Archives pour la catégorie Poésie

La Cigale dans tous ses états

Lorsqu’on est un poète aussi renommé, aussi reconnu, aussi célébré que La Fontaine, il ne faut pas s’étonner que maints auteurs aient voulu détourner ses vers dans le sens de la parodie et de la caricature. Je vous présente aujourd’hui quelques réécritures savoureuses de l’un des poèmes les plus connus, que chacun ou presque a en tête : « La Cigale et la Fourmi ».

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Reblogué : « Note dell’anima »

Les notes de l’âme… Poésie et sérénité Un poème trouvé sur le blog Alessandria Today.vusurleWeb

Note Dell’anima, di Galatea Federico & Giuseppe Buro Poesia e Serenità Note Dell’anima

Danza il cuore tra note soavi ed è come un battito d’ali, nel tempo trovo il mio essere vita, bevo e ti amo, mi ritrovo in te, respiro te. In questo mare immenso d’amore, entro nei sogni e diventi poesia, il corpo […]

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Image d’en-tête : Pixabay

Langueur de l’été

L’été au Cros-de-Cagnes (photo personnelle)

L’après-midi s’étire… Sous les mûriers immobiles, autour d’une petite table circulaire, on savoure la fraîcheur d’une légère brise. On regarde courir les enfants sur la plage, en suivant nonchalamment les va-et-vient d’une balle en plastique dans le ciel. On considère l’alignement multicolore des serviettes sur les galets, derrière les grands parasols jaunes et blancs. On écoute d’une oreille distraite les conversations paisibles, les clameurs joyeuses, les cris enjoués.  Aux terrasses, on sirote une limonade en contemplant les passants qui défilent devant la mer. Les amoureux se promènent, main dans la main, en partageant une glace à l’italienne. Au loin, les voiles blanches des bateaux se détachent devant un ciel absolument limpide, parfois zébré par le passage fulgurant d’une mouette qui s’en va se dissimuler derrière la façade ocre de l’église Saint-Pierre. L’après-midi s’étire… Voici enfin venu l’été.

(Gabriel Grossi, 1er juillet 2018, texte et photos personnels)

 

Un poème d’Emmanuel Godo

Plus je découvre la poésie contemporaine, plus je me rends compte que je ne connais que la partie émergée de l’iceberg. Cela n’a rien d’étonnant, au vu des centaines de recueils qui paraissent chaque année, dans l’indifférence presque générale. Par chance, les réseaux sociaux permettent de donner de l’écho à des poèmes qui, sans cela, seraient voués à n’être lus que par une poignée de spécialistes. Bref, j’ai lu aujourd’hui sur Facebook un poème d’Emmanuel Godo, extrait d’un recueil intitulé Je n’ai jamais voyagé, récemment paru aux éditions Gallimard.

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Un livre sur l’entretien en poésie

Le centre transditransdisciplinaire d’épistémologie de la littérature de l’université de Nice vient de faire paraître un ouvrage collectif intitulé La poésie comme entretien. Ce recueil, dirigé par Béatrice Bonhomme, Anna Cerbo et Josiane Rieu, constitue les actes de journées d’études menées par les Universités de Nice et de Naples. Je vous en avais déjà parlé dans un précédent article où je résumais les interventions de la journée d’étude à laquelle j’avais participé.

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Connaissez-vous Fernando Pessoa ?

Poète portugais de renommée mondiale, Fernando Pessoa fait partie de ces auteurs dont on parle beaucoup à l’Université, mais que je n’ai pas encore lus. Or, Patrick Quillier, professeur à l’Université de Nice, traducteur de l’œuvre complète de Pessoa en « Pléiade », vient de publier, aux éditions Chandeigne, une Anthologie essentielle de l’œuvre du poète. À cette occasion, il intervenait sur les ondes de France Culture pour retracer le parcours du grand poète portugais. Voici ce que j’en ai retenu.

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Un poème sur l’amour d’une mère, rien de mieux en ce jour de fête des mères ! Et de Victor Hugo !

