Archives pour la catégorie Poésie

A propos de Ghérasim Luca

Ghérasim Luca (1913-1994) est l’une des grandes voix de la poésie de langue française au XXe siècle. La revue Europe vient de lui consacrer un numéro, préfacé par Serge Martin. Cette préface est accessible gratuitement en ligne à l’adresse http://www.europe-revue.net/page-accueil/page-accueil/G-Luca-PrefaceR.pdf. En guise d’accroche, voici la citation épigraphe retenue par Serge Martin pour présenter le poète :

« Comme le funambule
pendu à son ombrelle

je m’accroche
à mon propre déséquilibre. »

« Votre muse est dans son printemps »

Je vais vous parler d’un poème que j’ai trouvé sur Google Books au hasard d’une recherche. Le nom de l’auteur n’est pas des moins intéressants, mais lisez d’abord le poème, je révélerai l’auteur ensuite…

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Femme de dos avec sac à main (Pixabay)

« Il préfère à ces valises funèbres le sac à main des femmes, où il y a des mouchoirs blancs parfumés, des tubes de rouge à lèvres, de la poudre rose, une palette de bleus, un portefeuille avec des photos d’enfants qui se baignent au bord de la mer, un petit miroir et des lettres chiffonnées. Il voudrait se glisser dans cette féerie et se laisser aller au roulis de leurs hanches. Curieux de leur parfum et de leurs amours, il voudrait prendre la température exacte de leur cœur. »

Jean-Michel Maulpoix, Portraits d’un éphémère,
Paris, Mercure de France, 1990, VIII-4, p. 90.

 

Quand les poètes chantent Vénus…

Vous avez été nombreux à lire mon billet sur « L’heure du berger » de Paul Verlaine. Ce très beau poème associe la planète Vénus avec la déesse du même nom. Je vous propose aujourd’hui trois autres poèmes, très différents, sur le même thème…

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Le poème d’à-côté : Les autres « Fleurs du Mal »

Les Fleurs du Mal sont sans doute LE recueil le plus connu et le plus enseigné en France. Il y a des raisons à cela, à commencer par le fait que le chef-d’œuvre baudelairien est l’un des grands titres de la poésie moderne. Cependant, ce sont souvent les mêmes poèmes et les mêmes extraits qui apparaissent dans toutes les anthologies. Dans la logique de notre rubrique « Le poème d’à côté », essayons de découvrir un autre Baudelaire…

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Poésie et peinture : les « livres de dialogue »

L’art de l’illustration dans les livres ne date pas d’hier : que l’on songe aux manuscrits enluminés du Moyen Âge pour s’en convaincre. Mais il est une pratique assez particulière, qui confère à l’illustration un rôle bien particulier, en ce qu’elle relève du dialogue de deux artistes : la création à quatre mains d’un livre par un poète et un artiste plasticien.

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« Aux lecteurs

Je vous écris de près
entre votre malheur et votre peau

Entre
j’essaie de mettre un tournesol

Je n’ose pas
employer de grands mots en voyage magnétique
des mots orgueilleux d’être
pour affréter les invisibles continents

Vous
moi
c’est ovation timide vers le monde. »

Marie-Claire Bancquart, « Aux lecteurs »,
dans Partition, Paris, Belfond, 1981, p. 105.

Un poème de Daniel Biga

Je vous ai déjà parlé ici ou de Daniel Biga, un poète français né en 1940 à Nice. Je vous propose aujourd’hui un poème extrait de Détache-toi de ton cadavre, recueil publié en 1998 et réédité en 2015 à la suite des haïkus de Le sentier qui serpente. J’ai choisi ce poème parce qu’il porte sur le nom même de Biga, ce qui n’est pas la moins bonne façon de faire connaissance avec ce poète, et parce qu’il est fort savoureux et plein de vie, à l’image du recueil entier.

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Poésie et simplicité

Il est des poètes virtuoses, dont le talent réside dans la capacité à utiliser toutes les ressources de la langue et de la versification pour produire des poèmes qui tiennent du tour de force. Dans un billet précédent, j’en montrais trois exemples, chez Ronsard, chez Baudelaire et chez Mallarmé. Mais il en est d’autres, et non des moindres, qui font au contraire le pari de la simplicité…

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De la virtuosité en poésie

Il y a des poèmes dont la beauté réside dans l’incroyable simplicité. Il en est d’autres qui, à l’inverse, font apparaître la grande virtuosité de leur auteur. Je vous propose aujourd’hui quelques poèmes dont la conception repose sur un tour de force.

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Une phrase de Rimbaud

Ecrire un article à propos d’une seule phrase, c’est le pari que je m’assigne aujourd’hui pour ce billet. Mais cette phrase, ce n’est pas n’importe laquelle puisqu’elle est de Rimbaud :

« Je sais aujourd’hui saluer la beauté. »

C’est par cette phrase que se termine « l’Alchimie du verbe », deuxième des « Délires » d’Une Saison en Enfer. C’est une phrase remarquable, qui justifiait bien, à elle seule, que j’y consacre un billet. Jugez plutôt.

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