Je vous citais récemment la « Chanson d’automne » de Verlaine, qui est l’un de ses plus célèbres poèmes. Profitons-en pour découvrir aujourd’hui le poème d’à côté, c’est à dire « l’heure du Berger »…
Je vous citais récemment la « Chanson d’automne » de Verlaine, qui est l’un de ses plus célèbres poèmes. Profitons-en pour découvrir aujourd’hui le poème d’à côté, c’est à dire « l’heure du Berger »…
« Les mots parfois se précipitent.
La page bleuit, s’étale, se déplie, s’allonge, bientôt plus vaste que la mer. Elle se lève et forcit. Elle prend vers le ciel son essor. On voudrait croire alors qu’elle n’est plus ce vain chemin d’encre qui se hasarde vers nulle part, mais le cœur retrouvé de l’amour. »
Jean-Michel Maulpoix, Une histoire de bleu (1992, rééd. 2005),
Paris, Gallimard, coll. « Poésie », III-7, p. 61.
Rubrique « Le poème d’à côté »

C’est aujourd’hui avec Charles Baudelaire que je m’apprête à inaugurer une nouvelle catégorie d’articles que j’intitulerai « le poème d’à côté ». Le principe est simple : il y a des poèmes très connus, présents dans presque toutes les grandes anthologies, fréquemment étudiés à l’école. Eh bien, je vous présenterai le poème d’à côté, c’est-à-dire le poème qui le suit ou le précède dans le recueil publié par le poète.
Continuer à lire « Les aveugles » de Charles Baudelaire« La poésie est beaucoup plus vaste que la poésie. »
Michel Deguy, Donnant Donnant, Poèmes 1960-1980,
Paris, Gallimard, coll. « Poésie », 2006, p. 8.
La rentrée littéraire, c’est cette période où les éditeurs font paraître un grand nombre de nouveautés. Ce phénomène est plutôt ancien : d’après un article du Monde, citant un propos de Bertrand Legendre, l’expression serait apparue, entre guillemets, en 1936. Et si l’on en croit le Huffington Post, qui se réfère lui-même à Renan, le phénomène daterait de la fin du XIXe siècle.
Connaissez-vous le blog « Moulins à Paroles » ? C’est en parcourant la « newsletter » du site Poezibao consacré à la poésie contemporaine, dont je vous ai déjà parlé, que je l’ai découvert, et j’ai pensé que cela pourrait vous intéresser. S’il porte essentiellement sur l’apprentissage de la lecture par la poésie en milieu scolaire, on trouve également des articles intéressants sur de grands poètes comme Baudelaire, ou des extraits de poèmes contemporains. Vous le trouverez à l’adresse suivante : http://touslesmap.org/.
Qu’en pensez-vous ?
« Je ne suis plus qu’herbes dans pré
sans mémoire ni science
où glisse l’être, heureux à peine
d’errer, d’écrire un rêve. »
Marie-Claire Bancquart, La paix saignée, précédé de Contrées du corps natal,
Obsidiane, 2004, p.111.
En ce jour grisonnant, j’ai eu envie de partager avec vous quelques remarques à propos d’un très célèbre poème de Paul Verlaine. Le poète pouvait-il se douter que sa « Chanson d’automne » connaîtrait le succès que l’on sait, chantée par Brassens, Trenet et Ferré ? Ce poème, extrait des Poëmes saturniens, inscrit dans une série de « paysages tristes », possède des qualités qui justifient pleinement ce succès.
« Et peut-être la vie d’un homme n’est-elle somme toute que cela : une succession mal définie de naissances et de trépas imaginaires. On se plaît à la concevoir unique et continue, semblable à un fleuve qui s’écoule de sa source vers son embouchure, on lui prête une orientation et un destin, on la dit glorieuse ou maudite, quand elle n’est, en définitive, qu’un tas de papiers froissés, couverts de ratures et de taches. »
Jean-Michel Maulpoix, L’Écrivain imaginaire,
Paris, Mercure de France, 1996, I-1, p. 11-12.