Le poète, dramaturge et romancier Victor Hugo

« Je vous dirai peut-être quelque jour
Quel lait pur, que de soins, que de vœux, que d’amour,
Prodigués pour ma vie en naissant condamnée,
M’ont fait deux fois l’enfant de ma mère obstinée ;
Ange, qui sur trois fils attachés à ses pas,
Épandait son amour et ne mesurait pas!

O l’amour d’une mère ! amour que nul n’oublie !
Pain merveilleux qu’un Dieu partage et multiplie
Table toujours servie au paternel foyer !
Chacun en a sa part, et tous l’ont tout entier ! »

Victor Hugo, « Ce siècle avait deux ans »,
Wikisource.

Reblogué : Rimbaud par Verlaine

Un court documentaire dans lequel Yves Peyré, directeur de la Bibliothèque littéraire Jacques Peyré, présente un fond de dix-neuf dessins que les proches du poète s’échangèrent, entre 1873 et 1877, avant son départ pour l’Afrique. Un documentaire intitulé ‘Prélude au grand départ’, réalisé par Micheline Paintault, en 2006, pour SCÉRÉN-CNDP. 19mn. […]

► À lire sur : Rimbaud à travers les dessins de Verlaine. — Lire dit-elle

Reblogué : un poème de Neruda

Les Dictateurs Il est resté une odeur dans les plantations : un amalgame de sang et de corps, un pétale nauséabond et pénétrant. Parmi les cocotiers les tombes sont remplies de squelettes brisés, de râles silencieux. Le délicat satrape converse avec des coupes, des cols, des cordons dorés. Le petit palais luit comme une horloge et […]

► à découvrir ici : Pablo Neruda, Je ne prononce pas en vain ton nom, ô Amérique — Écri’turbulente

Quand les rumeurs du jour se sont assagies

Texte personnel

Quand les rumeurs du jour se sont assagies, que se sont tues les clameurs des hommes, quand les derniers rayons se sont éteints, que les flots du jour sont taris, à l’heure tardive des grillons et des lucioles, rien ne bouge. Assis face à la nuit, avant les grands songes du sommeil, nous respirons. À la lune qui s’élève, nous adressons un sourire. Nous respectons l’immobilité des premières étoiles, dans le ciel encore clair et teinté des rougeurs du couchant. Nous nous enveloppons lentement de nos lourdes couvertures, cessant tout mouvement, dénouant le cours de nos pensées. Nous nous baignons dans le silence comme en une mer. Allongés sur le dos, nous devenons cette vastitude même de la mer, dans le dénuement d’un abandon. Peu importent alors les murmures qui nous parviennent encore, les vrombissements lointains ne sont plus que de discrets rappels de ce monde qui nous entoure et continue de tourner comme il doit le faire. Nous consentons à ce que tout ne soit pas parfait, à ce que tout ne possède pas l’équilibre sphérique des grands astres, à ce que tout ne soit encore pleinement serein. Voici cependant que peu à peu, à mesure que le souffle ralentit, la paix s’installe.

Gabriel Grossi,
mercredi 23 mai 2018.

O nuit, ô ma fille la Nuit, toi qui sais te taire, ô ma fille au beau manteau.
Toi qui verses le repos et l’oubli. Toi qui verses le baume, et le silence, et l’ombre
O ma Nuit étoilée je t’ai créée la première.
Toi qui endors, toi qui ensevelis déjà dans une Ombre éternelle
Toutes mes créatures
Les plus inquiètes, le cheval fougueux, la fourmi laborieuse,
Et l’homme ce monstre d’inquiétude.
Nuit qui réussis à endormir l’homme
Ce puits d’inquiétude.
A lui seul plus inquiet que toute la création ensemble.
L’homme, ce puits d’inquiétude.

Charles Péguy, Le porche de la deuxième vertu,
cité d’après Wikisource (texte numérisé non encore vérifié).

