Archives pour la catégorie Un poète contemporain


« Oui, oui, c’est vrai, j’ai vu la mort au travail
[…] tout près de moi, sur moi, j’en donne acte à mes deux yeux, adjugé ! Sur la douleur, on en aurait trop long à dire. Mais quelque chose n’est pas entamé par ce couteau ou se referme après son coup comme l’eau derrière la barque. »

Philippe Jaccottet, À la lumière d’hiver,
dans Œuvres complètes, Paris, Gallimard, « Pléiade », p. 574.

Nu(e) célèbre Valérie Rouzeau

La revue Nu(e) vient de faire paraître son soixante-dixième numéro. Coordonné par Régis Lefort, il consacre près de trois cents pages à la poète Valérie Rouzeau. En voici une petite recension.

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« Encre d’une disparue » de Bernard Simeone

Je voudrais vous parler aujourd’hui d’un tout petit livre. Dix-sept pages seulement, c’est en effet un bien mince ouvrage. Mais la poésie n’a pas forcément besoin de beaucoup de place… Ce livre, il s’intitule Encre d’une disparue, et il a été publié par Bernard Simeone aux éditions « La Cécilia » en 1990.

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Antoine Émaz : « Poème du mur »

« Au pied du mur » : c’est par cette expression que commence le recueil En deçà d’Antoine Emaz, paru aux éditions « fourbis » en 1990. Une expression à prendre littéralement et dans tous les sens. Littéralement, parce que le poème parle effectivement d’un mur. Et, bien sûr, le sens de l’expression figée persiste, ajoutant une idée d’une impasse existentielle.

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« Sur une plage vide d’après l’été, je nous imagine. Ton petit chien renifle les vagues. Tu portes sur la tête un bonnet rayé et tu marches à la lisière des eaux. On dirait que le sable tremble, cette minute est trop importante. Les mouettes se sont tues dans un battement d’aile. Le crabe aux yeux éteints s’est souvenu de quelque chose. La plage croule et je m’écarte pour écouter ces drôles d’histoires que les enfants égrènent au sortir de l’école. »

Jean-Michel Maulpoix, Locturnes, Lettres Nouvelles, 1978, p. 49-50.

10 (autres) poètes d’aujourd’hui à connaître

Parmi les 835 articles de ce blog, il en est un qui, presque chaque jour, arrive en tête de la liste des articles les plus consultés, et a été lu plus de 48.000 fois : il s’agit de Dix poètes d’aujourd’hui à connaître, où je vous faisais découvrir Yves Bonnefoy, Philippe Jaccottet, Salah Stétié, François Jacqmin, Jean-Michel Maulpoix, Béatrice Bonhomme, Marie-Claire Bancquart et Jean-Yves Masson. Je me propose donc aujourd’hui de vous faire découvrir dix autres poètes contemporains.

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Poésie et courage: Pablo Neruda

Le prochain Printemps des Poètes, qui se tiendra en mars 2020, aura pour thème « Le Courage ». Après un premier article consacré à présenter ce thème, je voudrais aujourd’hui poursuivre en vous présentant le poète Pablo Neruda, dont l’œuvre monumentale me paraît à même d’illustrer superbement ce thème. (Au passage, l’icône ci-contre vous permettra de repérer visuellement tous les articles consacrés à ce thème.)

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« Les Boxeurs de l’absurde » de Béatrice Bonhomme

Je viens de recevoir le dernier recueil de Béatrice Bonhomme. Il s’intitule Les Boxeurs de l’absurde et vient de paraître aux éditions « L’Étoile des limites », dans la collection « Parlant seul ». En attendant de pouvoir vous présenter cet ouvrage plus en détail, en voici une citation…

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Connaissez-vous la revue « Florilège » ?

Il y a quelques jours, j’ai reçu un message de la part du poète Stephen Blanchard. Celui-ci souhaitait publier dans sa revue de poésie, Florilège, l’un des articles de mon blog, celui où je tentais de répondre à la question : « Quel est le plus grand poète français actuel ? » Il m’a ensuite adressé le numéro de septembre de cette revue, ainsi que plusieurs recueils de poésie. Afin de remercier Stephen Blanchard, je souhaite vous présenter cette revue qui en est déjà à son 176e numéro.

