Où préférez-vous aller dans votre ville ? Longez-vous les boulevards aux vitrines étincelantes, pendant le défilé des limousines, sous les guirlandes de Noël ? Traînez-vous sur la grand-place, les jours de marché, où ça sent le poisson et les épices ? Vous arrive-t-il de vous perdre avec délices dans le dédale des ruelles de la vieille ville ? De traîner un chariot jusqu’au grand magasin ? Que pensez-vous, en passant devant le bar presque vide, qui sent la fatigue et le tabac froid ? Que dites-vous au minot qui se trouve seul, un ballon à la main, sur le trottoir ? Vous arrêtez-vous devant cet homme sans âge, assis sous un porche, dont l’écuelle ne contient que quelques pièces de cuivre ? Aimez-vous les églises, leurs façades percées de vitrails, leurs flèches pointant vers le ciel, leurs clochers ouvragés, leur silence feutré ? Promenez-vous parfois votre mélancolie dans l’ancien cimetière, là où le silence s’allonge sous la pierre ? Montez-vous parfois en haut de la grande roue ? Ou peut-être sur un belvédère, où contempler les toits et les cheminées ?
— Vous n’y êtes pas, très cher. Là où je préfère aller, c’est sur la promenade, là où le ciel ouvre sur l’infini de la mer.
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