Archives pour la catégorie Poésie

Dix livres qui m’ont marqué

On vient de me proposer, via les réseaux sociaux, de présenter dix livres qui m’ont marqué. Cela m’a semblé pouvoir faire un bon sujet d’article. Ces dix livres m’ont marqué pour des raisons si différentes que l’on voudra bien ne pas voir, dans la liste qui suit, un classement ou un quelconque palmarès, mais simplement des suggestions de lecture. À vous, ensuite, de proposer vos propres ouvrages préférés dans les commentaires en bas d’article…

Continuer à lire Dix livres qui m’ont marqué

Village (texte personnel)

C’est une ruelle étroite, un volet peint sur fond de pierre sèche, une plante grasse qui résiste dans l’interstice. Ici, les aspérités retiennent le regard. En cet endroit, le temps trouve à se loger, sur un banc ombragé, une lucarne oubliée, dans le chant des cigales. Rien, ou presque, ne bouge, et l’on voudrait faire sienne l’immobilité des lourdes pierres, s’approprier un peu de leur sage tranquillité. On prend, dans les rues, le temps de serpenter comme en un labyrinthe secret. Chaque angle de rue découvre un recoin paisible, jardin perdu au milieu de la pierre, inattendus signes d’un passé qui n’est plus, heurtoir sculpté, porte gravée, cadran solaire, vieux lavoir, fontaine oubliée. Ici, l’on s’isole de l’agitation du monde, l’on s’extrait des rumeurs du jour, dans l’ombre propice des ruelles. Voici soudain qu’au détour de l’une d’entre elles, un large panorama s’ouvre, surplombant le vide, laissant enfin jaillir la lumière du jour. Le monde minéral retrouve ici l’air, la rivière, le chant des oiseaux et la présence sereine des arbres.

Gabriel Grossi, mars-avril 2020.

Aimé Césaire, le chantre de la négritude

Je vous recommande un article intéressant du blog « Afrique News Info » : il est consacré au poète martiniquais Aimé Césaire, connu pour être l’une des voix essentielles de la « négritude ». Il rappelle la genèse de ce concept ainsi que les critiques qui ont été formulées contre lui.

Continuer à lire Aimé Césaire, le chantre de la négritude

Mondes de joie – Texte personnel

Monde de silence     Monde de paix     Monde de courage     Monde de cœur     Monde de sérénité Monde de joie. La joie d’être allongés sur le sol dans l’herbe, la nuit des étoiles filantes et des spirales comme un nuage de lait. La joie ambiguë et généreuse du sourire de la Joconde. La joie qui n’attend rien, qui s’offre à chacun, qui se laisse saisir. Sans excitation, sans heurts, sans cris, la joie blanche, comme une sphère d’eau dans l’air, comme une flexion imperceptible du temps, comme une concordance avec soi-même et avec l’univers. La joie comme la lumière indirecte d’une bougie masquée de la main, comme dans un tableau de Georges de La Tour. La joie ni bruyante ni silencieuse. La joie comme une forêt de lucioles, comme une eau qui n’a plus besoin de chercher à s’écouler. La joie de ce qui est accompli et celle de ce qui engendre. La joie comme un acquiescement, comme ce qui n’est pas renié sitôt dit, comme ce qui se peut goûter sans honte. La joie non isolée, mais impossible à enfermer. La joie comme le son même du monde. La joie comme une parole redondante, joie de la sérénité et sérénité de la joie, comme ce qui ne peut se dire autrement que : joie.

Gabriel Grossi

Dimanche 26 août 2007
Modifié le dimanche 17 février 2008
& le mardi 1er juin 2010.

« Les Boxeurs de l’absurde »: entretien avec Béatrice Bonhomme

Béatrice Bonhomme a récemment publié aux éditions « L’Étoile des limites » un recueil de poésie intitulé Les Boxeurs de l’absurde. Elle a accepté de nous parler de cet ouvrage en répondant à mes questions. Qu’elle en soit ici chaleureusement remerciée.

Continuer à lire « Les Boxeurs de l’absurde »: entretien avec Béatrice Bonhomme


« Des gais soleils d’avril voici l’heure première.
Avril, c’est le printemps dans sa virginité.
L’air est d’un bleu profond, suave est la lumière ;
Un sang jeune sourit au front de la beauté.