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Poètes de Nice, poètes du monde

Je suis récemment tombé sur une belle anthologie publiée par le CRDP de Nice. Le principe en est fort intéressant : on a demandé à plusieurs poètes niçois de donner à lire des poètes francophones du monde entier. C’est une belle façon de relier les aires culturelles et de montrer que la poésie peut se partager d’un bout à l’autre du monde !

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Quand la poésie étaye la photographie

J’ai reçu il y a quelques jours un message d’Arnaud Beaujeu, professeur de lettres en classes préparatoires littéraires, qui a rédigé une note de lecture et se proposait de la publier dans les colonnes de Littérature Portes Ouvertes. L’ouvrage recensé s’intitule Étais, 36 poèmes, paru en juin 2019 aux éditions des Presses Littéraires. Cet ouvrage collectif, orchestré par Jean-François Agostini, marie photographie et poésie. Bref, laissons Arnaud Beaujeu nous présenter cet ouvrage.

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« Mon vieux Paillon
Pourtant
malgré tout ce qu’ils t’ont fait
un soir après sept jours de pluie
comme l’Achéron ou le Styx
tu surgis du monde souterrain« 

Daniel BIGA, Stations du Chemin, Le Dé bleu, 1990,
cité dans l’anthologie Poésie francophone éditée par le CRDP de Nice,
sous-titrée Les poètes d’ici vous invitent à lire les poètes d’ailleurs.

« Maélo » de Gérard Noiret

Je voudrais vous parler aujourd’hui d’un tout petit livre que j’ai récemment découvert en parcourant une boîte à livres : le nom de l’auteur m’a arrêté, car je l’avais rencontré à Cerisy à l’occasion du colloque sur Marie-Claire Bancquart. Ce petit ouvrage, sobrement intitulé Maélo, possédait un défaut de fabrication, certaines pages étant imprimées plusieurs fois alors que d’autres manquent. Je l’ai néanmoins lu avec plaisir.

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« Donnez-moi le silence, l’eau, l’espoir.
Donnez-moi le combat, le fer et les volcans.
Collez vos corps à moi ainsi que des aimants.
Accourez à ma bouche et à mes veines.
Parlez avec mes mots, parlez avec mon sang. »

Pablo Neruda, Chant général, Paris, Gallimard, coll. « Poésie », p. 51.

« Le moineau » de Jean-Luc Despax

Hier matin, Jean-Luc Despax publiait sur Facebook un poème de son cru, qu’il m’a autorisé à reproduire ici. J’ai été séduit par la simplicité de ce poème d’amour où grignote un petit moineau. Il me semble que c’est le genre de poèmes dont nous avons besoin, bien plus que de poèmes tourmentés.

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Parcours dans la poésie de Béatrice Bonhomme

Née en 1956 à Alger, Béatrice Bonhomme vit à Nice, où elle enseigne la Littérature française du vingtième siècle à l’Université. Dans le cadre de son travail de recherche universitaire, elle a fondé l’axe « Poïéma » au sein du Centre Transdisciplinaire d’Épistémologie de la Littérature, laboratoire qu’elle a dirigé pendant plusieurs années. Elle a écrit de nombreux ouvrages critiques et articles sur la poésie, mais aussi sur le roman (notamment sur Jean Giono). Elle a fondé la revue Nu(e) qui rassemble poètes, critiques et plasticiens, désormais publiée en ligne sur le site Poezibao. Elle m’a fait l’honneur de diriger ma thèse de doctorat. Elle est aussi — et surtout — l’auteur de nombreux ouvrages poétiques, récompensés par le prix Senghor en 2016 et par le prix Vénus Khoury-Ghata en 2019.

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« Vali » pour Boris Gamaleya

Sans nul doute, Boris Gamaleya n’est pas un poète très connu. Pourtant, pour le professeur Patrick Quillier, il s’agit d’une voix majeure de la poésie d’aujourd’hui. Né en 1930 à La Réunion, il vient tout juste de décéder. Je voudrais modestement contribuer à mieux faire connaître sa poésie. Je me suis donc renseigné auprès de Patrick Quillier qui a très gentiment accepté de me fournir la documentation nécessaire à la rédaction de cet article. Qu’il en soit ici chaleureusement remercié.

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