René Depestre est un poète haïtien, à propos duquel va paraître un ouvrage collectif, aux éditions Hermann, dirigé par Béatrice Bonhomme et Marie Jocqueviel-Bourjea. Les auteures évoquent une œuvre « abondante et multiforme », indissociable de la vie elle-même de l’écrivain. Cet ouvrage, à paraître le 4 décembre prochain, comptera 358 pages consacrées à cette « oeuvre-vie ».
Archives pour la catégorie Littérature
Reblogué : « Et moi maintenant (Philippe Jaccottet) »
L’un de mes poèmes préférés de Jaccottet, cité sur le blog « Arbres à lettres »…
Et moi maintenant tout entier dans la cascade céleste,
de haut en bas couché dans la chevelure de l’air
ici, l’égal des feuilles les plus lumineuses,
suspendu à peine moins haut que la buse,
regardant,
écoutant
(et les papillons sont autant de flammes perdues,
les montagnes autant de fumées) —
un instant, d’embrasser le cercle entier du ciel
autour de moi, j’y crois la mort comprise.
Je ne vois presque plus rien que la lumière,
les cris d’oiseaux lointains en sont les noeuds,
toute la montagne du jour est allumée,
elle ne me surplombe plus,
elle m’enflamme.
(Philippe Jaccottet)
« Écrire fait tomber dans la chambre quelques chutes de pluie fine. Cette eau n’est d’abord qu’un désir, la perpétuation d’un transparent rapport avec le vide, ou le sentiment d’étrangeté attaché au simple fait d’être là, lorsque l’existence déliée s’éprouve d’elle-même toute seule, telle quelle, injustifiée, limpide et stupéfaite. »
Jean-Michel Maulpoix, Chutes de pluie fine, Paris, Mercure de France, 2002, p. 158.
Connaissez-vous François Jacqmin ?
C’est assurément un poète qui mérite d’être connu. François Jacqmin (1929-1992), que j’ai découvert grâce au chercheur Gérald Purnelle, propose dans Le livre de la neige une poésie méditative, circonspecte à l’égard des pouvoirs du langage, toute attachée à dire l’expérience de la neige. C’est une suite de poèmes relativement brefs, de dix vers chacun, où tout artifice poétique semble avoir voulu être gommé : ni rimes, ni isométrie, peu d’images, un « je » discret. Ne reste que l’essentiel.
Le poème d’à côté : Stéphane Mallarmé
Aujourd’hui, au sommaire de cette rubrique « Le poème d’à côté » consacrée à un poème qui précède ou qui suit immédiatement un poème très célèbre, je vous propose de vous parler de Mallarmé. Vous connaissez sans doute le poème intitulé « Brise marine » (« La chair est triste, hélas ! et j’ai lu tous les livres », ça ne vous dit rien ?). Eh bien, tournons la page, et voyons ce qu’il y a derrière…
Une conférence sur Michel Butor et Henri Maccheroni en podcast
Je vous parlais, il y a quelques mois, d’une conférence de Béatrice Bonhomme, concernant les oeuvres croisées de Michel Butor et d’Henri Maccheroni. Cette conférence a été mise en ligne par l’Université de Nice, sous la forme d’un document audio, consultable sur le site UNS.Pod. L’ensemble dure 49 minutes.
Un poème contemporain : les Gestes de la neige de Béatrice Bonhomme
Poète et professeur de littérature à Nice, Béatrice Bonhomme est l’auteur de nombreux recueils poétiques. Celui dont je voudrais vous parler aujourd’hui s’intitule Les Gestes de la neige, publié en 1998 aux éditions L’Amourier, sises à Coaraze.
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L’automne
« L’aube est moins claire, l’air moins chaud, le ciel moins pur ;
Le soir brumeux ternit les astres de l’azur.
Les longs jours sont passés ; les mois charmants finissent,
Hélas ! voici déjà les arbres qui jaunissent !
Comme le temps s’en va d’un pas précipité !
Il semble que nos yeux, qu’éblouissait l’été,
Ont à peine eu le temps de voir les feuilles vertes.
Pour qui vit comme moi les fenêtres ouvertes,
L’automne est triste avec sa bise et son brouillard,
Et l’été qui s’enfuit, est un ami qui part. »
Victor Hugo
Pour l’anecdote, c’est un poème que j’avais appris quand j’étais en CE2.
Reblogué : « Jacques ANCET – Les livres et la vie »
Le poète Xavier Bordes vient de publier sur le blog Traversées un compte-rendu de sa lecture du nouveau livre du poète Jacques Ancet, intitulé Les livres et la vie. Je vous recommande la lecture de ce billet.
Une chronique de Xavier Bordes
Jacques ANCET –Les livres et la vie – « Petit essai d’autobiographie littéraire ». (Ed. Centrifuges, 120 p.)