[…] Bientôt se cueilleront les prémices des choses :
L’alouette dans l’air dira les jeunes blés,
Et le bouvreuil muet, caché parmi les roses,
Couvera les œufs blonds sous sa plume assemblés. »

Auguste Lacaussade, « Les Soleils d’Avril », Poèmes et paysages, 1897, via Wikisource.

Le poème d’à côté: Guillaume Apollinaire

Si l’on en croit « France Culture », l’un des poèmes les plus célèbres de Guillaume Apollinaire est « Mai », deuxième poème de la série des « Rhénanes ». Dans la logique de la rubrique « Le poème d’à côté », je voudrais aujourd’hui vous faire découvrir le poème qui précède dans Alcools, à savoir « Nuit rhénane ».

Continuer à lire Le poème d’à côté: Guillaume Apollinaire

La revue Nu(e) célèbre Salah Stétié

Le dernier numéro de la revue Nu(e) a été mis en ligne à la fin du mois de mars. Cette revue a déjà dédié soixante-et-onze numéros à la poésie contemporaine, chaque opus s’intéressant à un poète à travers un entretien, des inédits, des poèmes d’amis, des œuvres plastiques et des articles critiques. Ce dernier numéro est consacré à Salah Stétié, poète français d’origine libanaise qui, depuis les années soixante, fait œuvre de passeur poétique entre Orient et Occident.

Continuer à lire La revue Nu(e) célèbre Salah Stétié


« Humanité anecdote biologique
Ne te perds pas de vue et cultive-toi
Des poireaux calmes des pommes de terre
Des tomates sans chinoiseries
Permets que le renard emporte une poule
Une poule de temps en temps avec des plumes
Ignorante des happy technologies
Quand un lombric déroule de tout son long
Un bout de la longue chaîne élémentaire
En rose merveilleux alimentaire. »

Valérie Rouzeau, Sens averse, Paris, La Table Ronde.

Le progrès chez Rimbaud

Je regarde fréquemment les recherches qui ont permis à des lecteurs de trouver mon site, car cela peut me donner des idées d’article. C’est ainsi que j’ai trouvé ce beau sujet qui fera la matière de notre réflexion d’aujourd’hui : le progrès chez Rimbaud. Et évidemment cette question que pose le sujet lui-même : Arthur Rimbaud était-il pour ou contre le progrès ? C’est une question qui n’est pas si simple à trancher, bien entendu, et c’est ce qui la rend intéressante…

Continuer à lire Le progrès chez Rimbaud

« Le grand pavois » de Jean-Michel Maulpoix

Né en 1952 à Montbéliard, Jean-Michel Maulpoix est l’une des grandes voix de la poésie contemporaine d’aujourd’hui. Il fait partie de ces poètes qui, depuis les années quatre-vingts, entendent s’écarter d’une poésie trop expérimentale et théorique, et réhabiliter les notions de « sujet » et de « lyrisme ». Ses travaux universitaires concernent précisément cette dernière notion, explorée à travers de nombreux essais parmi lesquels La Voix d’Orphée (1989), La poésie comme l’amour (1998), Du Lyrisme (2000) et Pour un lyrisme critique (2009). Mais il ne saurait être question pour autant de revenir à des pratiques héritées du passé, notamment romantiques, parfois critiquées pour leur sentimentalisme emphatique. Alors, à quoi ressemble ce « lyrisme critique » que Jean-Michel Maulpoix cherche à défendre ? Le mieux est encore de juger sur pièce, et c’est pourquoi je vous propose de découvrir aujourd’hui « Le grand pavois », qui est la section centrale de Une histoire de bleu.

Continuer à lire « Le grand pavois » de Jean-Michel Maulpoix

"Les Tentations" de Baudelaire

Si l’on en croit le nombre de résultats trouvés par Google, « Les Tentations, ou Éros, Plutus et la Gloire » seraient, de tous les Petits Poèmes en prose, le moins connu, du moins celui dont on parle le moins sur Internet. C’est pourquoi j’ai choisi de vous parler aujourd’hui de ce poème.

Continuer à lire "Les Tentations" de Baudelaire

Communiqué de Claudine Helft

« Présidente du Prix Louise Labé, il me revient le devoir de vous annoncer qu’afin de ne pas subir le mal de la « coronisation », les lauréates du Prix Louise Labé 2019 n’auront pas été couronnées le jour dit mais le sont très officiellement bien que virtuellement encore. Nos félicitations vont aussi aux éditeurs qui sont d’une certaine manière le deuxième personnage d’un couple dont nous connaissons les bonheurs et les difficultés.

Continuer à lire Communiqué de Claudine Helft