elle a été jouée en 2009 à Grenade, sous la direction de Rafael Ruiz Álvarez, dans une traduction espagnole. Je précise que je n’ai pu assister à la représentation, mais que j’ai lu la pièce en 2013, ainsi que la majeure partie de ses ouvrages. Je ne prétends pas étudier la pièce, mais simplement la présenter de façon tout à fait personnelle.
Continuer à lire « La fin de l’éternité » : le poète au théâtre
Quelque temps après avoir lu L’Amérique n’existe pas de Jean-Michel Maulpoix, j’ai eu l’idée de ce poème sur l’Amérique où je ne suis jamais allé, mais dont tant d’images me parviennent…
Continuer à lire L’Amérique
N’espérez pas faire fortune en publiant de la poésie ! Les poètes d’aujourd’hui ne vivent pas de leur plume. S’ils en retirent parfois quelque argent, c’est de façon tout à fait dérisoire en regard des fortunes qu’amassent les auteurs de best sellers. Comment expliquer cela ?
« Je suis incapable de parler d’autre chose que de l’amour dont je ne sais rien. J’ai essayé, je n’y parviens pas et l’ennui vient comme une sanction immédiate. Tout ce qui est de l’ordre d’un savoir m’indiffère. »
Christian Bobin, L’épuisement, Folio, via Google Books.
L’un des poèmes les plus célèbres de Victor Hugo s’intitule « Le mendiant ». Eh bien, je vous propose de découvrir le poème d’à côté dans Les Contemplations.
Anne et Louis, du blog Textualités, viennent de publier un billet très intéressant sur les fantômes de la littérature. Après une introduction historique, ils proposent un « Top 5 » des meilleurs ouvrages classiques sur les fantômes. Qu’en pensez-vous ?
C’est une œuvre particulièrement dense que celle d’Arthur Rimbaud. Des premières poésies du Cahier de Douai à la publication de la Saison en Enfer, il ne s’est passé que quelques années. Et pourtant, que d’évolutions, de changements, de transformations ! Dans ce bref laps de temps, entre 1870 et 1873, Rimbaud bouleverse le vers, opte pour la prose, et se renouvelle constamment, avant d’abandonner radicalement la poésie et de partir faire du commerce au Harar. Comme si des siècles s’immisçaient dans ces quelques années. Comment ce si bref itinéraire parvient-il à s’élargir de la sorte ?
Vous l’attendiez peut-être, le voici, le voilà, un nouveau jeu ! Je vous propose aujourd’hui de tester votre savoir poétique !
Le « Bateau ivre » est l’un des plus célèbres poèmes de Rimbaud. Ce long poème de cent vers mérite sa place dans les anthologies de la poésie française. Eh bien, je vous propose de découvrir aujourd’hui le poème d’à côté…
« Tendre vers une prose claire affirmant notre présence en ce monde, notre souci d’y mieux vivre et de le dire avec exactitude. »
Jean-Michel Maulpoix, Du lyrisme, Paris, José Corti, 2000, p. 432.