L’été — Texte personnel

Dans mon souvenir, le sol est dallé d’octogones rouges, ces carreaux qui semblent en terre cuite, sur lesquels le soleil de midi imprime la chaleur de la Provence. Dehors, la lumière est forte. Les oiseaux se taisent. Rien ne bouge, pas même les feuilles des arbres. Mes pieds nus sont au frais. Les volets sont entrebâillés. Presque fermés. La journée est à son apogée, et pourtant c’est une heure de sommeil. Dedans, il fait presque sombre. L’idée de sieste se répand à l’intérieur des choses, des objets, et jusqu’au chant des cigales. Personne avec qui jouer quand tout le monde somnole. Peut-être une grand-mère dans une hypothétique chaise à bascule ou une balancelle. Elle regarde le lézard se pâmer sur le volet vert. Elle voit la vigne pousser sur la tonnelle. Elle sent le sol se craqueler. Il fait presque frais, lorsque, les pieds nus sur le carrelage de pierre, on contemple la chaleur de ce temps mort au milieu de l’été.

Gabriel Grossi, jeudi 29 novembre 2007.
Revu le 5 mai 2018.

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« Dialogue avec l’anonyme » de Béatrice Bonhomme

Béatrice Bonhomme, professeur de littérature française du XXe siècle à l’Université de Nice, a dirigé ma thèse de doctorat. Parallèlement à ses activités de recherche et d’enseignement, elle poursuit une œuvre riche à ce jour de nombreux recueils poétiques, mais aussi de nouvelles et d’une pièce de théâtre. Elle vient de publier Dialogue avec l’anonyme, paru en février dernier aux éditions Collodion.

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Reblogué : le livre de poésie au XXIe siècle

Je me permets de relayer ici l’annonce d’une journée d’études qui s’est tenue le 8 mars dernier à Lyon. Certes, c’est un peu tard, puisque celle-ci a déjà eu lieu, mais son sujet est passionnant, puisqu’il interroge le devenir du livre de poésie au vingt-et-unième siècle.

programme: ICI APRÈS LA POÉSIE, APRÈS LE LIVRE : DES LIVRES DE POÉSIE AU XXIe SIÈCLE ? Une partie importante de la production poétique contemporaine s’écrit à partir d’une série de refus fondateurs formulés dans le second vingtième siècle, de « la haine de la poésie » de Bataille au constat pongien que « la […]

A lire sur : journée d’études – lyon 6 mars 2018 — slowforward

Sur un propos de Tzara

Quelqu’un a atterri ce matin sur ce blog en ayant tapé dans son moteur de recherches cette belle phrase de Tristan Tzara, qui fera l’objet de notre réflexion du jour : « La poésie n’est pas uniquement un produit écrit, une succession d’images et de sons, mais une manière de vivre. »

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La poésie sur Internet

La poésie d’aujourd’hui est plus vivante qu’il ne paraît au premier abord. Quand on s’y intéresse, on découvre que les publications sont nombreuses, de formes, de thèmes et d’aspects divers. Mais il y a, en revanche, peu de lecteurs. Internet peut-il changer les choses ?

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La poésie au féminin

C’est avec raison que l’on m’a reproché un trop faible nombre de femmes dans mon article intitulé « Dix poètes d’aujourd’hui à connaître ». En effet, les femmes sont poètes, elles aussi, bien entendu, et depuis longtemps. On pourrait remonter jusqu’à Sappho, Marie de France, Christine de Pizan, Louise Labé… Au XIXe siècle, on peut mentionner Marceline Desbordes-Valmore, Louise ColetEt dans la poésie d’aujourd’hui ?

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Reblogué : Un poème de Pierre Jean Jouve

Un monde plus vrai, de dix tons plus brillant Que le monde Plus tiède, chaud, confiant et nourrissant Dans l’espérance, que le sein très lourd de la vierge Et non touché par le soleil ! Ainsi mon monde Est mon chant ô cher cœur. Ainsi le nourrissant Mamelon silencieux m’aime et me contemple Et disparaissent […]

via Pierre Jean Jouve – Eléments pour nature — BEAUTY WILL SAVE THE WORLD