Morte, la rime ?

« La rime est une esclave et ne doit qu’obéir. »
Nicolas Boileau, L’art poétique, I, Wikisource.

La quasi-totalité des poètes contemporains a abandonné la rime. De fait, dès le dix-neuvième siècle, elle est remise en question, voire abandonnée dans les poèmes en prose de Baudelaire ou dans les vers libres de Rimbaud. Et c’est bien par choix, et non par facilité : Baudelaire comme Rimbaud ont suffisamment fait montre de leur génie en poésie rimée pour qu’on n’en puisse pas douter. Alors, pourquoi cet abandon de la rime ?

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« Un arbre, c’est de la terre qui s’élève, se ramifie et s’épanouit vers le bleu. C’est une conversation de feuillages et de fruits entre le soleil et la mort. C’est encore une échelle où s’ajustent nos proportions et nos climats.

Le début et la fin de l’herbe sont incertains. »

Jean-Michel Maulpoix, Pas sur la neige,
Paris, Mercure de France, 2004, p. 109.

Connaissez-vous Antoine Émaz ?

Antoine Émaz est un poète français contemporain né en 1955. Je suis loin d’avoir parcouru l’ensemble de son œuvre poétique, mais ce que j’en ai lu a suffi pour me convaincre. Petit parcours dans la poésie d’Antoine Émaz…

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Le poème d’à-côté : Marceline Desbordes-Valmore

Marceline Desbordes-Valmore est une poète du XIXe siècle, dont l’un des poèmes les plus connus est sans doute « Les roses de Saadi ». Dans la logique de la catégorie « Le poème d’à côté », je vous invite à découvrir un autre poème de Marceline Desbordes-Valmore…

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La poésie aux enfants

Comment parler de poésie aux enfants ? Comment faire en sorte qu’elle soit pour eux une réalité vivante, qu’ils soient susceptibles d’aimer ? Voilà des questions qui m’intéressent au plus haut point. Or, voici que le poète Jean-Michel Maulpoix vient de faire paraître, sur son site Internet, son avis sur la question. Allons-y voir…

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Les compléments

Les compléments sont une grande famille : compléments du nom, de l’adjectif, du verbe, de la phrase, de temps, de lieu, de but, de manière, de cause, de conséquence, d’accompagnement, de moyen, et j’en passe. Quelques remarques pour y voir plus clair.

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Jour de neige, par Alpha du Centaure, flickr, libre de réutilisation (http://www.flickr.com/photos/alphaducentaure/3177472765/in/photolist-e9dD3J-dNg4yx-5QMnXc-98aUai-dNh9Uq-7FDFt5-qnyMJ1-4r2rtf-7oBHoc-dLQFtN-rqdCKg-ppK716-8ZfWrM-dNiNgC-dNm219-5TxTZR-dNjXFW-8ZrHk4-6uYWzP-8Zv7ro-dNmbCJ-eubqxw-b95cHc-5TNdZc-bq2tvp-pGtD2c-5Jz9tC-7AAmrn-dNkBG5-bFvVcF-87FZiH-kWXBFY-dWHa8i-5ShUE2-szgny-pKfUd5-e2Me3S-7tHzxo-9fsx1U-7p7EZC-dNkTWQ-dLJsqe-dNmv8E-p5d8qt-724HV-6kFT5n-6cQpYt-6cUxZy-6cUxFf-6cUxyJ/)
Jour de neige, par Alpha du Centaure, flickr, libre de réutilisation

« [L’expérience poétique est] analogue à celle de marcher dans la neige où chaque pas crisse, inaugural. Ainsi la parole poétique, dans ses meilleurs moments, est-elle fraîche, neuve, non parce qu’elle userait d’un vocabulaire, d’une syntaxe particulièrement originaux, mais parce qu’elle s’applique à une réalité vierge, encore innommée. En marchant dans la neige, on prend mieux conscience du sol qui précède nos pas. »

Jean-Pierre Lemaire, Marcher dans la neige, Un parcours en poésie,
Montrouge, Bayard, coll. « Christus », 2008, p. 17.

Ne vous trompez plus sur l’impératif !

Des craies (Taken,  Pixabay , libre de réutilisation)
Des craies (Taken, Pixabay , libre de réutilisation)

L’une des erreurs les plus fréquentes que je relève ici ou là, c’est la confusion entre l’impératif et l’indicatif. En effet, si les deux modes sont morphologiquement très proches, ils ne sont cependant pas identiques. Il faut rappeler que, contrairement à l’indicatif, les verbes du premier groupe ne prennent pas d’s à la deuxième personne du singulier.

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Avérer

Vous avez sûrement déjà entendu quelqu’un dire : « Cette information s’est avérée vraie ». Cette formulation est cependant fautive en ce qu’elle est pléonastique. En effet, dans « avérer », il y a déjà « vrai ». Dès lors, la phrase « Cette information s’est avérée fausse » relève, quant à elle, du parfait contre-sens !

C’est pourquoi les formulations suivantes sont préférables : « Cette information s’est révélée exacte. Cette information s’est avérée. Cette information s’est révélée erronée. »

« [La littérature française contemporaine] fait preuve d’une prodigieuse vitalité : loin de suivre un cours tranquille sur des voies balisées, elle invente des formes […]. Elle se saisit à bras le corps de questions décisives pour notre temps : l’être social, l’inscription dans l’Histoire, la confrontation au réel, la méfiance envers les discours, l’usage du quotidien, le renouvellement des formes de l’engagement… Les genres sont vivifiés : la pulsion narrative se réaffirme, la poésie se refonde dans le lyrisme, le théâtre refait l’expérience conjointe du texte et du corps. […] [N]otre littérature a connu en un quart de siècle l’un de ses plus prodigieux renouvellements, comme peu de périodes dans l’histoire littéraire en donnent exemple […]. »

Dominique Viart, Bruno Vercier, La littérature française au présent,
2e édition augmentée, Paris, Bordas, 2008, p. 525-526.

La poésie d’étoile en étoile

« J’ai tendu des cordes de clocher à clocher ; des guirlandes de fenêtre à fenêtre ; des chaînes d’or d’étoile à étoile et je danse », disait Arthur Rimbaud dans Illuminations. Et c’est précisément en reliant des constellations que s’est bâti un curieux site Internet, intitulé « Les Surgissantes« . Sur ce site consacré à la littérature et à la poésie, vous trouverez non des textes, mais des liens sous forme d’étoiles reliées en constellations.

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L’autre Victor Hugo

Le Victor Hugo tel qu’on se le représente généralement est souvent un Hugo grave, pour ne pas dire grandiloquent. De fait, l’auteur de « Fonction du poète » et de la Légende des siècles incarne mieux qu’un autre l’image de l’écrivain génial, contemplant du haut des falaises anglo-normandes la tempête des vagues et le destin de la France. Pour autant, l’œuvre de Victor Hugo ne se réduit pas à cela. Petite sélection de poèmes plus légers.

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Un sketch pour parler de socio-phonétique

C’est une vidéo que j’ai découverte via Facebook. On peut la regarder comme un sketch, et pourtant on y apprend plein de choses. Le linguiste de cette vidéo a réussi le pari de parler de sa spécialité (la phonétique dans ses aspects socio-culturels) avec beaucoup d’humour et, en même temps, de pertinence. Cette vidéo, consacrée à l’accent marseillais, répond d’ailleurs à une question que je me posais il y a quelque temps, ici même sur ce blog, concernant la distinction entre les sons IN et UN. Alors un grand merci à cet enseignant-chercheur !

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