Archives pour la catégorie Poésie

Le premier poème des Regrets de Du Bellay

Joachim du Bellay

On ne présente plus le poète angevin, l’une des plus grandes voix de la poésie française du XVIe siècle, membre fondateur de la Pléiade, qui renouvela le genre du sonnet en se détournant de la lyrique amoureuse au profit de l’évocation des lieux, le Petit Liré tant regretté, et la grande Rome tant admirée. Je voudrais aujourd’hui vous présenter le premier poème des Regrets de Du Bellay, qui n’est pas un sonnet, contrairement aux nombreux suivants, mais une épître dédicatoire, dans laquelle le poète donne le ton général du volume, et précise quelque peu son intention.

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Humour : l’actu « people » des poètes

Profitons de l’été pour considérer la poésie et la littérature avec un peu moins de sérieux. Pour rire un peu, je vous propose aujourd’hui la couverture de « Poët People », un (faux) mag sur la vie secrète des grands poètes. La couverture est de ma conception, à partir d’images libres trouvées sur Wikipédia.

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À la montagne, le soir

Douceur d’une soirée à la montagne, en été. On promène entre les champs. On profite du calme revenu, du vent retombé, de la fraîcheur arrivée. On regarde paître les moutons, sous l’œil placide du chien de berger à moitié endormi. On s’émerveille de la jeunesse des agneaux, au pas encore incertain, qui cherchent à s’accrocher au téton de leur mère. On écoute le chant des grillons : plus tard viendra celui des grenouilles, entrecoupé du sifflement intermittent du moyen duc. Progressivement, entre les nuages encore roses, paraissent les premières étoiles.

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« La femme sauvage et la petite maîtresse » de Baudelaire

Quel nom, plus que celui de Baudelaire, est étroitement associé à l’idée même de poésie ? Presque tous les poètes contemporains vous le confirmeront : Baudelaire reste le père de la modernité poétique, une référence incontournable, un visionnaire doublé d’un génie des mots. Il n’a pas eu besoin de publier des dizaines de recueils pour se forger cette réputation. Un livre tel que Les Fleurs du Mal se suffit à lui-même. Moins connu est cet autre chef-d’œuvre que sont les Petits Poèmes en Prose, également appelé Le Spleen de Paris. Et c’est de ce dernier ouvrage qu’est extrait le poème dont je vais vous entretenir aujourd’hui.

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« Je m’allongerai sous tes paupières. Lorsque tu les baisseras pour t’endormir, je lancerai de l’or dans ton sommeil. De l’or et des songes pareils à des nuages. »

Christian Bobin, « Le baiser de marbre noir », La Présence pure et autres textes,
Paris, Gallimard, coll. « Poésie », 2008-2020, p. 68.

Connaissez-vous Pernette du Guillet ?

Cela faisait longtemps que je n’avais pas consacré d’article au seizième siècle. C’est pourquoi je vous propose de découvrir aujourd’hui une poétesse méconnue. De la vie de Pernette du Guillet, on ne sait pas grand-chose, sinon qu’elle mourut fort jeune, et qu’elle fut le grand amour, sans doute platonique, de Maurice Scève, malgré son mariage avec le sieur du Guillet.

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Desbordes-Valmore : « La jeune fille et le ramier »

Née en 1786 et morte en 1859 à l’âge de 73 ans, Marceline Desbordes-Valmore est l’une des figures féminines de la poésie les plus connues. Son poème le plus célèbre s’intitule Les roses de Saadi : le dessinateur de bande dessinée Gotlib a d’ailleurs proposé, dans une de ses planches, une parodie d’analyse critique de ce poème, dans laquelle il se moque non pas de la poète, mais de ceux qui se laissent aller trop facilement à une lecture misogyne. Dans la logique de la rubrique « Le poème d’à côté », je vous propose aujourd’hui la lecture du poème qui suit immédiatement celui-ci dans le recueil des Poésies de Marceline Desbordes-Valmore, paru en 1860, un an après la mort de la poète.

