Des vagues (KIMsookhyun, Pixabay, libre de réutilisation)
« Il écoute respirer la mer.
Il ne se lasse pas de la regarder, comme on fixe un être endormi, ou le sourire d’un visage peint, comme on regarde obstinément quelque chose que l’on ne voit pas, qui est là cependant. La mer, derrière la mer, dont il ne saurait jamais que les commencements, les plages et les rumeurs, même lorsqu’il quitterait le rivage et partirait se perdre au large, enfin seul avec soi, avec elle, plus que jamais séparé pourtant, ne pouvant espérer la rejoindre autrement qu’en se perdant en elle, dans la défaillance d’un naufrage qui ressemble à l’amour, les poumons pleins de sel, son corps stupide tout gonflé d’eau, flottant comme un paquet avant le repas silencieux des poissons et des crabes. »
Jean-Michel Maulpoix, Portraits d’un éphémère,
Paris, Mercure de France, 1990, II-2, p. 24.
C’est un fait, assez peu de gens lisent de la poésie. Le roman a les faveurs du public comme des médias. Pourtant, il y a aussi de bonnes raisons de lire de la poésie… En voici quelques unes.
Je viens d’apprendre le décès, survenu aujourd’hui, vendredi 1er juillet, d’Yves Bonnefoy, à l’âge de quatre-vingt-treize ans. Ce grand poète, traducteur, essayiste était mondialement connu. Il a incontestablement influencé plusieurs générations de poètes. Cette année même, son recueil le plus célèbre, Du mouvement et de l’immobilité de Douve, a connu une forme de consécration en étant placé au programme de l’agrégation de Lettres modernes.
Saviez-vous que, dans « Vive le roi ! », le premier mot est un verbe ? À savoir, le verbe vivre à la troisième personne du singulier du subjonctif, mode choisi pour exprimer le souhait.
C’est un mot qui résonne en ce moment dans les cours d’écoles : je veux parler du mot kermesse. Son k initial trahit ses origines étrangères. Quelle est donc l’histoire de ce mot ?
A l’approche de la fête de la musique, voici un exemple fameux de présence de la musique dans la littérature. Je veux parler de la « sonate de Vinteuil », évoquée à plusieurs reprises dans la Recherche du temps perdu de Marcel Proust.
Cette année, l’un des sujets du Bac consistait à faire parler un monument. Je me suis amusé à me prêter à cet exercice, sans bien sûr me contraindre à toutes les exigences liées à l’épreuve officielle. J’ai décidé de faire parler un Louvre un peu grognon…Continuer à lire Prosopopée du Louvre→
« Comme la lune est le miroir du soleil, l’eau est de la lumière qui s’enfonce dans la terre, une lumière fraîche, un ciel de septembre.
L’étoile est un feu d’eau, un feu glacé.
Tout devient bleu comme sous une chevelure défaite, un visage assombri par le désir ou le chagrin.
Tout devient bleu, surtout au loin les montagnes. Plus près on voit encore des rochers, des arbres plus clairs que les autres.
Il y a comme une tendre accalmie. »
Philippe Jaccottet, La Semaison, Carnets 1954-1979, Paris, Gallimard, coll. « nrf »,
via l’aperçu de Google Books.
L’accord du participe passé fait partie des subtilités de la langue française. Il existe d’ailleurs des cas difficiles dont nous nous sommes délectés dans un précédent billet. Cependant, une façon plus simple de présenter la règle existe. Elle est présentée par le blog « Chouette, le niveau baisse », dans un billet intitulé « Pistes pour enseigner efficacement l’accord du participe passé ». Alors, que pensez-vous de cette autre règle ? N’hésitez pas à laisser des commentaires !
Jean-Claude Pinson est un philosophe, poète et essayiste français, notamment connu pour son essai Habiter en poète, paru en 1994 aux éditions Champ Vallon. La revue Nu(e), dirigée par Béatrice Bonhomme et Hervé Bosio, lui consacre son prochain numéro.
