Archives pour la catégorie Poésie

Poètes de Nice, poètes du monde

Je suis récemment tombé sur une belle anthologie publiée par le CRDP de Nice. Le principe en est fort intéressant : on a demandé à plusieurs poètes niçois de donner à lire des poètes francophones du monde entier. C’est une belle façon de relier les aires culturelles et de montrer que la poésie peut se partager d’un bout à l’autre du monde !

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Quand la poésie étaye la photographie

J’ai reçu il y a quelques jours un message d’Arnaud Beaujeu, professeur de lettres en classes préparatoires littéraires, qui a rédigé une note de lecture et se proposait de la publier dans les colonnes de Littérature Portes Ouvertes. L’ouvrage recensé s’intitule Étais, 36 poèmes, paru en juin 2019 aux éditions des Presses Littéraires. Cet ouvrage collectif, orchestré par Jean-François Agostini, marie photographie et poésie. Bref, laissons Arnaud Beaujeu nous présenter cet ouvrage.

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« Mon vieux Paillon
Pourtant
malgré tout ce qu’ils t’ont fait
un soir après sept jours de pluie
comme l’Achéron ou le Styx
tu surgis du monde souterrain« 

Daniel BIGA, Stations du Chemin, Le Dé bleu, 1990,
cité dans l’anthologie Poésie francophone éditée par le CRDP de Nice,
sous-titrée Les poètes d’ici vous invitent à lire les poètes d’ailleurs.

« Maélo » de Gérard Noiret

Je voudrais vous parler aujourd’hui d’un tout petit livre que j’ai récemment découvert en parcourant une boîte à livres : le nom de l’auteur m’a arrêté, car je l’avais rencontré à Cerisy à l’occasion du colloque sur Marie-Claire Bancquart. Ce petit ouvrage, sobrement intitulé Maélo, possédait un défaut de fabrication, certaines pages étant imprimées plusieurs fois alors que d’autres manquent. Je l’ai néanmoins lu avec plaisir.

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« Donnez-moi le silence, l’eau, l’espoir.
Donnez-moi le combat, le fer et les volcans.
Collez vos corps à moi ainsi que des aimants.
Accourez à ma bouche et à mes veines.
Parlez avec mes mots, parlez avec mon sang. »

Pablo Neruda, Chant général, Paris, Gallimard, coll. « Poésie », p. 51.

Poésie et idéal

« Au reste, le domaine de la poésie est illimité. Sous le monde réel, il existe un monde idéal, qui se montre resplendissant à l’œil de ceux que des méditations graves ont accoutumés à voir dans les choses plus que les choses. »

Victor HUGO (1802-1885), Préface des Odes (1822)
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L’été — Poème en prose

Voici soudain l’été. L’air brûlant sur la terrasse aux carreaux rouges semble figer le temps. Plus rien ne bouge, sinon les mouches qui volettent en vain autour de la table débarrassée, discrètement épiées par un lézard sur le mur parfaitement immobile. Les oiseaux eux-mêmes ont cessé leur chant, et l’on n’entend plus au loin que quelques cigales dont le chant se perd dans la rumeur lointaine de la route. Les volets s’entrecroisent sur les façades des maisons, dont les habitants en quête de fraîcheur désertent les jardins. Il n’y a plus personne, plus rien ne bouge, sinon une vieille chaise à bascule qui se balance en grinçant. Sous un arbre, un petit garçon qui ne souffre pas de la chaleur et ne comprend rien à la sieste attend que tout ce monde sorte de sa torpeur et veuille enfin jouer avec lui.

Gabriel Grossi
dimanche 3 juillet 2016
Variante d’un autre poème déjà publié sur ce blog.
Image d’en-tête : ChatGPT.

« Violante » : la poésie et ses environs

J’ai reçu, il y a quelques jours, un message d’un certain Valerio Cruciani. Celui-ci se présente comme comme l’auteur d’une chaîne audio sur la poésie italienne et étrangère, intitulée « Violante. Poesia e dintorni ». Dans l’un de ses récents « podcasts », il m’a fait l’honneur de citer mon blog. Le moins que je puisse faire est donc de lui rendre la pareille…

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Charles Cros (Wikipédia)

« C’est l’été. Le soleil darde
Ses rayons intarissables
Sur l’étranger qui s’attarde
Au milieu des vastes sables.