« Et que l’eau qui ruisselle dans le pré
Te montre que la joie peut survivre au rêve
Quand la brise d’on ne sait où venue déjà disperse
Les fleurs de l’amandier, pourtant l’autre neige. »
Yves Bonnefoy, Début et fin de la neige, « Le tout, le rien », III, extrait,
dans Ce qui fut sans lumière, suivi de Début et fin de la neige,
Paris, Gallimard, coll. « Poésie », 1991, p. 141.
« Mon sceau flamboie », « Ça puire » : une bonne partie des répliques cultes du film Les Visiteurs joue sur le fait que le français, tel qu’il était parlé au Moyen Âge, ne ressemble pas vraiment à celui qui est parlé de nos jours.
Continuer à lire Petit voyage littéraire et linguistique dans le temps
En parcourant les dictionnaires de poétique et de rhétorique, comme par exemple celui de Georges Molinié, on peut s’éprendre du caractère poétique et mystérieux des noms de figures de style. Ah, l’adynaton, l’anacéphaléose, le paryponoïan, le diasyrme, l’hendiadyn, l’homéotéleute, l’hypallage, l’hypozeuxe ! Et l’oxymoron ! Et le zeugme !
« J’aime que le papillon de nuit fasse preuve d’un souverain mépris à l’égard de nos occupations savantes et choisisse de vivre à l’heure frileuse où les hommes ronflent sur le dos pour la plus grande joie des étoiles moqueuses et de la mort. »
Jean-Michel Maulpoix, La Parole est fragile,
Manier-Mellinette, Imprimerie de Cheyne, Le Chambon sur Lignon, 1981, III-1, p. 27.
« Je me souviens qu’un été récent, alors que je marchais une fois de plus dans la campagne, le mot joie, comme traverse parfois le ciel un oiseau que l’on n’attendait pas et que l’on n’identifie pas aussitôt, m’est passé par l’esprit et m’a donné, lui aussi, de l’étonnement. »
Philippe Jaccottet, « Le mot joie », Pensées sous les nuages,
dans A la lumière d’hiver, suivi de Pensées sous les nuages,
Gallimard, coll. « Poésie », 1994, p. 121.
Salah Stétié est un poète contemporain né en 1929. Il appartient donc à la même génération que Philippe Jaccottet, Yves Bonnefoy ou encore André du Bouchet. Sa naissance à Beyrouth, sa carrière de diplomate, sa connaissance des cultures européennes et arabes font de lui un « passeur des deux rives », pour reprendre l’expression employée par Béatrice Bonhomme dans l’une de ses conférences.
Continuer à lire Un poète contemporain : Salah StétiéLe mois dernier, la revue mexicaine en ligne Círculo de Poesía a interrogé le poète français contemporain Jean-Michel Maulpoix. L’entretien a été conduit par Alí Calderón.
Cet entretien a porté sur le lyrisme, notion chère au poète puisque celui-ci lui a consacré de nombreux essais, dont le volume Du Lyrisme, paru en 2000 aux éditions José Corti. Jean-Michel Maulpoix rappelle qu’on ne peut réduire le lyrisme à la seule expression de la subjectivité, au pathos et à l’émotivité. Il revendique un « lyrisme critique », qui interroge ses propres pratiques tout en demeurant attentif à l’altérité.
Quand on peut joindre l’utile à l’agréable, c’est toujours une bonne chose. Alors je vous propose une liste de petits et grands classiques, à lire ou relire sur la plage ou en voyage…
Continuer à lire Quelques classiques à (re)lire sur la plage
« Nous avons violemment besoin de tout ce qui existe, comme de tout ce qui n’existe pas. »
Jean-Michel Maulpoix, L’Écrivain imaginaire, II-3, p. 103.
Pour fêter l’été et les vacances, je me permets de vous indiquer le lien d’un article intéressant lu sur L’Obs : 7 destinations pour se sentir comme un écrivain en vacances – Bibliobs – L’Obs.
« L’amoureuse
Elle est debout sur mes paupières
Et ses cheveux sont dans les miens,
Elle a la forme de mes mains,
Elle a la couleur de mes yeux,
Elle s’engloutit dans mon ombre
Comme une pierre sur le ciel. […] »
Paul Eluard, « L’amoureuse », Mourir de ne pas mourir.