« En été, le soir, sous les parasols rouges de la terrasse, comme sur le pont d’un grand navire, loin dans les tiédeurs de la mer. »
Jean-Michel Maulpoix, Une histoire de bleu (1992),
dans Une histoire de bleu, suivi de l’Instinct de ciel,
Paris, Gallimard, 2005, coll. « Poésie », p. 43.
Yves Bonnefoy fait partie, avec Philippe Jaccottet, Jacques Dupin ou encore André du Bouchet, de ces poètes contemporains qui apparaissent sur la scène poétique française d’après-guerre en prenant le contre-pied du surréalisme qui avait dominé la première moitié du siècle. Son premier recueil, Du mouvement et de l’immobilité de Douve, a été suivi par de nombreux autres. Je vous propose aujourd’hui de découvrir le premier poème des Planches courbes.
On peut lire sur le site En attendant Nadeau un intéressant entretien de Jean-Michel Maulpoix, interrogé par Gérard Noiret. Le poète y présente la notion, centrale dans sa pensée, de « lyrisme critique », tout en revenant sur son propre positionnement dans le champ de la poésie contemporaine et sur la situation de la poésie aujourd’hui.
Tout le monde connaît le Christ du Corcovado, écartant les bras au-dessus de Rio de Janeiro. Cette statue monumentale se retrouve au cœur de l’intrigue de la comédie de Patrick Mottard intitulée Le Christ rédempteur de Rauba Capeù. Hier soir, dimanche 5 juin 2016, j’ai assisté à la dernière représentation de la pièce, accompagné de nombreux membres de l’association Brasil Azur.
De Paul Verlaine, certains poèmes sont très connus : je pense à « Chanson d’automne » ou à « Mon rêve familier », par exemple. D’autres, en revanche, le sont moins. Je me suis ici fondé sur le nombre de résultats dans un moteur de recherches pour déterminer le moins connu des Poèmes saturniens. Il s’agirait, si l’on en croit ces chiffres, de Sub urbe.
L’une des particularités de la deuxième moitié du XXe siècle est d’avoir vu se multiplier une importante littérature de langue française, en dehors du territoire français. La raison en est antérieure, puisque la présence de la langue française sur les cinq continents s’explique par l’histoire de la colonisation. Le fait est qu’aujourd’hui, on ne peut guère parler de la littérature française, sans évoquer également celle qui se produit hors de « l’Hexagone ».
Jean-Michel Maulpoix a récemment fait paraître un essai aux éditions José Corti, intitulé La poésie a mauvais genre. Il y poursuit ainsi une réflexion sur la poésie entamée dès les années quatre-vingts avec La Voix d’Orphée. Quelques mots sur cet ouvrage que je viens juste de recevoir…
En ces temps de réformite aiguë, il en est une qui m’est passée inaperçue : figurez-vous que « donc » est devenu adverbe. Du moins, si j’en crois le blog d’Anne de Louvain-la-Neuve, correctrice et auteur de manuels. Moi qui récitais « Mais ou et donc or ni car » et qui croyais donc que « donc » était conjonction de coordination ! Alors, je file voir la Grammaire méthodique du français, qui est la bible des grammairiens en herbe. Et c’est bien vrai !
Le site Poezibao, créé par Florence Trocmé, est une référence pour qui s’intéresse à l’actualité de la poésie : on y trouve les titres des publications reçues, des notes de lecture, des notices biographiques, des annonces de manifestations… La qualité du site est évidente, et les lecteurs ne s’y trompent pas puisque, à l’heure où j’écris, on compte 2350 abonnés à la lettre d’information du site.
Or, je viens de découvrir l’existence d’un autre site du même auteur, également consacré à la poésie, mais avec cette fois-ci une dimension personnelle. On y trouve notamment des notes personnelles autour des lectures poétiques de Florence Trocmé. J’ai trouvé ce site fort intéressant.