Comme une liqueur subtile
Baignant l’horizon sans borne,
L’air qui du sol chaud distille
Fait trembloter le roc morne. »

Charles Cros, « L’été », dans Le Coffret de santal (Tresse, 1879), d’après Wikisource.

Qu’est-ce que lire de la poésie ?

Je viens de trouver sur le blog « Lire, dit-elle », cette intéressante citation d’Yves Bonnefoy qui fera l’objet de ma réflexion du jour : «Le lecteur de la poésie n’analyse pas, il fait le serment de l’auteur, son proche, de demeurer dans l’intense.» Un tel propos nous amène à nous demander ce qu’est réellement le fait de lire de la poésie.

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« Le moineau » de Jean-Luc Despax

Hier matin, Jean-Luc Despax publiait sur Facebook un poème de son cru, qu’il m’a autorisé à reproduire ici. J’ai été séduit par la simplicité de ce poème d’amour où grignote un petit moineau. Il me semble que c’est le genre de poèmes dont nous avons besoin, bien plus que de poèmes tourmentés.

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Les Voyelles rimbaldiennes

Assurément, il s’agit là de l’un des poèmes les plus célèbres de Rimbaud, si ce n’est le plus célèbre. Il faut dire que le poète surprend, en proposant un sonnet qui parle non pas de sentiments, d’amour, ou même de spleen, mais, avant tout, de lettres et de sons. On peut y voir quelque chose de très moderne, dans la mesure où la dimension métalinguistique ne cessera de devenir toujours plus importante en poésie.

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Parcours dans la poésie de Béatrice Bonhomme

Née en 1956 à Alger, Béatrice Bonhomme vit à Nice, où elle enseigne la Littérature française du vingtième siècle à l’Université. Dans le cadre de son travail de recherche universitaire, elle a fondé l’axe « Poïéma » au sein du Centre Transdisciplinaire d’Épistémologie de la Littérature, laboratoire qu’elle a dirigé pendant plusieurs années. Elle a écrit de nombreux ouvrages critiques et articles sur la poésie, mais aussi sur le roman (notamment sur Jean Giono). Elle a fondé la revue Nu(e) qui rassemble poètes, critiques et plasticiens, désormais publiée en ligne sur le site Poezibao. Elle m’a fait l’honneur de diriger ma thèse de doctorat. Elle est aussi — et surtout — l’auteur de nombreux ouvrages poétiques, récompensés par le prix Senghor en 2016 et par le prix Vénus Khoury-Ghata en 2019.

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« Vali » pour Boris Gamaleya

Sans nul doute, Boris Gamaleya n’est pas un poète très connu. Pourtant, pour le professeur Patrick Quillier, il s’agit d’une voix majeure de la poésie d’aujourd’hui. Né en 1930 à La Réunion, il vient tout juste de décéder. Je voudrais modestement contribuer à mieux faire connaître sa poésie. Je me suis donc renseigné auprès de Patrick Quillier qui a très gentiment accepté de me fournir la documentation nécessaire à la rédaction de cet article. Qu’il en soit ici chaleureusement remercié.

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« L’absent » par Eileen Cicoli

Vous pouvez verser des larmes parce qu’il est parti, ou
Vous pouvez sourire parce qu’il a vécu.

Vous pouvez fermer les yeux et prier pour qu’il revienne, ou
Vous pouvez ouvrir les yeux et voir ce qu’il nous a laissé.

Votre cœur peut-être vide parce que vous ne pouvez le voir, ou
Il peut être plein de l’amour que vous avez partagé.

Vous pouvez tourner le dos à demain et vivre hier, ou
Vous pouvez être heureux demain parce qu’il y a eu hier.

Vous pouvez vous souvenir de lui et ne penser qu’à son départ, ou
Vous pouvez chérir ce souvenir et le laisser vivre.

Vous pouvez pleurer et vous fermer, ignorer et tourner le dos, ou
Vous pouvez faire ce qu’il aurait voulu : Sourire, ouvrir les yeux, aimer et continuer.

Eileen Cicoli. Extrait de “The Poem”