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Paix des montagnes

Paix des montagnes, dans l’immobilité massive des roches, les lignes tracées par des siècles d’orogénèse et d’érosion. Paix des crêtes, aux architectures alambiquées, qui se découpent sur le ciel d’été. Paix des arbres, dans la stabilité des troncs et des lignes, dans la croissance de jeunes et douces aiguilles. Paix des fleurs, dans la volubilité de leurs formes et de leurs couleurs, qui puisent dans l’aridité des pierres de quoi faire naître un peu de grâce. Paix des lacs, miroirs des montagnes, où l’infini vient se refléter dans un peu d’eau claire. Paix des aigles, dans la lenteur de leurs mouvements, cercles de silence dominant les sommets. Paix des vaches, qui ruminent sur les pentes, presque sans mouvement. Paix des nuages, qui se déplacent sans menace, estompent les ombres, et jettent parfois sur tout cela un air froid. Et cette paix est joie, joie sans excitation, joie de la nature qui s’exprime dans le paysage de la montagne, dans un silence que ne perturbe que le cri farouche d’une marmotte.

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« Je te méprise enfin, souffrance passagère !
J’ai relevé le front. J’ai fini de pleurer.
Mon âme est affranchie, et ta forme légère
Dans les nuits sans repos ne vient plus l’effleurer.

Aujourd’hui je souris à l’Amour qui me blesse.
Ô vent des vastes mers, qui, sans parfum de fleurs,
D’une âcre odeur de sel ranimes ma faiblesse,
Ô vent du large ! emporte à jamais les douleurs !

Emporte les douleurs au loin, d’un grand coup d’aile,
Afin que le bonheur éclate, triomphal,
Dans nos cœurs où l’orgueil divin se renouvelle,
Tournés vers le soleil, les chants et l’idéal ! »

Renée Vivien, « Aurore sur la mer », Études et préludes, 1901.

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La place des femmes en poésie aux XIXe et XXe siècles

C’est avec beaucoup d’intérêt que j’ai lu l’article d’Évelyne Lloze sur la place et le rôle des femmes en poésie aux XIXe et XXe siècles. Cet article est publié dans le dernier numéro de la revue Nu(e), qui mettait à l’honneur sept femmes poètes d’aujourd’hui.

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Le poète écoute

Le poète écoute. Qu’entend-il ? Ce sont des clameurs qui montent de la plaine. Il entend l’inquiétude et la détresse, les questions sans réponse et les prières, les cris, les peurs et les peines. Il entend la complainte de l’être humain, les coups du sort et de la maladie, les assauts de la mort, de la douleur et de la folie. Toutes ces voix se mêlent en un dissonant concert, où chacun crie et chacun appelle à l’aide. Il entend ces voix implorantes, ces torrents de larmes, ces vagues d’indignation, de colère et de peur. Il perçoit l’angoisse du monde, les violents noeuds du coeur et de l’âme, dont la rumeur sourde s’élève depuis la plaine, comme un nuage toxique de poussière, dans l’indifférence et le vacarme des grandes villes.

Le poète affirme : de cela, il faut rendre compte. Cela, il faut le dire. Le mettre en mots. La poésie ne peut pas, ne doit pas, faire comme si cela n’était pas. Sans quoi elle ne serait qu’un jeu trop facile pour grands enfants naïfs, qu’une façon en somme de maquiller le désastre sous le fard des belles phrases, qu’une forme du mensonge.

Le poète est cependant convaincu que son rôle ne s’arrête pas à l’enregistrement de la misère du monde, à la mise en forme, par toutes sortes de moyens, de la détresse. Il voudrait porter au-delà. Trouver et recueillir des parcelles d’espoir. Donner courage. Rappeler toute l’aide que peut apporter la beauté. Dire l’enchantement de l’aube et le ravissement du couchant. Rappeler le chant des oiseaux, la force massive des montagnes, la sérénité des fleurs, l’immensité de la mer. Évoquer la paix des étoiles, les soirs d’été. Faire entendre le silence de la neige. Laisser place à une parole de joie. Ce faisant, il n’essaie pas de faire oublier pas les cris et les larmes. Il ne prétend pas avoir de solution. Il n’entend pas faire la morale à qui que ce soit, ni donner la moindre leçon. Il dit ce qu’il voit, ce qu’il entend, ce qu’il ressent. Il a trouvé, depuis longtemps, un titre pour ses poèmes : concordance.

