Citation du dimanche : Claude Ber

Née à Nice en 1948, Claude Ber vit entre les Alpes-Maritimes et Paris, et se déclare volontiers « Pariçoise ». Agrégée de lettres, elle a enseigné dans le secondaire et dans le supérieur, avant de devenir inspectrice d’académie (IA-IPR), puis de travailler au ministère. En parallèle, dès les années soixante-dix, Claude Ber publie des livres de poésie. Parmi ses recueils marquants, on peut citer La Mort n’est jamais comme, qui a connu plusieurs rééditions et réimpressions, et se présente ainsi comme un vrai succès de librairie, chose rare en poésie. Ce livre a reçu en 2004 le Prix international de poésie francophone Yvan-Goll. En 2017, elle publie aux éditions Bruno Doucey Il y a des choses que non, dont le titre est inspiré par une grand-mère résistante, et qui replace la poète dans la filiation de son père et de sa grand-mère. Je voudrais aujourd’hui citer un extrait d’un livre paru en 2015 et tout récemment réédité, Paysages de cerveau, accompagné des photographies d’Adrienne Arth.

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Quand les enfants découvrent la culture niçoise

Un projet pédagogique singulier a vu le jour à Tourrette-Levens, sous la forme d’un album pour enfants intitulé Chouà e Celesta à Toureta. Rédigé en nissart, la langue régionale de Nice, ce livre est le fruit d’un travail collectif mené par les élèves de l’école primaire de Tourrette-Levens, sous la direction de Hervé Andrio, directeur de l’école et fervent défenseur de la culture locale.

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Les événements poétiques de la rentrée

La rentrée poétique va être riche d’un assez grand nombre d’événements que j’ai déjà notés dans mon agenda. Et un lieu que je ne connais pas encore apparaît de façon récurrente dans les annonces que je reçois : le Bistrot Poète, situé rue Tonduti de l’Escarène, à Nice…

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Morituri

Tous les latinistes connaissent cette célèbre phrase prononcée par les gladiateurs et adressée au souverain au début des jeux : « Morituri te salutant », littéralement « Ceux qui vont mourir te saluent ». C’est cette phrase qui a été choisie comme titre pour la série télévisée « Those about to die », dont les dix épisodes sont disponibles sur Prime Video. Je vous recommande cette série très prenante et fascinante à plusieurs titres.

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Les aphorismes musicaux de Michaël Glück

Avoir de l’esprit est une compétence rare, qui ne demande pas seulement de l’intelligence mais un sens aiguisé de l’à-propos. L’humour a, bien entendu, sa place en poésie, elle qui aime à jouer avec les sons et les sens. Michaël Glück, dans un savoureux petit ouvrage intitulé Ultima prova d’orchestra, en fait la démonstration. Le livre se présente comme une succession de notes concernant la musique, toutes plus savoureuses les unes que les autres. Morceaux choisis.

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Gérer un double niveau à l’école

Les effectifs des élèves obligent parfois les écoles à rassembler dans une même classe des élèves d’âges différents. Cette disposition n’entraîne pas d’inconvénients pour les élèves eux-mêmes, qui suivent leur programme quoi qu’il arrive, et peuvent même tirer profit de la présence d’élèves d’âges différents. En revanche, pour le professeur, cela demande une bonne gymnastique.

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Une anthologie serbe et niçoise

C’est un beau projet qui s’est concrétisé, grâce à Boris Lazić, enseignant-chercheur membre du CTELA (Université de Nice), traducteur et spécialiste de littérature comparée, et Natalia Bundalo Mikić. L’éditeur Nenad Saponja, président de la Société des gens de lettres de Novi Sad, en Voïvodine (Serbie), lui a proposé de présenter, dans une anthologie bilingue, 20 poètes niçois et 20 poètes novosadiens. Le projet est soutenu par la ville de Novi Sad, capitale européenne de la culture.

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Rencontres de paroles d’Aiglun : jour 4

Ce n’est pas sans un brin de nostalgie que j’ai abordé cette quatrième journée de rencontres poétiques, puisque je savais que ç’allait être la dernière, que le flot de paroles allait, pour un temps, se tarir, et que l’immense bain d’amitié et d’humanité devrait bientôt faire place à des préoccupations beaucoup plus prosaïques. Ces quatre journées m’ont fait du bien. Ce n’est pas tous les jours que l’on a la chance de tutoyer d’immenses poètes, qui vous parlent comme si vous étiez de leur famille, avec la plus grande simplicité, le plus grand naturel, et la plus sincère amitié. La quatrième journée a parfaitement rempli ses promesses. Récit.

