Les haïkus d’hiver de Daniel Biga

Paru en 2015 aux éditions Tarabuste, Le sentier qui serpente est sous-titré « haïku de voyages et des quatre saisons ». De fait, ses quatre sections portent le nom des saisons, et elles sont toutes composées de petits textes de trois vers, alternativement alignés sur la marge gauche puis sur la marge droite de la page. Je vous propose donc de découvrir les haïkus d’hiver de Daniel Biga.

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L’auto-pastiche de Paul Verlaine

Je dois à mes études supérieures d’assez bien connaître la poésie de Baudelaire et celle de Rimbaud, en revanche je n’ai jamais eu à étudier celle de Verlaine. Et pourtant, plus je la feuillette, plus je la trouve intéressante. Aujourd’hui, en parcourant le recueil Parallèlement, j’ai découvert un poème intitulé « A la manière de Paul Verlaine », qui m’a tout l’air d’être un auto-pastiche, une sorte de caricature de soi-même. Le résultat est assez savoureux. Voyez plutôt.

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Jeu : reconstituez les phrases de Tardieu

Dans Un mot pour un autre, pièce de Jean Tardieu, les personnages emploient, sans s’en rendre compte, des mots à la place d’un autre. Ils vivent dans un monde où « mari » se dit « zébu » et où « amant » se dit « lampion ». Cependant, la pièce est loin d’être inintelligible. On comprend sans peine ce que disent les personnages, notamment grâce au fait que les dialogues évoquent des thèmes empruntés à la conversation courante. Alors, je vous propose de jouer : reconstituez un dialogue « normal » à partir de l’extrait ci-dessous.

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Un recueil pour l’hiver : Pas sur la neige

L’hiver approche, et avec lui, tant d’images de blancheur et de froidure, de veillées près de la cheminée, d’arbres dénudés… Ces images sont si stéréotypées, qu’on peut se demander comment les poètes contemporains parviennent à renouveler l’imaginaire de l’hiver. En effet, la thématique des saisons apparaît comme un motif traditionnel, rendant d’autant plus difficile son traitement. Alors, comment les poètes contemporains traitent-ils le thème de l’hiver ? C’est ce que je vous propose de découvrir avec une série d’articles, à travers lesquels je présenterai à chaque fois un recueil dont le thème central est l’hiver. Aujourd’hui, je vous présente Pas sur la neige de Jean-Michel Maulpoix.

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Le mot du jour : « avent »

Voici aujourd’hui un mot de saison, à l’heure où nous dégustons les chocolats de nos calendriers : le mot « avent » désigne la période qui se trouve avant Noël. Selon le CNRLT, le mot peut s’employer plus largement pour toute « période préparatoire », et possède également un sens vieilli, « avènement, venue », qui correspond au sens de l’étymon, adventus, signifiant « arrivée, avènement » (du Christ). C’est pourquoi ce mot s’écrit bien avec –en-. Il faut donc résister à la tentation de le rapprocher du mot « avant ».

Le poème d’à côté — Théophile Gautier

Je crois bien n’avoir déjà lu qu’un seul poème de Théophile Gautier :

« Oui, l’œuvre sort plus belle
D’une forme au travail
Rebelle,
Vers, marbre, onyx, émail. »

Cet art poétique fait l’éloge de la beauté formelle, et affirme que le véritable artiste doit refuser la facilité, en privilégiant au contraire ce qui « résiste » à la volonté. Bref, la doctrine de « l’art pour l’art ». Et si nous regardions « le poème d’à côté » ?

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Réflexion libre autour d’une phrase de Denis Roche

Je voudrais vous parler aujourd’hui d’une citation très connue dans le monde de la poésie contemporaine. Il s’agit d’une phrase de Denis Roche, sans doute la plus célèbre de cet écrivain et photographe. Cette phrase, laconique, la voici : « La poésie est inadmissible, d’ailleurs elle n’existe pas ».

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« Je parlerai du mot pluie, du mot
silence sous la pluie, je parlerai du jardin
sous la pluie, de la facilité des fleurs
à accepter les confidences du matin, je
parlerai de vestiges, de tuiles tombées,
de fontaines taries, de sources renaissantes,
je parlerai de pulsations, de paupières,
je marcherai vers la montagne, je me
[précéderai. »

Richard Rognet, Élégies pour le temps de vivre,
Paris, Gallimard, 2012, via Google Books.

La négation en deux mots

C’est une des particularités de la langue française que d’exprimer la négation à l’aide de deux mots. Cela n’est pas le cas en anglais ou en italien, où il suffit respectivement d’insérer les mots « not » ou « non » pour inverser le sens d’une phrase. Or, nous avons de plus en plus tendance à omettre le premier terme de la négation, alors même que celui-ci est en principe le seul qui soit obligatoire. Paradoxal, hein ?

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« La fin de l’éternité » : le poète au théâtre

J’ai déjà parlé ici plusieurs fois de la poète Béatrice Bonhomme, professeur à l’Université de Nice, et directrice de ma thèse de doctorat. Je voudrais aborder ici un aspect moins connu de son œuvre, à savoir qu’elle a aussi écrit une pièce de théâtre, intitulée La Fin de l’éternité. Elle a été jouée en 2009 à Grenade, sous la direction de Rafael Ruiz Álvarez, dans une traduction espagnole. Je précise que je n’ai pu assister à la représentation, mais que j’ai lu la pièce en 2013, ainsi que la majeure partie de ses ouvrages. Je ne prétends pas étudier la pièce, mais simplement la présenter de façon tout à fait personnelle.

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Relire son écrit : par quoi commencer ?

Écrivains, poètes, mais aussi employés, patrons, étudiants, nous avons tous, à un moment ou un autre, besoin de fournir des écrits irréprochables d’un point de vue formel. Que l’on écrive par plaisir ou pour des raisons professionnelles, il est important de se relire, comme on dit souvent. Mais pour bien « se relire », il ne suffit pas de relire ce que l’on a écrit. Voici quelques astuces.

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Pourquoi la poésie ne se vend-elle pas ?

N’espérez pas faire fortune en publiant de la poésie ! Les poètes d’aujourd’hui ne vivent pas de leur plume. S’ils en retirent parfois quelque argent, c’est de façon tout à fait dérisoire en regard des fortunes qu’amassent les auteurs de best sellers. Comment expliquer cela ?

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