Gabriel Grossi

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Best-of : retrouvez mes articles sur l’été

Le thème de l’été est fécond en littérature et en poésie. Profitons de ces temps de détente estivale pour (re)découvrir quelques articles qui abordent cette saison. J’espère que vous apprécierez cette petite sélection. Je vous laisse les découvrir, en vous souhaitant un bon et heureux été !

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Jean-Claude Pinson : « Le poème, forme de vie »

Poète, philosophe, auteur de plusieurs livres de poésie et d’un grand nombre d’essais philosophiques, Jean-Claude Pinson s’étend, dans un passionnant entretien paru dans la revue Esprit, sur quelques-uns des thèmes qui lui sont chers : l’héritage d’une période de militantisme communiste, la philosophie, le jazz, la dimension politique de la poésie, la question écologique, la notion de « poéthique »…

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L’été de Paul Valéry

Né en 1871 et mort en 1945, Paul Valéry fait partie des poètes de la première moitié du vingtième siècle. Poète pour qui le lyrisme était une « fête de l’intellect », il est surtout connu pour les splendides vers de La Jeune Parque ou ceux de Charmes. À l’occasion des vacances d’été qui commencent, j’ai déniché pour vous, dans les entrailles de Wikisource, un poème de Valéry précisément intitulé « Eté », que je voudrais commenter aujourd’hui.

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La revue Nu(e) célèbre les Poèt(e)s

C’est dans les pages virtuelles de la revue Nu(e) que sont parus les actes de journée d’étude organisée à l’Université de Lorraine par Aude Préta-de Beaufort. Ceux-ci constituent le premier volet de plusieurs publications, menées conjointement par plusieurs universités françaises, autour de la poésie contemporaine, avec pour objectif de mettre en lumière les poètes-femmes d’aujourd’hui.

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Tour d’Europe poétique

Comme des millions d’autres personnes, j’ai regardé dernièrement la finale du concours de l’Eurovision. Cela m’a donné une idée : pourquoi ne pas proposer, à l’instar de ce tour d’Europe de la musique populaire contemporaine, un petit panorama des grands poètes européens ? Partons à la découverte des grandes voix poétiques de notre continent…

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Pessoa au pluriel

Avoir un ami imaginaire, ce n’est pas si rare chez les enfants, et cela peut être un moyen de se préserver. Prolonger cette expérience à l’âge adulte jusqu’à l’ériger en principe d’écriture, c’est en revanche beaucoup moins banal, et c’est ce qui fait toute l’originalité de la poésie de Fernando Pessoa.

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Au matin

Il n’entendit d’abord que le chant des oiseaux, cachés derrière les frondaisons. Il crut reconnaître les trilles élégants du merle, qui se mêlaient, sans recherche d’harmonie, à d’autres pépiements. Il perçut aussi quelques craquements caractéristiques. L’écureuil, là encore, se dérobait à la vue : tout au plus put-il discerner quelques mouvements de branches qui lui semblèrent causés par autre chose que le vent. Il entendit encore le travail de forage du pic-vert, sans parvenir à identifier son origine. Peu importait. Il savourait le plaisir d’être-là, confortablement assis sous la tonnelle, sans avoir rien d’autre à faire, en cette heure matinale, que d’écouter la forêt qui s’étendait face à lui. Il laissait la fraîche brise lui apporter des nouvelles de toute cette vie qui se trouvait là, heureux de ce temps que le matin lui accordait, profitant de ce répit qui ne durerait pas. Pour un instant encore, il pouvait s’imaginer perdu au milieu d’une nature vierge, une nature de commencement du monde, où rien n’importait que le chant des oiseaux. Bientôt se mettraient en marche les tondeuses, les débroussailleuses, les engins de chantier, les camions de pompiers. La forêt redeviendrait ce qu’elle est : une minuscule parcelle perdue au milieu de la ville. Lui aussi, alors, devrait se mettre à travailler.

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Le « Florilège » du mois de juin

Chaque trimestre, donc quatre fois par an, paraît la revue dijonnaise Florilège, qui rassemble, dans chacun de ses numéros, un grand nombre de poèmes, souvent inédits, mais aussi des chroniques et des critiques qui informent de l’actualité éditoriale de la poésie.

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