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Aiglun en poésie : jour 3

La troisième journée des « Rencontres de paroles » d’Aiglun a été, à nouveau, très riche en découvertes, en partages, en discussions. Une telle abondance de nourritures poétiques fait un bien fou : découvrir la poésie des autres me donne envie d’écrire. Les « Rencontres » d’Aiglun, c’est aussi un climat d’absolue bienveillance, une atmosphère d’amitié comme il s’en rencontre rarement, grâce à Hoda Hili et Patrick Quillier, qui mettent tout leur cœur, et une immense énergie dans la réussite de ces journées. Un immense merci à eux.

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Rencontres aiglenoises : jour 2

Lorsque j’ouvre les yeux, en cette deuxième journée de Rencontres de paroles, le ciel commence tout juste à s’éclaircir. La vallée se découpe déjà nettement au-dessus du village endormi. Il est un peu moins de six heures du matin. L’heure idéale pour rédiger la première partie de mon récit aiglenois.

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Rencontres d’Aiglun 2024 : première journée

C’est toujours un plaisir que de revenir dans cette vallée lumineuse où serpente l’Estéron. Aiglun n’est pas un village comme les autres, à en croire ses habitants eux-mêmes. Une habitante m’a dit qu’il y avait là quelque chose de magique. Un autre m’a parlé d’énergies particulières dans ce lieu. Toujours est-il que la bonne humeur et la convivialité sont d’emblée au rendez-vous, lors de ces nouvelles « Rencontres de paroles », grâce à Hoda Hili et Patrick Quillier.

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Pas de miracle (notes)

Il n’y a pas de grand secret, pas de recette miraculeuse, pas de mystère à déchiffrer, de solution à trouver, d’énigme à percer. Rien que tu n’aies déjà entre les mains. Tout est déjà là. Il n’y a pas de problème à résoudre : il faut juste cesser de voir les choses comme un problème. Tout est là, tout est bien.

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Grabuge n°2 : la Hargne

Ça va faire du bruit. Ce sera sauvage et libre. La poésie, ce soir, est une lionne, une panthère, une fauve. Ce soir, la poésie va sortir du petit sillon bien ordonné des vers. Le poème va rugir la vie. Le poème halète, il glapit, il hurle. Avec hargne.

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« Le cancre » de Jacques Prévert

Sans doute Jacques Prévert était-il un poète de la liberté. Lui qui refusait de s’enfermer dans une étiquette, fût-elle celle du surréalisme, ou dans un genre d’écriture, lui qui aimait à jouer avec les mots et leurs sonorités, lui qui écrivit des textes d’agit-prop et protégea des amis juifs pendant la guerre, avait la liberté chevillée au corps. On sait qu’il n’aimait pas l’école et que, enfant, il faisait parfois l’école buissonnière, avec la complicité de son père. « Le cancre », l’un des poèmes les plus connus de Jacques Prévert, est ainsi avant tout une ode à la liberté, face à une autorité scolaire uniquement perçue comme menaçante et répressive.

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Les Rencontres d’Aiglun approchent

Sur le papier, cela ressemble à un pari fou : mettre, pendant quelques jours, tout un village au diapason de la poésie. Pourtant, chaque année, c’est une réussite. Le petit village d’Aiglun, d’environ quatre-vingt-dix âmes, a même été comparé à une nouvelle Delphes. Cela, grâce à un couple de passionnés, Patrick Quillier et Hoda Hili.

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La scène de première rencontre

Moment décisif d’une intrigue, la scène de première rencontre est aussi un moment attendu de la part du lecteur, un topos littéraire, un lieu commun. Écrire une scène de première rencontre, c’est donc, pour un écrivain, se positionner par rapport aux modèles du genre. Pour le dire autrement, une tradition de la scène de première rencontre s’est construite au fil de l’histoire littéraire. De Madame de la Fayette à Roger Peyrefitte en passant par Flaubert, je vous invite donc aujourd’hui à découvrir quelques unes de ces scènes de première rencontre, devenues mythiques.

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La civilisation étrusque

Aujourd’hui, je vous propose un voyage fascinant dans le temps. Moins connus du grand public que les Romains, les Grecs ou les Égyptiens, les Étrusques étaient pourtant une civilisation tout aussi digne d’intérêt. Pendant mes vacances en Italie, j’ai eu l’occasion de visiter trois sites étrusques majeurs. Car c’est là, entre Toscane, Ombrie et Latium, que cette civilisation pré-romaine a prospéré, entre le IXe et le IVe siècle avant Jésus-Christ. Je vous emmène avec moi à la découverte des vestiges incroyables que ce peuple a laissés.

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Citation du dimanche : Emanuela Rizzo

Il y a des amitiés virtuelles qui sont cependant importantes. Emanuela Rizzo est une poète italienne dont j’ai plusieurs fois évoqué l’œuvre. Elle a beaucoup fait pour diffuser mes poèmes en Italie et dans le monde. J’ai beaucoup aimé ce petit poème que je fais ici précéder par ma modeste traduction. Bon dimanche !

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