C’est toujours avec un vague malaise, un peu superstitieux peut-être, que je lis les autobiographies : leur auteur s’y dévoile comme à la fin d’une vie, présentant un bilan qu’il assortit généralement d’un occulte plaidoyer pro-domo. Cependant, lorsque le témoignage se développe autour d’un thème particulier (ici littérature et poésie) et plaide avec franchise pour l’exposé du lent processus d’évolution d’une passion créatrice, telle que celle du poète et traducteur Jacques Ancet pour la poésie, j’avoue que la curiosité l’emporte. Jacques Ancet dans ce livre décrit et résume un trajet d’écrivain depuis son origine jusqu’au présent, avec le charme des mémoires ; de surcroît pour un lecteur extérieur, il nous initie avec simplicité au cheminement d’un talent créateur, à travers les livres et les circonstances qui ont accompagné…
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Lopin
« on marche dans le jardin calme
il y a peu à dire
seulement voir la lumière
sur la haie de fusainsun reste de pluie brille
sur les feuilles de lierre. »
Antoine Émaz, « Lopin », Nu(e), n°33, septembre 2006, p. 186.
« Comme un bleu qui s’ameute sur la bouche des toits, offrant à boire la nudité de son silence, la machette soudaine de ta joie sur les ruines, — et les tessons qui brillent. »
Gabrielle Althen, Vie saxifrage, Éditions Alain Gorius, 2012, p. 51.
« Bientôt nous plongerons dans les froides ténèbres ;
Adieu, vive clarté de nos étés trop courts !
J’entends déjà tomber avec des chocs funèbres
Le bois retentissant sur le pavé des cours. »
Charles Baudelaire, « Chant d’automne », Les Fleurs du mal
Découvrir la poésie à travers la chanson
Au gré de mes pérégrinations sur le Web, j’ai découvert un intéressant billet proposant non pas de lire, mais d’écouter de la poésie, à travers une succession de vidéos. On commence avec les Waterboys chantant Yeats, puis on continue avec Jean Ferrat chantant Aragon, et Julos Beaucarne mettant en musique du Hugo, du Lamartine, du Desbordes-Valmore ou encore du Périer.
La Cène
« Ils sont à table
Ils ne mangent pas
Ils ne sont pas dans leur assiette
Et leur assiette se tient toute droite
Verticalement derrière leur tête. »
Jacques Prévert, Paroles, Paris, Gallimard, coll. « folio », 1972, p. 161.
Avez-vous déjà lu… le premier écrivain au monde ?
Avez-vous déjà entendu parler de Enheduanna ? Non ? Pourtant, elle était le premier poète de l’humanité ! Cet article du blog Textualités traite ainsi d’un texte littéraire vieux de plus de 4200 ans !
(Image d’en-tête : écriture cunéiforme sur une tablette de l’époque de Sargon II, Mbzt, Wikimedia Commons, libre de réutilisation)
Ecoutez Henri Meschonnic lire la Bible
Henri Meschonnic (1932-2009) est un poète, linguiste et traducteur français, et ces trois activités sont unifiées par la notion, centrale pour lui, de rythme, qui se retrouve tant dans ses poèmes, dans sa réflexion théorique et dans ses traductions.
« L’étoile a pleuré rose au cœur de tes oreilles,
L’infini roulé blanc de ta nuque à tes reins,
La mer a perlé rousse à tes mammes vermeilles,
Et l’Homme saigné noir à ton flanc souverain. »
Arthur Rimbaud, Poésies 1870-1871,
dans Poésies, Une Saison en enfer, Illuminations,
Paris, Gallimard, coll. « folio classique », p. 114.
« Écrire de la poésie consiste moins à accomplir séparément de beaux poèmes clos sur eux-mêmes qu’à relancer dans le langage le processus qui conduit du leurre à la clarté. »
Jean-Michel Maulpoix, dans « Yves Bonnefoy : l’image et la voix »
« Diapositives », un nouveau poème en ligne de Jean-Michel Maulpoix
Le poète Jean-Michel Maulpoix a récemment mis en ligne, sur son blog, un texte en prose intitulé « Diapositives ». Je vous invite à découvrir ce poème, et cette « liturgie visuelle à usage intime » qu’est pour lui la projection de diapositives…
Le poème d’à côté (3) : Arthur Rimbaud
On ne présente plus Arthur Rimbaud, jeune poète ardennais devenu avec le temps un véritable mythe, génie précoce et adolescent provocateur. L’un de ses plus célèbres poèmes est le Dormeur du val, où le « soldat » étendu au sol a « deux trous rouges au côté droit ». Tournons donc la page, pour lire le poème suivant, beaucoup moins célèbre…
