Archives pour la catégorie Texte personnel

Vous trouverez ici les poèmes et les textes dont je suis moi-même l’auteur, en espérant qu’ils trouveront votre agrément.

Charnier

Texte personnel

C'est du sang. Sur tes mains, c'est du sang. Sur ton manteau blanc, c'est du sang. Tu essaies d'essuyer, mais ça part pas. Tu voudrais pas que ça se voie, mais plus tu frottes, plus ça suinte, ça coule. Tu en as de partout, du sang. C'est une grande tache rouge qui se répand. Personne ne croit à tes histoires de coulis de framboise. On voit bien que tu as des taches de sang. On voit bien que tu as essayé de les dissimuler. Mais tu en mets sur tout ce que tu touches. Tu voudrais que ça passe inaperçu, mais plus tu essaies d'effacer, plus ça apparaît avec évidence. Tu as du sang sur les mains. Tu as des comptes à rendre. Tu en as de partout. Ça suinte de tous les côtés. Tout saigne. Le sang dégouline. Il coule dans les rainures. Il se forme des mares, des ruisseaux. Il y en a de partout. Tu as beau essayer de les canaliser, ça déborde, ça jaillit, ça fait de grosses gerbes. Tu es assis au sommet d'une montagne de sang. Tu arraches tes vêtements ensanglantés, mais tu en as partout sur ta peau. Tu frottes, tu grattes jusqu'à te faire mal, mais ça ne part pas. Tu portes la faute sur toi, tu ne peux pas faire croire le contraire. Tu es coupable. Tu es complice. Tu n'as pas rien à voir avec tout ce sang. Avec tous ces cris. Les fondations de ta maison sont un charnier. Ton confort est bâti sur du sang. Ta voiture roule avec du sang. Ton téléphone se recharge avec du sang. Tu essaies de ne pas le voir. Tu délocalises la souffrance à l'autre bout du monde. Tu sous-traites l'esclavage très loin. Tu ne peux pas faire autrement, tu as du sang sur les mains, tu as beau te débattre, ça éclabousse dans tous les sens, tu en as de partout, où que tu ailles, où que tu te débattes, où que tu coures. Tu finis, épuisé, par t'arrêter de courir. Tu te recroquevilles sur toi-même. Tu fais la seule chose à faire. Tu acceptes, et tu demandes pardon.
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Nous les tapettes

Hier, samedi 12 juillet 2025, a eu lieu la Pink Parade de Nice, une gigantesque marche des fiertés rassemblant des milliers de personnes, afin d’affirmer haut et fort les valeurs humanistes et inclusives de la communauté LGBTQIA+, menacées en France et dans le monde par une hausse significative de l’homophobie.

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Mon « Poème pour le 17 mai » traduit en bengali

Deux ans déjà nous séparent de la première publication sur ce blog de mon « Poème pour le 17 mai », mon tout premier poème parlant d’homosexualité. Aujourd’hui, à l’occasion de la Journée Mondiale contre l’Homophobie, je suis heureux de vous en présenter la traduction en bengali, grâce au travail de Gautam GHOSH-DASTIDAR.

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Poème déglingué

ça a pété un boulon
te fais pas de mouron
c'est parti en vrille
passé par la grille
c'est arrivé comme ça
ça a perdu la boule
ça a pété les plombs,
un câble et une durite
la raison qui s'effrite
ça a les fils qui se touchent
ça commence à se voir
c'est complètement déglingué
ça ne veut plus rien dire
c'est tout pété
c'est tout maboul
il n'y a plus rien à en tirer
y'a du pourri
y'a du moisi
y'a du rouillé
tout bousillé
c'est mort, c'est cuit
ça se délite
ça se désintègre
ça tourne au vinaigre
les voyants rouges clignotent
les bidules bougeottent
c'est rongé par les rats
grignoté de l'intérieur
complètement vicié
ça tourne plus rond
ça fonctionne encore un peu
on le fait durer jusqu'au bout
on va l'user jusqu'à la corde
mais c'est une question de temps
il va falloir appeler le poète
qu'il en écrive un autre

Gabriel Grossi
27/04/2025
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Ecoutez mes poèmes en musique

Mon deuxième recueil de poèmes, Du Néon aux étoiles, est paru il y a quelques mois. Il diffère du premier : plus engagé, plus léger aussi. Et plusieurs poèmes ont été pensés comme des chansons. En effet, j’ai souhaité contrebalancer la dureté des poèmes contre l’homophobie, qui renvoie à une réalité douloureuse et violente, avec des poèmes festifs et chantants.

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Mon actualité du mois de mars

Après un mois de février très studieux, le mois de mars sera très poétique ! Printemps des Poètes oblige, le mois de mars est celui où je suis le plus sollicité. Et cette année est particulièrement chargée. Mais ce ne sera que du bonheur ! Alors, sortez vos agendas et vos surligneurs, et ne manquez pas ces événements hauts en couleurs !

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Enfance effacée : poème

La poésie ne peut se taire face à l’injustice. Il y en a une, particulièrement intolérable, parce qu’elle concerne des enfants. Des enfants innocents, qui n’ont rien à se reprocher, sinon de se découvrir différents. Des jeunes rejetés par leurs familles, mis à la porte, et niés jusqu’à leur existence même. Cette situation terrible m’a inspiré un poème, paru dans mon recueil Du Néon aux Etoiles.

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Volcan

C’est en-dessous. C’est à l’intérieur. Que ça gronde. Que ça crépite. Là, quelque part, en dedans. Dans le tréfonds. Il y a, quelque part, une rage souterraine. Une force en toi qui trépigne. Quelque chose qui bout à feu doux. Comme un air de révolte. Quelque chose se prépare, s’ourdit, se fomente. Dans les profondeurs telluriques. Il y a parfois quelques secousses. Quelques signes avant-coureurs. Comme un avant-goût de ce qui bouillonne en-dedans. Un frémissement. Quelque chose attend de se dire. C’est une force qui se retient, qui ne veut pas jaillir trop tôt, qui se contient dans l’attente. C’est là, en toi, qui gronde. Tu sens ce bouillonnement à l’intérieur. Tu sens que ça approche, que ça progresse, que ça monte. Tu ne veux pas faire de mal, mais tu sais que c’est là, en toi, et que cela croît, que cela parcourt tes boyaux, que cela irradie tes viscères, que cela se répand inexorablement vers la surface. Il va bien falloir que cela sorte, que se montre, que cela jaillisse ! Ca veut sortir, ça va sortir, quoi que tu veuilles, quoi que tu fasses, ça sortira, par tous tes pores, par tous tes orifices ! Tu cracheras ta sombre fumée, tu expédieras tes gravats, tu crieras enfin ton nom de lave et de cendre, tu déchireras tes oripeaux et montreras ton vrai visage, volcan ! Car ta rage sera ta force, ta fureur fendra ton écorce, ta fougue percera ton derme ! Et c’est alors que ça jaillira, dans une immense et sublime explosion, s’écoulera de toutes parts, dans une cascade de feu et de roches en ébullition. Ta vague de destruction passée, ne restera que le vide et le silence. Tu te rendormiras pour mille ans.

Gabriel Grossi, jeudi 2 janvier 2025.

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Soirée « Du Néon aux étoiles » à Nice

Marquez vos calendriers ! Le jeudi 12 décembre à 19 h, je vous invite à me rejoindre au Bistrot Poète, au cœur de Nice, pour une soirée dédiée à la poésie, à la communauté LGBT+, et à l’espoir.

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Parution de mon recueil « Du Néon aux Étoiles »

Deux ans après Concordance en 2022, mon deuxième recueil paraît aujourd’hui. Il s’intitule Du Néon aux étoiles. Il est centré sur une dimension de mon existence qui est devenue essentielle, après avoir été très un temps refoulée, à savoir mon homosexualité. Pour autant, son sujet principal n’est pas ma petite personne, loin de là. Ce livre entend s’adresser à tout le monde, et explorer en poésie les multiples facettes de la vie gaie, rassemblées en un parcours Du Néon aux étoiles… Alors, aujourd’hui, je vous présente ce nouveau livre !

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